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mercredi 26 juillet 2017
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AP, 2 octobre 2004

Irak : Le massacre de Samarra


SAMARRA, Irak (AP) - L’offensive lancée par les forces américaines et irakiennes pour reprendre le contrôle de Samarra, un bastion sunnite au nord de Bagdad, a donné lieu à un bain de sang : 125 résistants ont été tués et 88 autres capturés, a annoncé, samedi 2 octobre 2004, l’armée américaine.


La plus grande partie de Samarra, l’une des principales places fortes de la résistance sunnite, est passée sous le contrôle des forces américano-irakiennes, mais des combats à l’arme lourde persistaient, samedi 2 octobre 2004 au soir, dans les faubourgs nord de la cité ainsi que des tirs isolés au centre-ville, selon les autorités américaines et irakiennes. "C’est fini à Samarra", a assuré le ministre irakien de la Défense Hazem Chaalan dans une interview à la chaîne arabe Al-Arabiya.

Le général américain John Batiste, commandant de la 1ère Division d’infanterie, a confirmé la prise de la ville et fourni le bilan de 125 insurgés tués et 88 autres capturés. Du côté des forces ayant participé à l’offensive, le bilan est beaucoup moins lourd : un soldat américain a été tué, sept autres blessés et un membre de la Garde nationale irakienne a été blessé, selon l’armée américaine.

Pas moins de 5000 hommes ont été mobilisés pour cette vaste offensive lancée vendredi 1er octobre 2004. Le gros des troupes était composé de forces irakiennes, alors que l’armée américaine "fournissait seulement la couverture de nos opérations", a affirmé M. Shaalan.

Les plus violents combats ont éclaté lors de la prise de l’hôtel de ville, de la grande mosquée et des autres sites stratégiques de Samarra. Les troupes irakiennes et américaines ont fait face à "environ 200" résistants dans la ville, a précisé sur CNN le général Batiste, dont les forces ont été le fer de lance de l’offensive, en saluant le professionnalisme des forces irakiennes au cours de l’opération.

Samedi 2 octobre 2004 au soir, des tirs de blindés et de mitrailleuses ont éclaté dans le nord de la ville, résultat d’opérations secondaires menées par les forces irakiennes et américaines pour réduire des poches de résistance. Au centre-ville, des soldats américains postés sur les toits des immeubles tiraient sur tous ceux qui s’aventuraient dans les rues. Un couvre-feu a été imposé de 19h00 à 07h00. L’eau et l’électricité étaient coupées. M. Chaalan a promis d’allouer près de 40 millions de dollars à la reconstruction de cette ville et au dédommagement des habitants. "Des cadavres et des blessés sont partout dans la ville et, quand nous essayons de les évacuer, les Américains nous tirent dessus", a déclaré un ambulancier à l’agence Associated Press Television News (APTN).

Par la suite, les forces américaines ont autorisé l’évacuation des femmes et des enfants blessés, mais pas des hommes. Certains blessés ont été transportés dans la ville de Takrit, plus au nord. Des images d’APTN montraient un garçon blessé au ventre et à la main. "Sa mère, qui était enceinte, a été tuée", a déclaré un homme, Sami Hachem, qui se tenait à ses côtés. Non loin d’eux, on pouvait voir une fillette qui avait perdu le pied gauche.

Dans la crise des otages, le ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier a déclaré, samedi 2 octobre, que les contacts diplomatiques officiels avec les ravisseurs des journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot avaient été interrompus, mardi 28 septembre 2004, à cause des "démarches parallèles" menées par un parlementaire français.

Quant au groupe radical "Armée Ansar al-Sunna", il a revendiqué sur un site Internet l’enlèvement et la décapitation d’un Irakien qui travaillait sur la base militaire américaine d’Al-Taji, au nord de Bagdad.

Associated Press

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