Zardad Khan, un ancien chef de guerre afghan, devra répondre, cette semaine, à Londres, d’accusations de "conspiration" pour commettre "des prises d’otages" et "des actes de torture", lors d’un procès inédit pour la Grande-Bretagne, a précisé, lundi 4 octobre 2004, un porte-parole de Scotland Yard.
Une réunion technique se déroulait, lundi 4 octobre, au tribunal londonien d’Old Bailey, qui traite des cas criminels les plus graves, tandis que les jurés devaient se présenter, à partir de mardi 5 octobre, pour prêter serment. Le procès, qui devrait durer 8 à 10 semaines, débutera formellement vendredi 8 octobre 2004, avec la présence de l’Attorney general Peter Goldsmith, procureur général représentant la reine et le gouvernement devant les tribunaux.
Les premiers témoins devraient pour leur part être entendus à partir du lundi 11 octobre 2004. Nombre des témoins afghans témoigneront par vidéo depuis Kaboul. Des experts et des policiers se déplaceront à Londres, notamment des Etats-Unis, selon Scotland Yard.
La Grande-Bretagne a ratifié en 1988 une convention permettant de juger des faits de torture commis à l’étranger. Mais le procès de Zardad Khan sera une première pour un tribunal britannique.
Zardad Khan, également connu dans les années 1990 sous les noms de "commandant Zardad" et Zardad Faryadi Sarwar, était actif dans les barrages routiers commandant l’accès à Kaboul durant le siège de la capitale afghane. Plusieurs témoignages ont évoqué sa cruauté, notamment envers des civils. L’accusé a quitté l’Afghanistan en 1996, lors de la prise de pouvoir par les talibans. En 2000, une équipe de la BBC l’avait retrouvé dans la banlieue londonienne, où il s’était lancé dans la vente de pizzas.
Si Zardad Khan est condamné, il purgera sa peine en Grande-Bretagne, le risque d’une condamnation à mort en Afghanistan rendant son extradition impossible. L’un de ses adjoints, un homme décrit comme "le chien humain" parce qu’il avait l’habitude de mordre ses victimes, a été exécuté, en avril 2004, en Afghanistan. Zardad Khan, qui appartient à l’ethnie pachtoune, était membre du Hezb-i-Islami dirigé par Gulbuddin Hekmatyar. De 1992 à 1996, il a contrôlé avec ses hommes la ville de Sarobi, située le long de la route principale de Kaboul à Jalalabad, près de la frontière avec le Pakistan. Il pillait régulièrement les convois humanitaires et les voyageurs entrant ou sortant de la capitale, alors assiégée par Gulbuddin Hekmatyar et attaquée quasi-quotidiennement à la roquette.
Agence France Presse
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