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mardi 25 avril 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Haïti (5ème partie) : De septembre 2004 à décembre 2004
AFP, AP, 4 octobre 2004

Haïti : Le Premier ministre justifie l’arrestation d’ex-parlementaires


Des Haïtiens installés sur le toit de leur maison envahie par la boue, à Gonaives, le 3 octobre 2004

PORT-AU-PRINCE (AFP) - Le Premier ministre haïtien, Gérard Latortue, a justifié, dimanche 3 octobre, l’arrestation, samedi 2 octobre, à Port-au-Prince, des quatre ex-parlementaires, à Radio-Caraïbes, en affirmant qu’ils sont soupconnés d’être "de connivence" avec les auteurs des violences de jeudi 30 septembre et vendredi 1er octobre 2004.

Haïti


Au cours d’une conférence de presse, M. Latortue a déclaré qu’il avait suivi, heure par heure, depuis l’étranger, où il se trouvait, ces incidents, au cours desquels au moins dix personnes, dont neuf policiers ont été tués. Le Premier ministre a assuré qu’il avait été en relation permanente avec son gouvernement.

Gérard Latortue

Gérard Latortue s’est déclaré "très insatisfait" de la participation de la Mission des Nations Unies de stabilisation en Haïti (Minustah) à la sécurité à Port-au-Prince. M. Latortue a annoncé qu’il comptait s’en entretenir avec Juan-Gabriel Valdès, représentant du secrétaire général des Nations Unies en Haïti. Si nécessaire, a-t-il ajouté, il se rendra à New-York pour faire part directement à Kofi Annan de ses préoccupations.

Manifestation du Aristide’s fans club, à Port-au-Prince, le 30 septembre 2004

M. Latortue a vigoureusement condamné le "climat de terreur, la volonté de destruction des biens des particuliers et les assassinats de policiers dont certains ont été décapités". Il a accusé les personnes arrêtées d’être les "têtes pensantes" de l’"opération Bagdad", nom de code donné par les partisans de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide à ces manifestations.

Des Haïtiens se mettent à l’abri tandis qu’éclatent des coups de feu, à Port-au-Prince, le 30 septembre 2004

Les partisans du président déchu avaient annoncé vouloir organiser une manifestation, jeudi 30 septembre 2004, dans la capitale, à l’occasion du 13e anniversaire du coup d’Etat militaire qui l’avait renversé en 1991. C’est lors de cette manifestation que des incidents armés ont éclaté.

Scène de rue à Port-au-Prince, le 1er octobre 2004

Le Premier ministre a par ailleurs évoqué la possibilité que l’un des quatre hommes soit relâché dès lundi 4 octobre, sa participation n’ayant pas été prouvée dans ces incidents. Ils étaient toujours détenus, dimanche 3 octobre 2004 au soir, dans un commissariat.

Scène de rue à Port-au-Prince, le 1er octobre 2004

La police avait encerclé, samedi 2 octobre 2004, pendant six heures, la station de Radio-Caraïbes, où s’était tenu un débat animé entre ces quatre anciens élus et des proches du Premier ministre Gérard Latortue, avant de les interpeller.

Scène de rue à Port-au-Prince, le 1er octobre 2004

M. Latortue a également assuré qu’il était "toujours respectueux" de la liberté de la presse et de liberté d’expression et qu’il "respectait" tous les partis politiques. Il a répété que son gouvernement provisoire remettrait, au plus tard le 7 février 2006, le pouvoir au gouvernement issu des élections générales prévues en 2005. Se voulant rassurant, il a dit que ce calendrier serait respecté en dépit du "climat d’insécurité" en renouvelant son engagement en faveur "de la démocratie et des droits de l’homme".

Le lieu d’un multiple assassinat, à Port-au-Prince, le 2 octobre 2004

M. Latortue a enfin tenu a souligner les sous-effectifs de la police haïtienne ainsi que son manque d’équipements, du selon lui à "l’embargo" sur les armes et munitions pris à l’encontre du régime d’Aristisde et qui perdure encore.

Yvon Feuille suivi de Roudy Heriveau et Louis Gérald Gilles, après leur arrestation, à Port-au-Prince, le 2 octobre 2004

De son côté, le ministre haïtien de la Justice Bernard Gousse a annoncé que le prochain budget de la police sera doublé pour permettre l’augmentation des effectifs et l’achat de véhicules, de gilets pare-balles et de casques, d’armes et de munitions.

Agence France Presse

Louis Gérald Gilles en compagnie de Roudy Heriveau, après leur arrestation, à Port-au-Prince, le 2 octobre 2004

La tempête Jeanne a fait près de 2000 morts

GONAIVES, Haïti (AP) - Le bilan du passage dévastateur de la tempête tropicale Jeanne en Haïti s’est encore alourdi, atteignant près de 2000 morts, selon un dernier bilan annoncé, dimanche 3 octobre 2004 au soir, par les autorités.

Un Haïtien évacue la boue de sa maison, à Gonaives, le 3 octobre 2004

D’après Dieufort Deslorges, un porte-parole de la protection civile d’Haïti, le nouveau bilan s’élève à 1970 morts et 884 disparus, alors que quelque 300000 Haïtiens sont toujours sans abri, essentiellement dans la région des Gonaïves, plus de deux semaines après le passage de la tempête tropicale.

Selon les autorités, la plupart des personnes portées disparues dans le nord-ouest du pays sont présumées mortes.

Associated Press

Scène de rue à Gonaives, le 3 octobre 2004

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