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AFP, 3 octobre 2004

L’Iran refuse de s’en remettre à l’étranger pour son combustible nucléaire


Les installations nucléaires d’Arak, vues par satellite

TEHERAN (AFP) - L’Iran a indiqué, dimanche 3 octobre 2004, qu’il disposait déjà de la technologie pour produire son propre combustible nucléaire et a rejeté comme "irrationnelle", en dépit des inquiétudes internationales, l’idée d’y renoncer contre la promesse d’un approvisionnement de l’étranger.

Iran


"On ne doit pas remettre son sort entre les mains des autres. Cela serait irrationnel", a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères Hamid Reza Assefi devant la presse, malgré la menace d’une saisine du Conseil de sécurité de l’ONU. "Nous avons la technologie et nous n’avons pas besoin de supplier les autres pour l’avoir. C’est bon pour les pays qui n’en disposent pas", a-t-il ajouté.

Les installations nucléaires d’Arak, vues par satellite

La maîtrise par l’Iran de la production de combustible pour ses futures centrales civiles constitue une préoccupation majeure de la communauté internationale, inquiète que cette technologie ne soit détournée pour fabriquer l’arme atomique. L’Iran a accepté en octobre 2003 auprès des trois grands Européens (Allemagne, France, Grande-Bretagne) de suspendre ses activités d’enrichissement d’uranium.

Défilé militaire à Teheran, le 21 septembre 2004

Mais l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) s’alarme depuis lors de ce qu’elle considère comme étant des remises en cause des engagements pris par Téhéran. Elle vient de presser l’Iran de suspendre "immédiatement" toutes ses activités d’enrichissement, y compris les opérations préalables, telles la construction de centrifugeuses et la production d’hexafluorure d’uranium (UF6), dont Téhéran a annoncé la reprise, arguant qu’elles ne sont pas constitutives de l’enrichissement.

Le siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), à Wien

Les Européens font miroiter aux Iraniens la possibilité de les fournir en combustible en échange d’un renoncement à l’enrichissement. Le candidat démocrate à la présidentielle américaine John Kerry a lui aussi envisagé un tel marchandage, selon son entourage. "Nous n’avons pas besoin de leur générosité ni de leur aide", a répondu M. Assefi. Il a réaffirmé la volonté d’indépendance des Iraniens. "Quelles garanties y a-t-il" d’un approvisionnement sûr, "est-ce qu’ils nous approvisionneront un jour et cesseront de le faire le lendemain s’ils l’ont décidé ?", a-t-il demandé.

Vue des installations nucléaires de Bouchehr

Le combustible de la première centrale nucléaire iranienne, construite à Bouchehr par les Russes, doit être livré par ces mêmes Russes. Mais la livraison est suspendue depuis des mois à la signature d’un accord entre les deux parties, même si l’Iran a accepté de retourner à la Russie le combustible une fois usagé.

Débarquement d’un élément destiné aux installations nucléaires de Bouchehr, le 22 août 2004

Selon M. Assefi, l’Iran n’a "pas encore pris de décision" quant à reprendre ou non l’enrichissement à proprement parler. Mais il a mis en garde l’AIEA car, selon lui, exercer trop de pressions sert les ultra-conservateurs iraniens.

Les installations nucléaires de Natanz, vues par satellite

A l’initiative des trois Européens, l’AIEA a donné à l’Iran jusqu’au 25 novembre pour lever les doutes sur la nature de ses activités. Elle réserve sa décision pour sa prochaine session en novembre 2004. Mais elle pourrait alors saisir le Conseil de sécurité si elle estime que l’Iran n’a pas satisfait à ses exigences.

Les installations nucléaires de Natanz, vues par satellite

Le Parlement iranien, aux mains des conservateurs, est en passe de rédiger une proposition de loi donnant au gouvernement mandat de reprendre l’enrichissement, a annoncé la semaine passée le président de la Commission parlementaire de la sécurité nationale et des affaires étrangères, Alaeddin Boroudjerdi.

Un réacteur de recherche nucléaire à Teheran

Un autre parlementaire, ultra-conservateur, Hassan Kamran, a indiqué, mardi 28 septembre, collecter des signatures en faveur d’une proposition de loi pour un désengagement iranien du TNP, à la manière nord-coréenne, si l’AIEA ne retire pas l’Iran de son ordre du jour en novembre 2004. Le texte évoqué par Alaeddin Boroudjerdi "en est aux stades préliminaires", a déclaré M. Assefi, "et si le Majlis (assemblée) l’approuve et qu’il est approuvé ensuite par le Conseil des gardiens et qu’il entre dans la loi, il va de soi que le gouvernement est obligé de l’appliquer".

Agence France Presse

Les installations nucléaires de Parchine, vues par satellite

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