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vendredi 21 juillet 2017
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Reuters, 7 octobre 2004

Irak : Les partisans de Moqtada Al-Sadr prêts à déposer les armes partout


BAGDAD (Reuters) - Le principal conseiller de Moqtada Al-Sadr a annoncé, jeudi 7 octobre 2004, que les résistants de l’imam chiite étaient prêts à déposer les armes à Sadr City et dans d’autres zones d’Irak.


Dans un entretien en direct à la chaîne de télévision Al Arabia, Ali Smeïsm a ajouté qu’en contrepartie le gouvernement intérimaire irakien devait donner deux garanties : que les partisans de Moqtada Al-Sadr ne soient pas "persécutés" et que des conseillers de l’imam détenus par les Américains soient remis en liberté. Ali Smeïsm a déclaré que l’accord de désarmement ne serait appliqué que lorsque le gouvernement aurait accepté ces conditions. Il a expliqué que ce désarmement concernerait essentiellement Sadr City, un faubourg chiite déshérité de l’est de Bagdad, et pourrait ensuite être étendu à d’autres "zones de tension".

Cette proposition intervient après plusieurs jours de discussions entre des représentants du gouvernement intérimaire -menés par le conseiller à la Sécurité nationale Kassim Daoud-, des chefs tribaux chiites et des représentants de l’Armée du Mehdi, les résistants de Moqtada Al-Sadr. Ni le gouvernement irakien ni les forces américaines n’ont pour l’instant réagi à cette proposition.

Quelques heures plus tôt, le cheikh Mahmoud Soudani, autre proche de Moqtada Al-Sadr, avait annoncé la libération, par l’armée américaine de Moayad Al-Khazradji, un proche collaborateur de l’imam chiite. Mahmoud Soudani a expliqué avoir reçu un coup de téléphone de Moayad Al-Khazradji, qui était détenu à la prison d’Abou Ghraïb, dans la banlieue de Bagdad. "Il a été libéré ce matin", a-t-il déclaré à la presse. Moayad Al-Khazradji avait été arrêté il y a près d’un an en compagnie de plusieurs dignitaires proches de Sadr. Un responsable américain a confirmé qu’il faisait partie des 230 Irakiens libérés cette semaine d’Abou Ghraïb.

Selon un responsable américain, il restera 2000 prisonniers à Abou Ghraïb et environ 3000 à Camp Bucca (dans la ville d’Oum Kasr, dans le sud du pays) après cette dernière série de libérations qui doit s’étaler sur deux jours.

Les négociations se poursuivent, par ailleurs, pour apaiser les tensions et mettre fin aux violences à Falloudja, bastion des résistants sunnites à l’ouest de Bagdad. "Les négociations avec le gouvernement irakien et avec l’armée américaine ont atteint une étape positive et un accord a été trouvé en vue d’arriver à des solutions radicales", a déclaré à Reuters le cheikh Khalid Al-Djoumaïli, l’un des négociateurs.

Une roquette contre l’hôtel Sheraton

Sur le terrain, les violences se poursuivent et au moins deux roquettes ont été tirées en direction des hôtels Sheraton et Palestine, dans le centre de Bagdad, provoquant un petit incendie dans cette zone sous haute surveillance de la capitale irakienne. Peu après, des tirs d’armes automatiques ont également retenti, ont rapporté des témoins. Des nuages de fumée s’élevaient des alentours de l’hôtel Sheraton, où vivent de nombreux ressortissants étrangers, dont beaucoup sont journalistes. Aucune victime n’était signalée dans l’immédiat. Un arbre était en feu, devant l’entrée de l’hôtel, situé près du Tigre, non loin de la "Zone verte", où se trouvent le gouvernement irakien et les ambassades des Etats-Unis et de Grande-Bretagne. Un client de l’hôtel a affirmé qu’une roquette avait touché une chambre du premier étage du Sheraton. Une seconde explosion a retenti presque immédiatement. Le Sheraton et l’hôtel Palestine ont été la cible de multiples attaques de la résistance irakienne depuis l’année 2003.

Un soldat américain a, par ailleurs, succombé à ses blessures, après une attaque contre son convoi à proximité de Falloudja, a annoncé, jeudi 7 octobre, l’état-major, dans un communiqué. L’armée précise que deux autres membres du 13e corps de commandement et de soutien ont été blessés dans cette attaque, menée, mercredi 6 octobre 2004 au soir, à l’aide de ce qu’elle désigne comme un explosif de type inconnu.

L’armée a également annoncé la mort d’un autre soldat américain, tué, mercredi 6 octobre 2004, près de Baiji, dans le nord de l’Irak, lors de l’attaque d’une patrouille par des résistants, qui ont également blessé un interprète irakien. Une bombe a d’abord explosé au passage de la patrouille, vers minuit, avant que des résistants n’ouvrent le feu à l’arme légère. Les forces américaines ont passé la zone au peigne fin et arrêté un homme en possession d’une carte d’une base américaine proche.

Alistair LYON

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