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dimanche 20 août 2017
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AFP, 22 octobre 2004

Irak : Affrontements à Falloujah, appel d’une otage aux Britanniques


BAGDAD (AFP) - Des US Marines et des résistants se sont affrontés, vendredi 22 octobre 2004, près de Falloujah, et des violences ont eu lieu autour de mosquées sunnites, au nord de l’Irak, alors qu’une otage a imploré Londres de retirer les troupes britanniques d’Irak et de ne pas les déployer à Bagdad.


La responsable de l’organisation humanitaire internationale CARE, Margaret Hassan, enlevée, mardi 19 octobre, en Irak, a appelé les Britanniques à contribuer à sa libération, dans une vidéo diffusée, vendredi 22 octobre 2004, par la chaîne télévisée du Qatar Al-Jazira. "S’il vous plaît, aidez-moi ! S’il vous plaît, aidez-moi ! Il se peut que cela soit mes dernières heures. O Britanniques, aidez-moi. Demandez à M. Blair de retirer les troupes d’Irak et de ne pas les déployer à Bagdad", implore l’otage, en sanglots, au moment où des militaires britanniques doivent être redéployés près de la capitale. "Je vais mourir comme M. Bigley", a lancé Mme Hassan, 59 ans, qui a la triple nationalité britannique, irlandaise et irakienne.

Le Britannique Kenneth Bigley avait imploré M. Blair d’accéder aux demandes de ses ravisseurs, quelques secondes avant sa décapitation au début du mois.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw a qualifié d’"extrêmement pénible" la vidéo de Mme Hassan, tandis que le Premier ministre irlandais Bertie Ahern a lancé sur Al-Jazira un appel en faveur de la "libération immédiate" de la responsable humanitaire.

Sur le terrain, des échanges de tir ont opposé Marines et résistants près de Falloujah, à l’ouest de Bagdad, utilisant l’artillerie lourde, a indiqué un porte-parole militaire. Jeudi 21 octobre 2004, deux vagues de raids avaient été lancées contre Falloujah, faisant sept morts et trois blessés, selon l’hôpital local.

L’armée américaine a resserré l’étau autour de Falloujah depuis le 14 octobre 2004, bombardant quasi quotidiennement des repaires présumés de l’islamiste Abou Moussab Al-Zarqaoui, lié à Al-Qaïda et accusé de la plupart des attentats, des enlèvements et de l’assassinat d’étrangers, notamment d’Occidentaux.

Un Français âgé de 19 ans, Redouane El Hakim, a été tué, dans la région de Falloujah, en combattant contre la coalition dans les rangs de la résistance irakienne, a-t-on appris de source proche du dossier. Il est le premier Français mort au combat en Irak.

A Bagdad, un religieux sunnite a été arrêté dans la nuit et des violences ont eu lieu autour de mosquées du nord, selon le Comité des oulémas musulmans irakiens.

Un responsable du Comité a accusé des forces irako-américaines d’avoir tenté d’arrêter des imams au nord de Bagdad, en ajoutant qu’elles en avaient été empêchées par les fidèles. Les incidents ont notamment eu lieu à Mossoul et Ishaki, a-t-il dit. L’armée américaine a indiqué ne pas avoir d’information sur des arrestations de religieux mais fait état de heurts près d’une mosquée à Mossoul qui ont tué un Irakien et blessé neuf autres personnes, dont sept soldats américains.

A Bouhrouz, au nord-est de Bagdad, neuf résistants ont été tués et trois blessés, dans des accrochages avec des soldats américains, vendredi 22 octobre 2004.

Au sud de Bagdad, la Garde nationale a indiqué que quatre Irakiens avaient péri dans la nuit, lorsque leur voiture a sauté sur une bombe placée sur une route.

Trois soldats danois ont été blessés, vendredi 22 octobre 2004, dans le sud, dans l’explosion de deux bombes.

Sur le plan politique, les ambassadeurs en Egypte des pays qui participeront à la conférence internationale sur l’Irak doivent se réunir, dimanche 24 octobre, pour préparer la rencontre prévue les 22 novembre et 23 novembre à Charm el-Cheikh (Egypte), a annoncé, vendredi 22 octobre 2004, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit.

La conférence internationale commencera par une réunion, le 22 novembre, des ministres des Affaires étrangères des pays voisins de l’Irak (Syrie, Iran, Jordanie, Arabie Saoudite, Turquie, Koweït), qui sera ensuite élargie, le 23 novembre 2004, aux pays du G8, aux Nations Unies, à la Ligue arabe et à l’Organisation de la Conférence islamique. La France souhaite que la conférence "évoque un horizon" pour le départ des forces étrangères, mais les Etats-Unis refusent de mettre ce point à l’ordre du jour.

Le ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier, avait demandé que toutes les forces politiques irakiennes, "y compris celles qui ont choisi la voie de la résistance par les armes" et seraient prêtes à renoncer à la violence, soient invitées à la conférence.

Les forces qui combattent la coalition seraient plus nombreuses que ce qu’on pensait initialement et disposent de moyens financiers importants, selon le New York Times. Le noyau dur de la résistance compterait 8000 à 12000 personnes. La masse des résistants s’élève à plus de 20000 personnes, en comptant les sympathisants actifs ou les complices.

Les soldats britanniques, qui doivent être redéployés du sud de l’Irak, où le calme est relatif, vers le centre du pays, en proie à une résistance meurtrière, ont reçu leur ordre de marche. Londres a accepté, jeudi 21 octobre 2004, la requête des Etats-Unis de redéployer quelque 850 militaires, sur les 8500 présents en Irak, hors de la zone chiite, pour les envoyer dans le "pays sunnite" où sont déployés les Américains.

Par ailleurs, la justice militaire américaine a commencé à entendre le caporal Charles Graner, accusé d’implication dans le scandale des sévices infligés à des détenus irakiens dans la prison d’Abou Ghraib, au lendemain de la condamnation d’un autre soldat, le sergent-chef Ivan Frederick, à huit ans de prison pour mauvais traitements.

L’administration américaine a remis des milliers de pages de documents sur les tortures infligées par les forces américaines à des prisonniers en Irak et en Afghanistan, incluant des informations sur la mort de trois détenus et les sévices subis par une détenue.

Agence France Presse

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