retour article original

lundi 20 février 2017
Vous êtes ici Accueil Corruption Corruption en Italie L’affaire Parmalat
18 janvier 2004

L’un des artisans du scandale Parmalat reprend du service


Vue de Collecchio, siège de Parmalat

ROME (AFP) - L’ancien directeur financier de Parmalat, Fausto Tonna, sortira de prison lundi et retournera travailler au siège du groupe, près de Parme (nord), pour aider à établir le vrai bilan de l’entreprise et expliquer comment on est arrivé à un trou de près de 10 milliards d’euros dans les comptes.

M. Tonna sera assisté de l’ancien comptable du groupe, Gianfranco Bocchi, également emprisonné.


"Avec eux, nous examinerons une montagne de documents que pour des raisons pratiques nous n’avons pas pu emporter au parquet", a expliqué l’un des magistrats chargés de l’enquête, le procureur de Parme Antonella Ioffredi.

Les deux hommes se sont fait fort, selon la presse italienne, de "reconstituer en cinq heures le vrai bilan financier de Parmalat" si on les laissait travailler au siège de l’entreprise, à Collecchio.

Fausto Tonna collabore activement avec la justice depuis son arrestation le 31 décembre et ses révélations sont décrites par les enquêteurs comme précieuses, non seulement pour comprendre les mécanismes des faux, manipulations, escroqueries et détournements, mais aussi pour aider la nouvelle direction de Parmalat qui tente de sauver le groupe laitier de la faillite, à comprendre comment ce groupe fonctionne.

Pour sa défense, Fausto Tonna affirme n’avoir été qu’un "exécutant" et charge le président et fondateur de Parmalat, Calisto Tanzi, 65 ans, dont il a été le bras droit pendant quinze ans.

Calisto Tanzi

Ce dernier, figure du patronat italien proche de la démocratie chrétienne, est aujourd’hui accusé par ses anciens collaborateurs d’avoir détourné des millions d’euros.

Incarcéré à Milan, Calisto Tanzi "souffre de problèmes cardiaques et a maigri de cinq kilos", a annoncé samedi un de ses avocats.

Les magistrats de Parme entendront également lundi deux responsables de la filiale italienne de la société d’audit comptable américaine Grant Thornton arrêtés le 31 décembre. La firme certifiait depuis des années les comptes de Parmalat.

Parallèlement aux enquêtes, le gouvernement italien prépare une série de mesures pour assurer une meilleure protection des épargnants.

"Entre défense de l’épargne et défense des institutions, la priorité absolue va à la défense de l’épargne", a expliqué le ministre des l’Economie et des Finances Giulio Tremonti, qui ne ménage pas ses critiques contre la Banque d’Italie, accusée d’avoir manqué à sa mission de contrôle.

Giulio Tremonti

M. Tremonti va soumettre cette semaine en conseil des ministres un projet de réforme des autorités de contrôle financier et de défense de l’épargne.

Il prévoit notamment la mise en place d’un fonds de garantie pour indemniser les épargnants victimes des pratiques délictueuses des entreprises.

Car le scandale Parmalat arrive peu après une autre faillite douteuse et retentissante, celle du roi de la conserve Cirio, mis en liquidation en juillet 2003, et le "défaut" de l’Argentine sur ses bons du Trésor, surnommés "bons tango".

Publicité de Cirio

Parmalat a émis pour 7 milliards d’euros d’obligations et 150.000 épargnants ont tout perdu dans le krach du groupe laitier, déclaré insolvable fin décembre et placé sous la tutelle de l’Etat .

Les banques italiennes ont annoncé leur intention d’indemniser ceux de leurs clients à qui elles avaient recommandé d’investir dans les obligations Parmalat.

Les autres épargnants se regroupent pour tenter de faire valoir leurs droits. Plusieurs centaines d’entre eux se sont réunis samedi à Parme afin d’entendre un groupe d’avocats leur proposer de défendre leurs intérêts.

Mais les honoraires sont salés : l’accompte a été fixé à 463,62 euros pour un investissement en obligations inférieur à 5.200 euros et il monte à 2.025 euros pour qui a investi jusqu’à 258.228,45 euros.

Agence France-Presse

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source