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dimanche 23 avril 2017
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Reuters, 18 octobre 2004

Proche Orient : Michel Barnier plaide pour un rôle accru de l’Union européenne

par Mark HEINRICH


Une école dévastée par l’armée israélienne, à Jabalya, le 16 octobre 2004

JERUSALEM (Reuters) - Le chef de la diplomatie française, Michel Barnier, a déclaré, en Israël, que l’Union européenne entendait jouer un rôle plus actif dans le règlement du conflit israélo-palestinien, une perspective que ses hôtes ont subordonnée à l’adoption par l’Union européenne d’une attitude plus équilibrée.

Une Palestinienne retrouve sa maison en ruines, à Jabalya, le 16 octobre 2004


L’Union européenne est membre du "quartet" des médiateurs internationaux pour le Proche-Orient et a participé à l’élaboration de la "feuille de route", le plan de paix international pour le Proche-Orient. Mais les diplomates européens peinent à faire entendre leur voix alors qu’Israël les accuse d’être pro-Palestiniens. Des accusations qui récusent l’Union européenne. "L’Europe ne se cantonnera pas et n’acceptera pas d’être cantonnée dans un rôle simplement de soutien financier ou technique. Elle a un rôle à jouer et elle veut jouer ce rôle pour la stabilité et la sécurité du Proche et du Moyen-Orient" a déclaré le chef de la diplomatie française, en référence au plan de retrait unilatéral de la bande de Gaza décidé par Ariel Sharon.

Un Palestinien sur les décombres de sa maison, devant les ruines d’une mosquée détruite par l’armée israélienne, à Jabalya, le 16 octobre 2004

Le plan de retrait aurait plus de chance de succès si Israël acceptait d’en coordonner la mise en oeuvre avec l’Autorité palestinienne, a ajouté le chef de la diplomatie française au cours d’une conférence de presse avec son homologue israélien, Silvan Shalom. "Pour réussir cette première étape courageuse qui est le retrait de Gaza, il faut le réussir en coordination avec l’Autorité Palestinienne de telle sorte que Gaza ne soit pas livrée au chaos. Et c’est aussi le sens du dialogue que nous poursuivrons, que je poursuivrai avec les responsables élus légitimes de l’Autorité Palestinienne, mais aussi avec les jeunes et nouveaux dirigeants de l’Autorité Palestinienne", a poursuivi Michel Barnier.

Une Palestinienne devant les décombres de sa maison détruite par l’armée israélienne, à Jabalya, le 16 octobre 2004

"Nous appuyons le plan de désengagement de Gaza comme une première étape (de la "feuille de route") et il faudra franchir une par une les autres étapes. Parce que personne ne doit perdre de vue cette réalité fondamentale : un peuple occupé ne renoncera jamais, quoi qu’il endure. L’Histoire le montre. La seule solution est bien de mettre fin a l’occupation qui a commencé en 1967", a poursuivi le ministre.

Silvan Shalom en compagnie de Michel Barnier

Silvan Shalom a déclaré qu’Israël accueillerait favorablement une participation de l’Union européenne au processus de désengagement, sur le même mode que le rôle de coordination rempli par les Etats-Unis et l’Egypte, et plus largement son implication en faveur de la paix. "Il est très important que l’Union européenne soit impliquée si elle fait preuve d’une attitude plus équilibrée à l’égard du conflit. Mais vous ne pouvez pas nous demander d’accepter un médiateur qui nous dit par avance que sa solution au conflit serait la création d’un Etat palestinien dans les frontières d’avant 1967 et dont la capitale serait Jérusalem", a prévenu Silvan Shalom.

Vue de Jérusalem

Le plan de retrait d’Ariel Sharon prévoit le démantèlement des 21 colonies juives de la bande de Gaza ainsi que de quatre des 120 implantations de Cisjordanie. Il prévoit toutefois le maintien d’un contrôle permanent de certaines zones de Cisjordanie et de colonies qu’Israël considère comme vitales pour sa sécurité. Le plan fait par ailleurs de Jérusalem unifiée la "capitale éternelle" d’Israël. Les Palestiniens exigent de leur côté un retrait complet des Israéliens des territoires occupés depuis 1967, y compris la partie est de Jérusalem, dont ils veulent faire la capitale du futur Etat palestinien. L’administration américaine a soutenu le plan de retrait proposé par Ariel Sharon, dans l’espoir qu’il permette de raviver la "feuille de route".

Des jeunes palestiniens lancent des cailloux sur un bulldozer de l’armée israélienne, à Balata, le 16 octobre 2004

Michel Barnier, qui devait, à l’origine, se rendre en Israël en juin 2004, après une visite dans les territoires palestiniens, a dû reporter son déplacement à l’automne, en raison des réticences israéliennes à le recevoir après sa rencontre avec Yasser Arafat.

Mark HEINRICH

Evacuation d’un enfant blessé par l’armée israélienne, à Balata, le 16 octobre 2004

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