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AFP, 10 octobre 2004

Irak : Les illusions américaines


BAGDAD (AFP) - Quatre personnes ont été tuées et deux autres blessées par un projectile qui a explosé, dimanche 10 octobre 2004 au matin, au centre de Bagdad, alors que le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld entamait une visite surprise en Irak dans un camp américain près de la frontière syrienne.


L’attaque, à la roquette ou à l’obus de mortier, s’est produite, à 07h00, à proximité du ministère du Pétrole, l’un des bâtiments les mieux gardés de la capitale, déjà visé, le 25 septembre et le 5 octobre 2004, par des attaques qui n’avaient pas fait de victime.

M. Rumsfeld est arrivé, dimanche 10 octobre 2004 au matin, au camp militaire américain Assad, à proximité de la frontière syrienne, pour une visite qui n’avait pas été annoncée. La visite du chef du Pentagone intervient alors que les forces américaines et le gouvernement irakien sont engagés dans une campagne militaire destinée à reconquérir la province occidentale sunnite d’Al-Anbar, dont plusieurs villes échappent à leur contrôle, avant les élections prévues en janvier 2005.

Cette visite "est une opportunité de recueillir des informations du général Casey et d’autres commandants sur la manière dont ils voient les mesures à prendre avant les élections", a déclaré le porte-parole de M. Rumsfeld. Le général Casey, le commandant américain de la Force multinationale, s’est adressé la veille par vidéoconférence à une réunion de ministres de la Défense des pays ayant envoyé des troupes en Afghanistan ou en Irak, dont Rumsfeld, ainsi que des ministres d’Irak, de Bahreïn et du Qatar, sur un porte-avions dans le Golfe.

Le général Casey a rendu compte de la stratégie envisagée par Washington, pour pacifier l’Irak et mater les résistants, en prévision des élections. Vendredi 8 octobre 2004, le quotidien américain New York Times avait annoncé que les stratèges américains avaient identifié 20 à 30 villes en Irak dont le contrôle devait être repris avant janvier 2005.

M. Rumsfeld avait affirmé, samedi 9 octobre 2004, que Washington tentait d’obtenir que d’autres pays envoient des soldats en Irak, pour protéger la mission des Nations Unies censée contribuer à organiser ces élections.

De leur côté, les résistants chiites de Bagdad devraient commencer à rendre les armes dès lundi 11 octobre, selon les termes d’une entente négociée, samedi 9 octobre 2004, avec le gouvernement irakien, qui reste toutefois prudent sur son application.

"Nous avons pris l’engagement de cesser toutes les attaques", contre les forces américaines, a déclaré cheikh Abdelzahra Souaïadi, imam de la mosquée d’Al-Hikma dans le quartier chiite de Sadr City. "L’entente porte sur la libération des détenus et l’arrêt des poursuites contre les membres du courant" du chef chiite Moqtada Al-Sadr, a-t-il dit, soulignant que les résistants vont rendre en échange "les armes lourdes et légères" et que l’opération de cinq jours devait démarrer lundi 11 octobre 2004.

Un négociateur chiite avait fait état auparavant d’une entente dans ce sens. "Nous avons convenu aujourd’hui que les combattants remettront leurs armes contre de l’argent, à partir de lundi 11 octobre 2004", avait déclaré Karim al-Bakhit. Un porte-parole du ministère de l’Intérieur, Sabah Kadhim, a tenu à souligner que l’accord devait être testé sur le terrain. "Il s’agit d’une entente informelle et nous sommes prudemment optimistes", a-t-il déclaré.

Après la publication du rapport américain concluant à l’absence d’armes de destruction massive en Irak, invoquées par les Etats-Unis pour entrer en guerre, Hans Blix, l’ancien chef des inspecteurs en armements de l’ONU en Irak, et un autre ex-inspecteur américain, Scott Ritter, ont accusé le président américain George W. Bush et le premier ministre britannique Tony Blair d’avoir aggravé l’insécurité dans le monde et de vouloir justifier leur guerre en Irak "en se raccrochant à n’importe quoi". Les inspecteurs dépêchés en Irak par M. Bush pour confirmer les assertions du président américain à propos des armements interdits "ont dû reconnaître que la réalité sur le terrain était totalement différente de la réalité virtuelle qui avait été répandue", écrit M. Blix.

L’inspecteur en chef américain Charles Duelfer a conclu, dans son rapport, que Saddam Hussein avait détruit la plupart de ses armes chimiques et biologiques après la guerre du Golfe de 1991 et que son programme nucléaire était tombé "progressivement en déshérence". Mais il ajoutait que l’ex-président irakien espérait reprendre son programme d’armement, si les sanctions de l’ONU étaient levées. "C’est le nouveau fétu de paille auquel les gouvernements concernés ont commencé à se raccrocher" pour justifier la guerre, écrit M. Blix.

L’inspecteur Scott Ritter accuse par ailleurs les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, "les deux plus grandes démocraties du monde", d’avoir sapé le cadre légal des Nations Unies mis en place après la seconde Guerre mondiale avec leur guerre en Irak, exactement au moment où le monde avait le plus besoin de multilatéralisme pour engager une guerre mondiale contre le terrorisme.

Agence France Presse

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