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24 janvier 2004

Parmalat : la banque d’Italie sous les fourches caudines de la justice


L’agence de la Banca d’Italia à Parma

MILAN (Italie) (AFP) - Les magistrats qui enquêtent sur l’affaire Parmalat ont saisi à la Banque d’Italie tous les documents sur les souscriptions publiques lancées par le géant de l’agroalimentaire au centre d’un krach de plus de dix milliards d’euros.

L’institution bancaire italienne, dont le gouverneur Antonio Fazio est nommé à vie, a annoncé samedi avoir mis des documents relatifs à Parmalat à la disposition de la Guardia di Finanza, police financière.

Son communiqué précise que ces documents sont relatifs aux placements dans le public de titres du géant du lait dont la déconfiture se traduit par la spoliation de centaine de milliers de petits épargnants.


La banque d’Italie précise que d’autres documents relatifs à Cirio, le "roi de la tomate en boîte", autre grand de l’agroalimentaire italien frappé d’une faillite frauduleuse en juillet 2003, ont été saisis.

Le quotidien Il Giornale affirme qu’une autre institution de l’économie italienne, la Consob, gendarme de la Bourse, a également reçu la visite des inspecteurs qui se sont fait remettre des documents.

Ces "transports de justice" sont intervenus après une série de perquisitions opérées toute la semaine au siège milanais de la Deutsche Bank, dans ceux de l’agence de notation Standard and Poor’s, chez Morgan Stanley, Nextra (Banca Intesa) et Bank of America.

Simultanément, un tribunal de Bologne a souligné vendredi les "protections" et les "négligences" dont a bénéficié l’ancienne direction de Parmalat avant que n’éclate le krach en décembre.

Les attendus rédigés par le juge des requêtes refusant la demande de remise en liberté de l’un des protagonistes de l’affaire Parmalat, constituent des accusations à l’encontre des organismes de contrôle dont font partie la Banque d’Italie et la Consob.

Ce jugement publié par le Corriere della Sera souligne qu’une lecture attentive des événements survenus au sein de Parmalat à partir de février 2003 aurait dû alerter les autorités.

Cette succession de faits "aurait dû attirer l’attention de n’importe qui, y compris d’un contrôleur distrait", écrit le juge Libero Mancuso selon le quotidien.

En repoussant la demande de libération présentée par Gian Paolo Zini, avocat international, conseiller de Calisto Tanzi, ex-patron et fondateur de Parmalat, -lui aussi en détention-, le juge souligne que l’escroquerie a pu se prolonger car la direction pouvait compter sur une "atmosphère de protections" qui lui ont assuré "pendant des années" l’impunité en dépit des "actes illégaux menés à un rythme effrené des principaux mis en cause".

460, Park Avenue, à New-York, où se trouvent les bureaux américains de Gian Paolo Zini

Le scandale Parmalat semble bien être à l’origine du suicide d’un responsable du contrôle de gestion, Alessandro Bassi, 42 ans, qui s’est jeté vendredi après-midi du haut d’un pont.

Dans la voiture du désespéré, des documents relatifs à la comptabilité de l’entreprise et comportant des mouvements bancaires ont été saisis par les magistrats qui vont les analyser, indique-t-on de source policière.

Ancien collaborateur de Fausto Tonna, l’ex-directeur financier de Parmalat actuellement en prison, M. Bassi avait été entendu au début de la semaine par les magistrats au titre de "personnes au courant des faits" mais une enquête n’avait pas été ouverte à son encontre.

Fausto Tonna a protesté de son innocence dans ce scandale, considéré comme l’un des plus importants survenu en Europe. Il soutient avoir été un simple exécutant des ordres donnés par Calisto Tanzi, fondateur et patron de Parmalat, également en détention préventive.

© AFP Agence France-Presse

Calisto Tanzi

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