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jeudi 23 mars 2017
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AFP, 5 octobre 2004

L’Iran ambitionne de lancer des satellites de télécommunication


Le missile balistique Shahab-3

TEHERAN (AFP) - L’Iran a fourni, mardi 5 octobre 2004, un motif supplémentaire d’inquiétude à la communauté internationale et à Israël en annonçant avoir augmenté à 2000 km la portée de ses missiles conventionnels.

Iran


"Nous avons aujourd’hui la puissance de lancer nos missiles jusqu’à 2000 km et les experts savent qu’une fois qu’un pays a franchi cette étape, toutes les suivantes sont accessibles", a déclaré l’ancien président Akbar Hachemi Rafsandjani, cité par l’agence officielle Irna lors d’une conférence sur le thème "espace et sécurité nationale". "Nous possédons aujourd’hui la technologie balistique et si on n’entravait pas nos progrès, nous serions encore plus avancés", a affirmé M. Rafsandjani, qui est resté l’un des hommes forts du régime islamique et dont le nom est cité avec insistance comme candidat à la présidentielle de 2005, huit ans après la fin de son deuxième mandat.

Akbar Hashemi Rafsandjani

L’Iran a testé, le 11 août, une version optimisée de son missile conventionnel Chahab-3. Sa portée était jusqu’alors chiffrée entre 1300 et 1700 km selon les sources iraniennes. Mais, après le 11 août, des sources israéliennes ont avancé que le Chahab pouvait désormais atteindre jusqu’à 2000 km. Un missile qualifié de "stratégique" ou "de longue portée" a été mis à l’épreuve un mois plus tard lors de manoeuvres de l’armée idéologique dans l’ouest du pays. Les responsables iraniens n’ont jamais dit s’il s’agissait du Chahab-3. Mais l’Iran a fait savoir, le 25 septembre 2004, que l’opération avait été couronnée de succès et que l’engin avait été livré aux forces armées.

Le missile balistique Shahab-3

Le Chahab-3, dérivé d’un missile nord-coréen, met Israël, régulièrement présenté comme la première cible potentielle, à portée de frappe. Mais les responsables israéliens mettent en garde les Européens contre la menace que font peser, aussi sur eux, les engins iraniens.

Défilé militaire à Teheran, le 17 avril 2004

Les progrès proclamés par la République islamique concernant son programme balistique ajoutent aux préoccupations internationales face aux activités nucléaires iraniennes. L’Iran est sous la menace de se retrouver devant le Conseil de sécurité de l’ONU s’il ne satisfait pas à certaines exigences de l’Agence internationale de l’énergie atomique d’ici au 25 novembre 2004. Téhéran n’a pour l’instant manifesté aucune intention de suspendre toutes ses activités d’enrichissement d’uranium. Et, en pleine période de tensions, la glorification de la force de frappe nationale par les dirigeants iraniens est jugée "provocante" par les Occidentaux.

Les installations nucléaires d’Arak, vues par satellite

L’Iran assure que ses activités nucléaires sont purement civiles. Il affirme que le Chahab-3 est une arme purement défensive et dissuasive. Mais Israël et les Etats-Unis en particulier, ennemis déclarés de la République islamique, sont convaincus du contraire et s’alarment que les missiles iraniens pourraient servir de vecteurs à des charges nucléaires. Les renseignements israéliens estiment que l’Iran pourrait posséder la bombe atomique d’ici à 2007.

Les installations nucléaires de Natanz, vues par satellite

Ces assertions nourrissent les spéculations sur d’éventuelles frappes "préventives", américaines ou israéliennes, contre les installations nucléaires iraniennes. "Les Etats-Unis et le régime sioniste sont nos ennemis (...) mais, avec leurs expériences passées, les Etats-Unis savent qu’ils ne doivent pas s’engager dans un conflit dangereux avec nous", a dit M. Rafsandjani.

Défilé militaire à Teheran, le 21 septembre 2004

L’actuel chef du Conseil de discernement, institution clé du régime, a aussi insisté sur la volonté de l’Iran d’être présent dans l’espace. "Avec cette puissance balistique, nous pouvons aujourd’hui parler d’un satellite indépendant et nous devons chercher à avoir la technologie pour construire nos propres satellites", a-t-il dit. "Nous sommes à la porte du club des pays possédant la technologie satellitaire", a-t-il ajouté. L’Iran entend lancer en 2005 son premier satellite propre de télécommunications.

Agence France Presse

Les installations nucléaires de Parchine, vues par satellite

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