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jeudi 27 avril 2017
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AFP, 23 janvier 2004

Parmalat : suicide d’un employé de la comptabilité et perquisition chez Deutsche Bank


Vue de Milano

MILAN (Italie) (AFP) - Le suicide d’un collaborateur des deux principaux responsables présumés du krach de Parmalat et la perquisition dans les locaux milanais de la Deutsche Bank (DB) ont constitué vendredi de nouveaux développement dans l’enquête sur le scandale financier touchant le géant de l’agroalimentaire italien.


Employé à la comptabilité de Parmalat, Alessandro Bassi, 42 ans, marié et père de deux enfants, a mis fin à ses jours vendredi après-midi près de Parme (nord) trois jours après avoir été entendu en qualité de témoin par Antonella Ioffredi, l’un des procureurs en charge du dossier.

Alessandro Bassi avait travaillé avec Fausto Tonna, homme-clef de l’affaire, jusqu’à ce que ce dernier quitte ses fonctions de directeur financier de Parmalat tout en restant dans la société. Ensuite, M. Bassi avait été le secrétaire de son successeur Luciano del Soldato.

MM. Tonna et del Soldato sont en prison, tout comme l’ex-patron et fondateur de la société, Calisto Tanzi, ainsi que huit autres personnes ayant participé aux montages financiers qui ont débouché sur ce krach estimé de source judiciaire entre 10 et 14 milliards d’euros.

M. Bassi avait été entendu mardi uniquement en qualité de personne informée des faits mais il n’avait pas été mis en cause dans la procédure, soulignait-on vendredi parmi des enquêteurs qui se déclaraient "déconcertés" par ce geste.

"Il n’y avait absolument aucune raison pour un acte de cette sorte", indiquait-on de source judiciaire, alors qu’un voisin confiait à l’agence ANSA que M. Bassi lui était apparu comme "bouleversé et très soucieux".

Parallèlement, à Milan, une perquisition a été menée vendredi au siège de la première banque allemande DB par la Guardia di Finanza, police financière, dans le cadre du dossier Parmalat. Des responsables de DB ont déjà été entendus par les magistrats italiens.

A Francfort, un porte-parole de la direction a assuré que DB "coopère avec toutes les autorités compétentes".

Immeubles de la Deutsche Bank

Une perquisition semblable avait été déjà été conduite jeudi dans les locaux milanais de l’agence de notation Standard and Poor’s, venant après celles menées dans les locaux italiens de Morgan Stanley, Nextra (groupe Banca Intesa) et Bank of America.

Les magistrats italiens s’intéressent notamment à la réduction soudaine de la participation de Deutsche Bank dans le groupe Parmalat, passée de 5,1% en novembre dernier à quelque 1,5% quelques jours plus tard. Les enquêteurs souhaitent savoir si la banque avait eu des informations avant les autres sur l’imminence du krach.

La justice examine également un volumineux emprunt obligataire de 350 millions d’euros émis par la Deutsche Bank pour le compte du groupe italien en septembre 2003, selon diverses informations de presse.

Les magistrats voudraient savoir si la banque avait déjà connaissance à cette époque des difficultés financières de Parmalat, et si elles les a dissimulées pour faire la promotion de cette émission d’obligations.

Arrêté depuis la fin décembre, Calisto Tanzi, l’ancien patron de Parmalat, a pour sa part été entendu pendant plus de six heures vendredi après-midi par trois magistrats.

L’interrogatoire s’est déroulé dans les locaux de l’hôpital Fatebenefratelli de Milan où M. Tanzi, 65 ans, avait été transféré jeudi soir à la suite de "fourmillements dans le bras" signe annonciateur d’une possible crise cardiaque.

M. Tanzi, qui a déjà souffert d’un infractus, avait néammoins été jugé apte a subir cet interrogatoire par les médecins. Rien n’a filtré de ses déclarations.

Le naufrage financier de Parmalat qui se traduit par la spoliation de milliers de petits épargnants scandalise toute l’Italie. Le gouvernement a décidé de mettre en chantier une réforme de la protection de l’épargne avec un projet de loi donnant plus de pouvoirs à la Consob, le gendarme de la bourse italienne, au détriment de la Banque d’Italie.

Le président du conseil Silvio Berlusconi a promis jeudi soir de tout faire afin de "restaurer la confiance des épargnants à l’égard de l’Italie et des entreprises italiennes".

© AFP Agence France-Presse

Silvio Berlusconi

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