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25 janvier 2004

Cirio, Parmalat et Finmatica : la chute de trois sociétés emblématiques italiennes


Scène de rue à Milano

MILAN (Italie) (AFP) - Les magistrats italiens viennent de voir leur échoir dans des circonstances similaires des dossiers sur deux multinationales agroalimentaires Cirio et Parmalat, ainsi sur la société informatique Finmatica, présentée jusqu’ici comme un modèle de la nouvelle économie.

Le fondateur de Finmatica Pierluigi Crudele, surnommé le "Bill Gates italien", a été interpellé samedi par la Guardia di Finanza, la police financière, et placé en résidence surveillée tout comme son plus proche collaborateur et ami Fabio Bottari.


Sous le coup d’une enquête pour bilans frauduleux et agiotage (manoeuvres sur les cours de bourse), les deux hommes venaient de démissionner de leurs postes respectifs de président et de directeur général tout en demeurant toutefois membres du conseil d’administration.

Estimant qu’il existait de ce fait un risque "d’altération des preuves", les magistrats ont prononcé les arrêts domiciliaires pour les deux hommes d’affaires.

Selon le Corriere della Sera de dimanche, les policiers ont saisi mardi un document récent devant faire disparaître vingt millions d’euros d’un fonds appartenant à la société lors d’une perquisition au siège de Finmatica Spa.

L’arrestation de M. Crudelle, 52 ans dans sa maison d’Eboli près de Salerne (sud) où voici 26 ans il avait lancé son aventure de pionnier de l’informatique dans la péninsule fait les grands titres de la presse dominicale.

Vue d’Eboli

Jusqu’ici valeur chouchou du nouveau marché, Finmatica, 900 salariés et 125 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, est suspendue de cotation depuis quatre jours et son conseil d’administration doit dévoiler lundi les éléments de son bilan. Selon la banque d’Italie, l’exposition totale des banques italienne vis à vis de Finmatica est de 163 millions d’euros.

A une échelle financière beaucoup plus modeste, l’engrenage ayant conduit aux ennuis de Finmatica ressemble en tous points à celui qui a fait dérailler Parmalat, le roi mondial du lait longue durée dont le krach, qui se situe entre 10 et 14 milliards d’euros, est considéré comme le plus important en Europe.

Dans les deux cas c’est une émission d’obligations mal accueillie par le marché qui a enclenché une mécanique. En février 2003, Parmalat était contraint d’annuler le lancement d’un emprunt obligataire de 300 millions d’euros. Le 7 janvier dernier, Finmatica faisait la même chose pour 55 millions d’euros d’obligation.

A partir de là, les craintes suscitées à l’égard des deux sociétés par l’endettement élevé, l’absence de transparence et l’organigramme compliqué des structures ont conduit à la défiance.

Pour Parmalat comme pour Finmatica, c’est la même société d’audit Grant Thornton rebaptisée Italaudit, qui est sur la sellette. Cette société est également impliquée par le dossier judiciaire ouvert sur Cirio.

L’enquête sur Parmalat qui a conduit à l’arrestation de 11 des responsables de sa gestion passée et en particulier son fondateur Calisto Tanzi, 65 ans, rebondit également sur la faillite fraudulese de Cirio le "roi de la tomate en boîte" dont les créances auprès des banques s’élevaient à 1,3 milliard d’euros.

L’ancien président et actionnaire de contrôle de Cirio, Sergio Cragnotti, est au centre d’une enquête, soupçonné de "banqueroute frauduleuse", "escroqueries", "faux en communications sociales" et "corruptions".

Sergio Cragnotti

Une transaction portant sur la société laitière Eurolat rachetée par Parmalat à Cirio à un prix considéré comme trop élevé a permis aux magistrats d’établir un lien entre les deux dossiers.

A tel point que la presse italienne évoque dimanche de possibles conflits de compétence entre les différents tribunaux : l’enquête sur Finmatica est menée à Brescia, celle sur Parmalat à Parme et à Milan et le dossier de Cirio est conduit par les magistrats de Rome.

© AFP Agence France-Presse

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