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samedi 25 février 2017
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Reuters, AP, 6 octobre 2004

Irak : Pas de trève à Bagdad


BAGDAD (Reuters) - Un nouvel attentat à la voiture piégée a fait 16 morts, mercredi 6 octobre 2004, au nord-ouest de Bagdad, malgré l’offensive lancée par les forces américaines et la Garde nationale irakienne pour mettre la résistance au pas avant les élections de janvier 2005.


L’attentat commis à Anah, localité proche de la frontière syrienne située à 260 km de Bagdad, visait un centre de recrutement de la gendarmerie irakienne, a indiqué le ministère de l’intérieur, qui a fait état de 20 blessés.

En dépit de l’insécurité persistante, Jack Straw, chef de la diplomatie britannique en visite à Bagdad, s’est dit impressionné par les préparatifs du scrutin, louant l’action du gouvernement intérimaire. Certaines zones d’Irak ont de sérieux problèmes, a-t-il reconnu. "Mais une autre histoire suit son cours, celle du nouvel Irak qui cherche à tirer un trait sur l’oppression et la tyrannie de Saddam Hussein et sur celles des terroristes", a poursuivi le secrétaire au Foreign Office, qui s’est dit convaincu que le calendrier électoral serait respecté malgré l’instabilité.

Déterminées à en venir à bout, les autorités irakiennes ne sont pourtant pas parvenues à conclure les négociations engagées en vue d’une trêve à Sadr City, l’immense quartier chiite de l’est de la capitale, théâtre de violents combats depuis 36 heures. "Il n’y a pas de cessez-le-feu", a reconnu le Premier ministre irakien par intérim, Iyad Allaoui. Un porte-parole de l’imam chiite Moqtada Al-Sadr avait, auparavant, lui aussi annoncé l’échec des tractations.

Abdel-Hadi al-Daradji avait déclaré que les négociations se poursuivaient, précisant que certaines des conditions fixées par Moqtada Al-Sadr devaient encore être prises en compte.

Moqtada Al-Sadr demande des garanties

L’imam réclame entre autres des garanties sur l’arrêt des bombardements américains, la reconstruction du quartier chiite qui abrite deux millions de personnes, l’assurance que ses partisans ne seront plus arrêtés, et la libération de tous ses collaborateurs en détention, a précisé l’un de ses proches. Il exige en outre le paiement d’indemnités pour les dommages occasionnés par les récentes offensives américaines.

Ses partisans, rassemblés sous la bannière de l’"Armée du Mehdi", ont fait de Sadr city une place forte de la résistance irakienne où les troupes américaines sont régulièrement prises à partie. Ces derniers jours, l’armée américine a bombardé à plusieurs reprises leurs positions.

Soutenue par les forces irakiennes, l’armée américaine a par ailleurs intensifié son offensive dans le triangle formé par les villes de Mahmoudia, Youssoufia et Latifia, à l’ouest de la capitale, zone parmi les plus dangereuse du pays. Mardi 5 octobre 2004, quelque 3000 hommes ont pénétré dans cette zone, où ils sont emparés d’un camp de la résistance et d’un pont stratégique sur l’Euphrate. Une trentaine de personnes ont par ailleurs été arrêtées, selon l’état-major.

Un porte-parole de l’armée américaine à Bagdad a déclaré que l’offensive pourrait durer plusieurs jours, précisant que les combats avaient été limités.

La semaine dernière, une opération similaire avait permis à l’armée américaine de reprendre le contrôle de Samarra, autre bastion de la résistance au nord de la capitale.

Falloudja, devenue ville-symbole de la résistance, a en revanche connu une nouvelle nuit de bombardements. Mais l’insécurité ne se résume par à l’ouest de Bagdad.

A Bassora, la métropole du sud sous commandement britannique, un civil a été tué et quatre policiers ont été blessés par l’explosion d’une mine.

A Mossoul, à l’autre extrémité du pays, c’est un chef de tribu kurde et l’un de ses collaborateurs qui ont été abattus.

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a par ailleurs fait irruption, mercredi 6 octobre 2004, dans le dossier des otages. "Le frère dirigeant a lancé un appel aux ravisseurs qui dit : "Nous réclamons la libération de ce pauvre Britannique puisque sa famille a demandé notre aide (...) et s’ils posent des conditions, ils doivent nous les faire connaître par tous les moyens", rapporte l’agence de presse officielle Jana.

Cet ingénieur britannique de 62 ans a été enlevé, le 16 septembre 2004, à Bagdad, en compagnie de deux Américains, qui ont été décapités depuis par leurs ravisseurs.

"Déclarations intempestives" et "interférences"

A Paris, après l’émoi suscité par la "mission Julia", les autorités se sont s’efforcées de mettre un terme aux polémiques et de remobiliser les énergies pour obtenir la libération de Christian Chesnot et Georges Malbrunot, détenus en Irak depuis le 20 août. Selon Le Monde, Le groupe qui dit détenir les deux journalistes a annoncé, le 30 septembre 2004, via internet, sa décision de rompre les contacts, en reprochant à la France des "déclarations intempestives" et des "interférences".

Alistair LYON

Au moins 12 morts dans un attentat-suicide contre un camp militaire irakien

RAMADI, Irak (AP) - L’explosion d’une voiture piégée conduite par un kamikaze a frappé, mercredi 6 octobre 2004, un camp de la Garde nationale irakienne, au nord-ouest de Bagdad, tuant au moins 12 Irakiens et en blessant 25 autres, selon le dernier bilan de la police.

L’attaque a eu lieu à 11h15 locales près d’Anah, à 260km au nord-ouest de Bagdad, sur la principale autoroute Bagdad-Damas, a précisé le policier Khalid Abdul Karim al-Ani. De son côté, un responsable de l’hôpital d’Anah faisait état de 25 blessés graves et affirmait craindre de nouveaux décès. L’armée américaine a pour sa part indiqué qu’aucun de ses hommes n’avait été blessé dans cet attentat. D’après la chaîne de télévision panarabe Al-Jazira, la bombe a explosé devant la garnison, alors que nombre de personnes y faisaient la queue pour s’enrôler.

Après l’opération contre Samarra, à 100 km au nord de Bagdad, plus de 3000 hommes avaient lancé une vaste offensive, mardi 5 octobre 2004, pour reprendre en mains la province de Babil, théâtre de nombreux enlèvements et embuscades. D’après les habitants du secteur, deux explosions -une voiture piégée et une bombe- ont visé des ponts du secteur, la guérilla cherchant, semble-t-il, à ralentir le mouvement des troupes américaines.

Associated Press

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