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AFP, 22 octobre 2004

Irak : L’occupant aurait arrêté six imams sunnites membres du Comité des oulémas


BAGDAD (AFP) - Le gouvernement britannique a accédé, jeudi 21 octobre 2004, à la demande américaine de redéployer une partie de ses troupes hors de leur zone, tandis que Bagdad a critiqué la faible implication de l’ONU dans le processus électoral.


Le ministre britannique de la Défense, Geoff Hoon, a annoncé que 850 hommes du 1er bataillon des Black Watch, actuellement stationné en réserve à Bassorah, en pays chiite, seraient redéployés dans le secteur tenu par les Américains, en pays sunnite. La durée de leur mission se comptera "en semaines plutôt qu’en mois", a indiqué M. Hoon, qui n’a pas précisé l’endroit exact de leur affectation.

Selon des plans révélés, lundi 18 octobre 2004, par le Times, ce bataillon sera déployé au sud de la capitale irakienne, une zone réputée être l’un des foyers les plus actifs de l’insurrection anti-gouvernementale. La décision d’accéder à la requête américaine a été prise après avoir reçu l’aval des responsables militaires sur le terrain, selon qui cette mission présente "un niveau de risque acceptable", a ajouté M. Hoon. Au même moment, la Lettonie a annoncé qu’elle réduira de 23 soldats son petit contingent militaire en Irak à partir de novembre 2004.

L’ONU ne s’implique pas assez dans le processus électoral, a déploré par ailleurs le gouvernement irakien. "Il est regrettable de constater que la participation des Nations Unies (à la préparation) des élections n’est pas au niveau requis", a déclaré le ministre irakien des Affaires étrangères Hoshyar Zebari. "Le nombre d’experts onusiens envoyés en Irak ne dépasse pas les 30 alors qu’ils étaient plus de 300 au Timor Oriental", a-t-il fait valoir, tout en réaffirmant la volonté de son gouvernement d’organiser la consultation à la date prévue, janvier 2005.

Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a déclaré, de son côté, que les élections étaient encore possibles, malgré la présence limitée de l’ONU sur le terrain du fait d’inquiétudes sur la sécurité de son personnel, tandis que le secrétaire d’Etat américain Colin Powell indiquait que les forces de la coalition assureraient leur protection si les Nations Unies ne trouvaient pas assez de troupes nouvelles pour le faire. En dehors des îles Fidji, les candidats ne se bousculent pas pour l’instant pour participer à la force réclamée par l’ONU pour augmenter sa présence en Irak.

Faute d’un engagement plus poussé de l’ONU, le gouvernement irakien peut éventuellement compter sur le ralliement de la mouvance du chef chiite radical Moqtada Al-Sadr, dont les combattants ont massivement rendu leurs armes dans le quartier pauvre de Sadr City, à Bagdad. Le colonel Zayer, un membre du Comité de réception des armes, a qualifié l’opération, censée s’achever jeudi 21 octobre 2004, de "très réussie" car elle a "permis de pacifier (le quartier) et de préparer aux élections". Il a expliqué que "plus de trois millions de dollars" avaient été distribués aux Irakiens qui avaient bien voulu remettre leurs armes. En vertu d’une entente conclue entre la mouvance de Moqtada Al-Sadr, le gouvernement irakien et l’armée américaine, les combattants chiites devaient désarmer en contrepartie d’argent et de la libération des résistants détenus.

S’agissant des otages, le mari de Margaret Hassan, la responsable du bureau de l’organisation caritative CARE enlevée mardi 19 octobre 2004, a "bon espoir" d’une libération rapide de son épouse. "Je ne connais pas la partie qui l’a enlevée mais elle doit savoir que ma femme a beaucoup donné au peuple irakien et qu’elle est Irakienne", a-t-il fait valoir. Les ministres des Affaires étrangères irlandais et palestinien ont lancé de leur côté un appel conjoint pour exiger sa libération. Aucun groupe n’a revendiqué l’enlèvement de Mme Hassan, qui a trois nationalités : irlandaise par sa naissance, britannique, et irakienne par mariage, et qui travaille depuis une trentaine d’années en Irak. Le Sénat irlandais a voté à l’unanimité une motion demandant sa libération immédiate.

Par ailleurs, deux soldats de la Garde nationale et une femme ont été abattus par des tirs d’inconnus, à Bagdad, alors qu’ils circulaient à bord d’un véhicule civil, selon le ministère de l’Intérieur.

Deux policiers et deux Gardes nationaux ont été en outre blessés par l’explosion d’une bombe artisanale dans le centre de Baaqouba, selon l’hôpital de cette ville située à 60 km au nord-est de Bagdad.

Des obus de mortiers se sont d’autre part abattus sur une base de la force multinationale à Mossoul, dans le nord du pays, au moment où le Premier ministre irakien Iyad Allaoui s’apprétait à monter à bord d’un hélicoptère pour entamer son voyage de retour vers Bagdad. L’attaque n’a fait ni dégât ni victime, selon l’armée américaine.

Résistants et US Marines se sont affrontés à nouveau, dans le sud-est de la ville sunnite de Falloujah, à l’ouest de Bagdad, où l’aviation américaine a mené une nouvelle série des raids aériens en deux vagues, dans la soirée, qui ont fait sept morts et trois blessés, selon des sources hospitalières.

Enfin, le siège du conseil local d’Ichaki, localité située à 100 km au nord de Bagdad, près de Samarra, a été dynamité, jeudi 21 octobre 2004 au soir, par des hommes armés, a annoncé la police.

Six imams sunnites membres du Comité des oulémas irakiens ont été arrêtés, mercredi 20 octobre 2004 au soir, par l’armée américaine, a affirmé à la presse un porte-parole de ce comité, Mouthanna Hareth al-Dari. L’armée américaine a indiqué ne pas avoir pour le moment d’informations à ce sujet. Les Marines patrouillant dans la région de Falloujah ont pour leur part affirmé ne pas avoir procédé à l’arrestation d’imams.

A Bagdad, s’est ouvert dans une cour martiale américaine le procès d’un soldat américain, accusé du meurtre d’un civil irakien au début de l’année à Bagdad. Le sergent-chef Cardenas Alban de la 1ère division de cavalerie basée à Bagdad est accusé de meurtre avec préméditation, selon le Code de la justice militaire américaine. Un autre soldat américain, le sergent chef Ivan Frederick, a été condamné à huit ans de prison et sommé de quitter l’armée, pour mauvais traitements à l’encontre de détenus irakiens dans la prison d’Abou Ghraib, à l’ouest de Bagdad.

Le commandant d’une unité de réserve américaine en Irak qui avait refusé d’acheminer un convoi d’essence en empruntant une route jugée dangereuse a, quant à lui, été relevé de ses fonctions, a annoncé l’état-major américain.

Agence France Presse

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