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Le Matin, 21 janvier 2004

La Poste suisse dégraisse !

Articles et commentaire

par Anne DOUSSE et Jean-François KRÄHENBÜHL


Le bureau de poste de Cressier, dans le canton de Neuchâtel

BERNE Pour rester compétitif, le géant jaune veut revoir les conventions collectives de travail. Mais ces adaptations n’empêcheront pas de nouvelles réductions d’effectifs


La Poste sera contrainte de réduire ses effectifs ces prochaines années. Cette opération se fera dans la douleur, a averti hier Ulrich Gygi. Le patron du géant jaune n’a pas voulu donner de chiffre ou de date précis. Il a parlé uniquement de diminution significative, soit plus de 1000 postes. Mais il a promis que des solutions de reclassement au sein de l’entreprise, des formations complémentaires ou des plans sociaux seraient mis en place.

Ulrich Gygi

Cette restructuration est rendue nécessaire, car La Poste perd des parts de marché. Ainsi le volume du courrier a baissé de 26% en 2003.

Par ailleurs, la concurrence devient de plus en plus forte. Or, si le géant jaune veut rester le numéro un sur le marché, il doit disposer d’une plus grande marge de manœuvre en matière de conditions de travail, selon Rolf Hasler, responsable du personnel. Voilà pourquoi l’entreprise veut renégocier les conventions collectives de travail avec les syndicats.

« Actuellement, La Poste offre les mêmes conditions dans toutes les branches et dans toute la Suisse. Or nos concurrents sont libres d’appliquer des salaires différenciés suivant les régions et les branches. Ce qui leur permet de proposer des prestations à des prix plus avantageux », explique Rolf Hasler. La durée et l’aménagement du temps de travail, les vacances, les charges sociales désavantagent également le géant jaune.

La Poste souhaite donc passer d’une réglementation uniforme à un système axé sur les branches d’activités et par régions. Si les négociations aboutissent, ces aménagements entreront en vigueur au début de l’année prochaine.

Anne DOUSSE

Car postal

« Les négociations vont être dures » avec les syndicats

Le Syndicat de la communication craint que la politique de La Poste n’entraîne la suppression de 1500 emplois dans les deux à trois prochaines années. « Ce chiffre représente les conséquences sur le personnel de l’ensemble des projets actuellement connus, explique Christian Levrat, son président central. Cependant, je crains un chiffre encore plus élevé. »

Christian Levrat

Le syndicaliste s’insurge contre la politique de démantèlement engagée depuis plusieurs années par le géant jaune. « La dégradation des conditions de travail du personnel n’a jamais amené une entreprise au succès, on l’a vu avec Swissair », note-t-il. Christian Levrat souhaiterait que l’entreprise utilise les atouts dont elle dispose sur le marché plutôt que de se lamenter : « Cette passivité est difficilement compréhensible. »

On s’achemine donc vers un printemps social chaud ? « Les négociations vont être très dures. Mais j’espère qu’il y a beaucoup de rhétorique dans ce que La Poste a déclaré, et que sa position réelle est un peu plus mesurée. »

Jean-François KRÄHENBÜHL

Commentaire

On rappellera que La Poste suisse dépend du conseiller fédéral -ministre- socialiste Moritz Leuenberger. Ulrich Gygi est également membre du parti socialiste, tout comme le "syndicaliste" Christian Levrat.

Nul doute que cette troïka de politicards s’accordera, une fois de plus, pour trahir les salariés. Il n’y a absolument rien d’autre à en attendre. D’ailleurs, les propos de Christian Levrat expriment déjà sa soumission.

Rolf Hasler invoque le fait que les entreprises concurrentes versent, à leur personnel, des salaires inférieurs à ceux de La Poste. Nos soi-disant "socialistes" pourraient exiger que ces entreprises concurrentes soient contraintes d’aligner leurs salaires sur ceux de La Poste, ce qui annulerait cette concurrence déloyale. Mais il n’en est pas question. Le salut réside dans le nivellement par le bas, bien entendu...

Il est non moins évident que cette nouvelle étape dans le démantèlement social sera suivie de beaucoup d’autres, car les entreprises concurrentes poursuivront, elles aussi, cette fuite en avant. Ainsi, avant même qu’Ulrich Gygi ait pu mettre en oeuvre les mesures qu’il préconise, on peut être certain qu’il préparera les suivantes.

Et on peut être non moins certain que le "syndicaliste" Christian Levrat se contentera, là encore, de pleurnicher. Quand on est aussi doué que lui-même et ses pareils pour se faire mettre, on ne devrait jamais se séparer de son pot de vaseline et toujours garder son pantalon sur les chevilles...

Il est manifeste que les politiciens "de gauche" sont totalement impuissants face au démantèlement social et qu’ils n’ont absolument rien à proposer pour l’empêcher. Leur refus de soutenir le projet de taxe sociale figurant dans cette même rubrique du site web www.interet-general.info est donc particulièrement révoltant et totalement injustifiable.

Ces gens-là sacrifient délibérément les exploités à des considérations de politique politicienne. Leur comportement démontre que la prétendue "gauche" ne vaut pas mieux que la droite. Elle est simplement plus hypocrite.

Frank BRUNNER

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