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AFP, 14 octobre 2004

Irak : L’occupant ne respecte pas l’accord de trêve passé avec les résistants chiites


BAGDAD (AFP) - Pas moins de 500 partisans de Moqtada Al-Sadr sont dans des prisons gérées par les Américains en Irak, selon des adjoints du chef chiite qui font de leur libération une condition sine qua non à une trêve durable.


"Il y a au moins 500 membres, sinon plus, du mouvement qui sont dans des prisons américaines comme celle d’Abou Ghraib", indique Amer Al-Husseini, l’un des représentants Sadr à Bagdad qui a été lui-même détenu pendant cinq mois dans ce centre pénitentiaire de triste réputation à l’ouest de Bagdad. "Ce ne sont pas des terroristes. Ils ne sont impliqués que dans des actes légitimes de résistance à l’occupant", dit-il. "Si les Américains veulent regagner la confiance des Irakiens, ils doivent les libérer tout de suite".

L’armée américaine et le gouvernement irakien sont arrivés à une entente, le week-end dernier, avec la mouvance chiite à Sadr city pour désarmer les résistants de ce quartier pauvre de la capitale. En contrepartie, la résistance a obtenu la promesse de la libération de ses détenus, sauf ceux accusés de crimes, et de l’arrêt des poursuites judiciaires contre eux. Le Premier ministre Iyad Allaoui, lui-même chiite, s’est dit optimiste sur les chances de réussite de l’opération de désarmement et a affirmé être prêt à libérer les partisans de M. Al-Sadr si ce dernier continue à faire preuve de bonne volonté et cesse les attaques contre les forces américaines et irakiennes.

Dans les faits, la libération des détenus dépend aussi bien du gouvernement irakien que de l’armée américaine. Tous deux doivent décider si les résistants emprisonnés pour avoir planté des bombes artisanales au passage d’un convoi américain ou l’attaque d’un poste de police ne présentent plus une menace pour la sécurité. "Nous classons les détenus selon le niveau de menace qu’ils représentent pour la sécurité et non selon leur appartenance à un groupe particulier", explique un responsable militaire américain, en charge des détenus. "Nous ne libérerons aucun détenu qui pose une menace à la sécurité de l’Irak".

Une commission mixte américano-irakienne a été établie, en août, pour examiner les dossiers des prisonniers enfermés sans jugement à Abou Ghraib et dans le centre de détention de Camp Bucca situé près du port méridional d’Oum Qasr. Un général américain, Geoffrey Miller, qui siège à la commission, a le droit d’opposer son veto à toute libération. Il a dit, par le passé, que ceux qui étaient accusés d’attaques contre les forces irakiennes ou américaines devraient rester sous les verrous. Mais si l’armée américaine a arrêté de nombreux partisans de Sadr ces derniers mois, notamment lors des affrontements dans la ville sainte de Najaf, en août 2004, elle a récemment relâché certains d’entre eux qui ont un discours très anti-américain.

Cheikh Moayad al-Khazraji a été libéré il y a une semaine après un an de détention à Abou Ghraib et Camp Bucca. L’imam de la mosquée Al-Bayaa de Bagdad était accusé d’incitation à la violence dans ses prêches du vendredi. Sa position hostile à l’occupation n’a pas changé mais il partage la décision de M. Al-Sadr "de combattre, par des moyens pacifistes, l’Amérique et ses ambitions impériales". Il précise avoir été bien traité et respecté lors de sa détention, même s’il a vu des prisonniers maltraités à Abou Ghraib. Après son transfert à Oum Qasr, il a été détenu dans une cour à ciel ouvert avec quelque 350 résistants de l’Armée du Mehdi.

Agence France Presse

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