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mardi 25 avril 2017
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AFP, 3 octobre 2004

France : Coup de filet "historique" contre l’ETA dans les Pyrénées-Atlantiques


BORDEAUX (AFP) - Une vaste opération anti-ETA, qualifiée d’historique par Madrid, a permis, dimanche 3 octobre 2004, l’interpellation, dans les Pyrénées-Atlantiques, de Mikel Albizu Iriarte, alias "Antza", le numéro un de l’appareil politique de l’ETA, et la découverte d’importantes caches d’armes.


"C’est une opération d’une extrême importance, une opération qui peut être qualifiée d’historique", a déclaré le ministre espagnol de l’Intérieur José Antonio Alonso, a propos de l’arrestation d’"Antza" et de sa compagne Soledad Iparragirre Genetxea, dite "Anboto", à Salies de Béarn. "C’est une belle bataille gagnée dans une guerre contre le terrorisme (...) C’est une très belle opération : il y a un responsable politique, ses seize complices, et puis aussi des caches d’armes, du matériel sophistiqué", a déclaré le ministre français de la Justice Dominique Perben.

Le ministre de l’Intérieur, Dominique de Villepin, a estimé, dimanche 3 octobre 2004, que cette opération était le résultat d’"un travail extrêmement patient, un travail minutieux".

Lors de cette vaste opération, les policiers ont découvert, à Saint-Pierre d’Irrube, Urrugne, et Briscous, trois caches d’armes souterraines, avec des systèmes d’ouverture très sophistiqués, renfermant, notamment, du chlorate, des armes, des explosifs et des lance-roquettes, selon une source policière. Selon le ministre espagnol quelque 700 kg de dynamite et 500 kg de chlorate de potassium ont été découverts lors de l’opération, de même que des armes et des munitions.

Un tunnel de tir qui permettrait de s’entraîner a également été trouvé sur un des sites, selon une source proche du dossier en France.

A Ayherre, un gros stock d’armes et d’explosifs a été découvert mais la cache est qualifiée de "moins importante" par les enquêteurs. A Hendaye, une importante documentation a été trouvée.

Selon une source policière française, ce coup de filet est le "fruit d’une longue investigation commencée en 2000 par la Garde civile espagnole et la Direction centrale des renseignements généraux" (DCRG). "On a raclé tous les fonds de tiroir de l’ETA en France", a fait remarquer un enquêteur spécialisé dans l’antiterrorisme affirmant que l’ETA "est décapitée" et que "la grande partie de ses stocks ont été découverts".

Cette opération anti-ETA, destinée à "casser des dispositifs logistiques", avait démarré, tôt dimanche 3 octobre au matin, dans sept villes des Pyrénées-Atlantiques. Dix-sept personnes ont été interpellées selon des sources policières françaises, alors que le ministère de l’Intérieur espagnol fait état de "vingt-et-une personnes". Elle a été menée par "l’ensemble des services de la police nationale et, notamment, la division nationale antiterroriste de la police judiciaire, ainsi que le RAID", a indiqué le ministère français de l’Intérieur dans un communiqué. La juge antiterroriste Laurence Le Vert s’est rendue sur place dès dimanche 3 octobre 2004 au matin.

Cette opération, qui a mobilisé quelque 140 personnes, a été menée par la DNAT, appuyée par la brigade de recherche et d’intervention (BRI) de Bayonne, des policiers du SRPJ de Bordeaux, et aidée par les Renseignements Généraux.

En juin 2004, les policiers français et espagnols avaient "décapité" les commandos de réserve de l’ETA avec l’interpellation à Limoges d’Ignacio Lopez de Vergara Astola, dit "Yves", considéré comme le chef présumé de cet appareil de formation et de recrutement.

En avril 2004, une fabrique d’armes clandestine de l’ETA avait été découverte à Saint-Michel, près de Saint-Jean-Pied-de-Port.

Cette opération faisait suite au coup de filet anti-ETA mené dans les Landes et en Charente et qui avait permis d’arrêter le chef présumé de l’appareil logistique de l’ETA, Felix Ignacio Esparza Luri, surnommé "Navarro", et le dirigeant historique de l’ETA, Felix Alberto Lopez de la Calle, dit "Mobutu".

Agence France Presse

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