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dimanche 20 août 2017
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AFP, 15 octobre 2004

Côte d’Ivoire : Le démarrage du désarmement apparait compromis


ABIDJAN (AFP) - Le démarrage du désarmement en Côte d’Ivoire, prévu vendredi 15 octobre 2004, est compromis, après le refus de l’ex-rébellion de regrouper ses combattants, pour protester contre le blocage persistant sur le plan politique, malgré les appels du président Laurent Gbagbo et de la communauté internationale.


Le début de ce processus doit, en principe, être marqué, le 15 octobre 2004, par le regroupement d’ex-combattants sur deux sites : l’un à Bouna dans le nord du pays, toujours contrôlé par les ex-rebelles des Forces Nouvelles (FN), et l’autre à Bondoukou, à l’est, en zone loyaliste. Le site de Bouna doit accueillir 800 ex-combattants, dont 700 qui seront démobilisés, tandis que 920 militaires, dont 500 à démobiliser, se rendront à Bondoukou. Les hommes démobilisés ne seront pas intégrés dans les services de sécurité. "Vendredi, il n’y aura rien sur le site de Bouna. On ne se laissera pas entraîner dans la manipulation politicienne du président Gbagbo qui met l’accent sur cette date", a déclaré, mercredi 13 octobre 2004, le porte-parole des FN Sidiki Konaté.

L’ex-rébellion a indiqué que le démarrage du processus de désarmement, qui concerne quelque 30000 combattants, n’aurait pas lieu sans l’adoption des réformes politiques inscrites dans l’accord de paix de Marcoussis, conclu en janvier 2003 en France et réactivé par l’accord d’Accra du 30 juillet 2004. L’accord d’Accra prévoit l’adoption de ces réformes et le commencement du désarmement des ex-rebelles et des groupes paramilitaires "au plus tard le 15 octobre", sans qu’il existe un lien explicite entre ces deux questions.

La presse ivoirienne était, jeudi 14 octobre 2004, dans son ensemble, très sceptique sur le démarrage du désarmement, et son plus grand tirage, le quotidien public Fraternité Matin, résumant ce sentiment, titrait en rouge "La date du 15 octobre hypothéquée". "A jour J-1 que chacun accepte de renouer avec la normalité. La rébellion n’est qu’un incident de parcours. Et ce qui caractérise un incident, c’est qu’il est toujours passager", plaidait toutefois le quotidien abidjanais.

Les forces des ex-belligérants (ex-rebelles et loyalistes) et les "forces impartiales" (ONU et contingent français) avaient pourtant confirmé, lundi 11 octobre, à Yamoussoukro (capitale politique), lors d’une réunion avec le président Laurent Gbagbo, le démarrage effectif, le 15 octobre 2004, de l’opération Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) par un "regroupement en zone est" d’ex-combattants pour une "première phase".

Mercredi 13 octobre au soir, M. Gbagbo a reçu à Abidjan, en présence du Premier ministre Seydou Diarra, les dirigeants politiques ivoiriens, à l’exception de ceux des Forces nouvelles. Ces dirigeants ont réaffirmé leur "adhésion unanime et sans équivoque au principe du désarmement" entériné par les militaires des deux camps, selon le ministre de la Sécurité Martin Bléou, une personnalité neutre ayant intégré le gouvernement à ce titre. "Les choses sont en très bonne voie, par conséquent les populations sont invitées à ne pas faire de fixation sur la date du 15 octobre", a-t-il déclaré, jeudi 14 octobre 2004, à la radio, lisant le communiqué final sur cette rencontre.

Mais dans la capitale économique, comme c’est devenu l’habitude avant les échéances importantes, courent des rumeurs alarmistes. Ces rumeurs ont été renforcées par la mise en congé, mercredi 13 octobre 2004 après-midi, du personnel civil de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) à Abidjan, pour "des raisons de sécurité".

Le quotidien Notre Voie, proche de M. Gbagbo, faisait état, jeudi 14 octobre, de "messages et de coups de fil alarmants" adressés à la communauté française par "fax et par internet", invitant les Français, dont certains ont été pris à partie ces derniers mois, "à ne plus sortir de chez eux à partir de 18h00 et à éviter d’envoyer leurs enfants à l’école le 15 octobre 2004".

Agence France Presse

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