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mercredi 22 février 2017
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AFP, 8 octobre 2004

Irak : La validité des élections de janvier 2005 contestée par le comité des oulémas


LONDRES (AFP) - L’otage britannique en Irak Kenneth Bigley a été assassiné par ses ravisseurs, a déclaré, vendredi 8 octobre 2004, l’un de ses frères, Phil, qui a assuré en avoir vu "la preuve absolue".

"Nous avons la preuve absolue que "Ken" Bigley a été exécuté par ses ravisseurs", a-t-il dit dans une intervention retransmise par la chaîne d’informations en continu Sky News.


M. Bigley, un ingénieur âgé de 62 ans, avait été pris en otage, le 16 septembre 2004, devant son domicile, à Bagdad. Il était détenu par le groupe du Jordanien Abou Moussab Al-Zarqaoui, lié à Al-Qaïda. Ses deux collègues américains kidnappés en même temps que lui -Eugene Armstrong et Jack Hensley- ont été décapités.

La chaîne de télévision satellitaire Abu Dhabi TV avait affirmé, vendredi 8 octobre 2004, disposer d’une vidéo montrant l’assassinat, en Irak, de l’otage britannique Kenneth Bigley, mais qu’elle s’abstenait de la diffuser. La chaîne d’information en continu Sky News, basée à Londres, avait également annoncé le décès de l’otage, en évoquant des sources gouvernementales.

"Nous sommes au courant de ces informations, mais nous ne pouvons faire aucun autre commentaire", avait déclaré dans un premier temps un porte-parole de Downing Street. "Nous essayons de façon urgente de corroborer ces informations selon lesquelles M. Bigley a été tué, mais nous ne l’avons pas fait à ce stade", avait de son côté indiqué, vendredi 8 octobre 2004, un porte-parole du Foreign Office. "Nous sommes en contact étroit avec la famille de M. Bigley dans ces moments difficiles", avait-t-il ajouté.

Le décès de Kenneth Bigley avait été annoncé une première fois, le 25 septembre, par un site internet, puis aussitôt démenti. Dans une vidéo diffusée le 29 septembre 2004, "Ken" Bigley suppliait le Premier ministre britannique Anthony Blair d’aider à sa libération.

Dans un même temps, le président du Comité des oulémas, Hareth Mouthanna Al-Dari, a fait part de ses doutes sur la validité des élections générales prévues en janvier 2005. "Les conditions n’existent pas pour la tenue d’élections libres, sereines et justes et il sortira d’un tel scrutin une assemblée presque désignée qui donnera naissance à un gouvernement qui fera ce que voudra l’occupation", a affirmé le président du comité dans des déclarations à la presse libanaise. Le dignitaire sunnite a souligné que les opérations militaires pour assurer la sécurité se déroulaient "en faisant taire les voix de l’opposition et par la violence, comme c’est le cas à Falloujah et Samarra", respectivement à l’ouest et au nord de Bagdad.

Cette prise de position du Comité des oulémas, représentatif de la communauté sunnite d’Irak, intervient alors que le grand ayatollah Ali al-Sistani a appelé les chiites à voter lors des élections.

Poursuivant ses opérations contre les bastions de la résistance, l’armée américaine a mené un nouveau raid aérien sur Falloujah, faisant douze morts et seize blessés. Selon le docteur Khaled Mohammad Nasser, de l’hôpital général de la ville, située à 50 km à l’ouest de Bagdad, les bombardements ont touché une résidence où se déroulait un mariage. Neuf des douze blessés étaient des femmes, parmi lesquelles la mariée, selon le médecin. Mais l’armée américaine affirme pour sa part dans un communiqué que le raid a visé "un repaire d’Abou Moussab al-Zarqaoui" où "des chefs du groupe étaient réunis". "Ce raid a contribué à réduire la capacité du réseau Zarqaoui et à augmenter la sécurité en Irak", ajoute le texte.

L’armée américaine et les forces irakiennes ont poursuivi en même temps l’opération "Phantom Fury" au sud-ouest de Bagdad, où elles ont arrêté une soixantaine de personnes et découvert trois caches d’armes. Quatre US Marines, trois Gardes nationaux irakiens et trois civils ont été blessés durant l’opération.

Par ailleurs, dans le nord du pays, un officier de police a été tué et deux policiers ont été blessés par des tirs d’inconnus contre une patrouille au sud de Kirkouk. A l’est de cette ville, deux soldats américains ont été blessés dans l’explosion d’un engin piégé au passage d’un convoi militaire.

A Bagdad, trois personnes ont été tuées par un missile américain alors qu’elles tentaient de poser une bombe dans le quartier chiite de Sadr City, selon un officier américain.

Le corps d’une personne tuée par balle a été découvert près de Kirkouk et demeurait, vendredi 8 octobre 2004, en cours d’identification. Dans la région de Touz, au sud de Kirkouk, un soldat américain a été tué et un autre blessé dans l’attaque d’une patrouille par des résistants.

Selon les chiffres du Pentagone, ce décès porte à 1062 le nombre des militaires américains morts en Irak depuis l’invasion de ce pays en 2003. Ce chiffre comprend trois employés civils du Pentagone.

D’autre part, l’OTAN a approuvé un "concept d’opérations" pour sa mission de formation des forces de sécurité irakiennes qui sera commandée sur le terrain par le général américain David Petraeus. La formation d’officiers supérieurs irakiens doit se dérouler dans une "académie militaire" située dans les environs de Bagdad et, au total, l’OTAN a prévu de déployer entre 200 à 300 instructeurs, protégés sur place par un nombre encore indéterminé de soldats.

L’objectif affiché par le secrétaire général de l’OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, est que la mission puisse commencer avant la fin de l’année, soit avant les élections générales prévues en Irak en janvier 2005.

Agence France Presse

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