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mercredi 26 avril 2017
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AFP, 22 janvier 2004

Parmalat : la justice italienne débarque chez Standard and Poor’s


La cathédrale de Milano

MILAN (Italie) (AFP) - Les bureaux milanais de l’agence de notation Standard and Poor’s (SP) ont été perquisitionnés jeudi par la police italienne tandis que des salariés de l’agence étaient entendus par la justice.

Les procureurs Eugenio Fusco et Carlo Nocerino ont entendu sur leur lieu de travail certains employés de SP à titre de témoins.


Confirmant la visite de la justice, une porte-parole de l’agence de notation financière a précisé qu’il n’y avait pas d’accusation à l’encontre de SP et que les employés étaient entendus en qualité de "personnes informées des faits".

Pour les magistrats italiens, il s’agit de comprendre plus en détail les relations entre l’agence de notation et l’ancienne direction de Parmalat, actuellement sous les verrous, à laquelle il est reproché un trou financier estimé entre 10 et 14 milliards d’euros.

"Nous répétons que les informations que nous avons reçues constamment de Parmalat se sont avérées fausses et nous nous estimons victime d’une fraude", a déclaré la représentante de SP.

Seule parmi les trois grandes agences internationales de notation à avoir Parmalat dans son portefeuille de notes, SP a émis des premiers doutes sur la société le 11 novembre en la mettant "sous surveillance avec implication négative".

En décembre, au fur et à mesure que Parmalat sombrait dans la crise, la note attribuée par SP au groupe italien a dégringolé de "BBB-" au niveau minimum "D".

L’agence, dans la foulée, a retiré sa note au groupe alors que Bank of America révélait l’inexistence d’un compte avec 3,95 milliards d’euros ouvert par Bonlat, une filiale de Parmalat, aux îles Cayman et inscrit au bilan officiel du groupe laitier.

L’une des îles Cayman, dans la mer des Caraïbes

Standard and Poor’s est l’une des trois grandes agences de notation financière internationale avec Moody’s et Fitch. Ces agences donnent, contre rémunération, des "notes" aux sociétés et aux titres obligataires émis par celles-ci, dans le but de déterminer le degré de risque encouru par l’investisseur qui achète tel ou tel titre.

La perquisition conduite chez Standard and Poor’s est intervenue au lendemain de celles menées chez Morgan Stanley, à la Banca Intesa.

Logo de la banque Intesa

Jeudi, des sources judiciaires ont indiqué que de l’argent appartenant à Calisto Tanzi, fondateur et ancien dirigeant de Parmalat aujourd’hui en prison, avait été retrouvé à Monaco.

Vue de Monaco

A ce jour, il apparaît que la galaxie Parmalat compte quelque 500 sociétés et les magistrats italiens ont dû faire appel à l’expertise du cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC) pour s’y retrouver.

Dans un tel contexte, la tâche de l’administration extraordinaire en charge de la gestion de Parmalat sous la houlette de Enrico Bondi, spécialiste des missions de redressement, risque de se révéler plus ardue que prévu.

Un porte-parole de Parmalat a reconnu que le plan de sauvetage du géant laitier ne pourrait pas être prêt fin janvier, comme prévu initialement. Il faudra attendre au moins la mi-mars avant que celui-ci soit prêt.

Parmalat a parallèlement annoncé jeudi qu’il allait demander 150 millions d’euros de crédit à un pool bancaire pour "couvrir la gestion courante du groupe tant en Italie qu’à l’étranger, dans l’attente de la mise au point du plan définitif de restructuration économique et financière du groupe".

Placé sous la protection du gouvernement italien le 23 décembre, Parmalat a été déclaré ensuite insolvable par la justice tandis que 11 responsables de l’ancienne gestion sont en prison.

© AFP Agence France-Presse

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