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samedi 24 juin 2017
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AFP, 15 octobre 2004

Irak : Les oulémas promettent d’appeler au "jihad et à la mobilisation générale sur tout le territoire contre les forces d’occupation et leurs collaborateurs", si l’attaque contre Fallujah ne cesse pas


BAGDAD (AFP) - Des oulémas de la ville de Falloujah contre laquelle une offensive terrestre a été lancée, ont menacé, vendredi 15 octobre 2004, d’appeler à la désobéissance civile et au jihad (guerre sainte) dans tout l’Irak tandis qu’un nouvel attentat à la voiture piégée s’est produit à Bagdad.


Dans la nuit de jeudi 14 octobre à vendredi 15 octobre 2004, plus de 1000 soldats américains et des forces irakiennes ont été engagés dans une opération terrestre d’envergure aux abords de Falloujah. Huit raids aériens ont été menés en moins de 24 heures et les troupes au sol ont été appuyées par "des véhicules blindés de l’artillerie, des hélicoptères et des avions de combat", selon un communiqué des forces américaines. Cette offensive, selon un porte-parole des Marines, Lyle Gilbert, vise à perturber la capacité des hommes de l’islamiste jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui à mener des attaques terroristes et à détruire leurs repaires présumés. Une source hospitalière à Falloujah a indiqué que trois personnes avaient été tuées et sept autres blessées durant les bombardements de la nuit. "Les opérations à Falloujah se poursuivront tant que les terroristes restent dans la ville", a précisé le communiqué de l’armée américaine.

Alors que le calme était revenu dans la ville, vendredi 15 octobre 2004 au matin -premier jour du ramadan pour les sunnites- l’un des dignitaires de la ville, cheikh Mahmoud Abdel Aziz, a menacé d’émettre une fatwa (avis religieux) si les opérations militaires étaient maintenues. "En cas d’offensive militaire contre Falloujah, les oulémas émettront une fatwa décrétant la désobéissance civile dans tout l’Irak et appelant à une manifestation assise à l’entrée est de la ville des chefs religieux musulmans et des organisations humanitaires", a-t-il déclaré. Ce cheikh a ajouté, que "si à la suite de ces actions, le gouvernement provisoire et les forces d’occupation ne renoncent pas à la solution militaire, les oulémas proclameront le jihad et la mobilisation générale sur tout le territoire irakien contre les forces d’occupation et leurs collaborateurs".

Le Premier ministre irakien Iyad Allaoui avait menacé, mercredi 13 octobre, Falloujah d’une offensive d’envergure si ses habitants ne remettaient pas Abou Moussab Al-Zarqaoui et ses hommes, qui ont revendiqué de nombreux attentats sanglants en Irak. Pour protester contre ces propos, la délégation de Falloujah impliquée dans des tractations avec le gouvernement a annoncé, jeudi 14 octobre 2004, la suspension des contacts.

D’autre part, au lendemain de deux attentats suicide dans la "zone verte" de Bagdad revendiqués par le groupe d’Abou Moussab Al-Zarqaoui, qui ont fait cinq morts dont trois civils américains et 18 blessés, l’explosion d’une voiture piégée a fait un mort et 15 blessés dans le quartier de Dora.

Un garde de sécurité britannique, employé par une compagnie privée, a été tué, le 11 octobre, près de la ville de Kirkouk, dans le nord de l’Irak, a-t-on annoncé vendredi 15 octobre 2004.

En marge de ces violences, le chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, a qualifié vendredi "d’énorme erreur" la guerre en Irak, devant son homologue britannique Tony Blair. M. Zapatero intervenait lors d’un sommet de centre-gauche en Hongrie, rassemblant onze chef d’Etat et de gouvernement. Selon une source espagnole, la position de M. Zapatero, qui a répété que la guerre en Irak avait été "une énorme erreur qui s’est confirmée au fur et à mesure que le temps passait", a reçu notamment le soutien du président chilien Ricardo Lagos et du Premier ministre canadien Paul Martin. "M. Blair a tenté de justifier la guerre et la discussion s’est alors polarisée" sur ce thème, a précisé à l’AFP cette source espagnole. Selon une source chilienne, Tony Blair a demandé un soutien "réaliste" dans la crise irakienne afin d’"établir un ordre international" dans ce pays, mais M. Zapatero a demandé pour sa part le respect "des règles internationales" fixées par le Conseil de sécurité des Nations Unies".

Aux Etats-Unis, à deux semaines de l’élection présidentielle, le secrétaire d’Etat Colin Powell a fait une incursion dans la campagne électorale, pour contester que le candidat démocrate John Kerry puisse obtenir "par magie" davantage de soutiens internationaux en Irak s’il était élu. "Le sénateur Kerry peut faire ces déclarations, mais je ne suis pas sûr qu’il puisse vraiment les étayer, ou que soudainement des soutiens qui ne seraient pas déjà là apparaissent comme par magie avec un changement de présidence", a-t-il déclaré. M. Kerry axe une grande partie de sa campagne sur le fait qu’il serait mieux à même que M. Bush d’obtenir davantage de soutiens internationaux pour faire face à la situation en Irak, et accuse son adversaire d’avoir négligé les alliances traditionnelles de l’Amérique pour partir en guerre à tout prix.

Agence France Presse

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