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samedi 19 août 2017
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AFP, 24 octobre 2004

L’Iran insatisfait de la proposition européenne à propos du nucléaire


Vue de Teheran

TEHERAN (AFP) - Les autorités iraniennes ont qualifié, dimanche 24 octobre 2004, de "déséquilibrée" une proposition européenne demandant à l’Iran de suspendre totalement ses activités d’enrichissement, se disant déterminées à enrichir l’uranium pour fabriquer du combustible pour leurs centrales nucléaires.

Iran


"Les négociations étaient amicales et directes. C’est une proposition préliminaire et non définitive, mais il s’agit d’une proposition déséquilibrée", a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hamid Reza Assefi, lors de son point de presse hebdomadaire. "Il faut renforcer les points positifs, réduire les points négatifs", a-t-il expliqué. La décision d’engager des "négociations avec les Européens est juste", a-t-il affirmé, ajoutant que les Européens devaient donner des garanties pour prouver qu’ils "appliqueront leurs engagements".

Hamid Reza Asefi

M. Assefi a toutefois indiqué que l’Iran rejettera "toute suspension illimitée" de ses activités d’enrichissement d’uranium, comme l’ont réclamé trois pays européens (France, Grande-Bretagne, Allemagne) lors des négociations de Vienne. "Dans leur proposition, les Européens demandent la suspension de l’enrichissement jusqu’à un accord global. Dans les négociations avec les Européens, il n’est pas question d’une suspension illimitée", a ajouté M. Assefi. "Nous devons arriver à un point d’équilibre pour que les inquiétudes des Européens soient levées et que nos intérêts soient garantis dans le cadre du Traité de non-prolifération (TNP)", a-t-il dit. Il a ajouté que l’Iran allait "remettre, mercredi 27 octobre 2004, ses propres propositions" aux trois grands pays européens.

Les installations nucléaires de Parchine, vues par satellite

Dans un entretien avec la télévision d’Etat, Hossein Moussavian, porte-parole de l’équipe des négociateurs iraniens dans le dossier nucléaire, a répété que l’Iran était déterminé à maîtriser le cycle du combustible nucléaire. Ce qui nécessite la poursuite du programme d’enrichissement d’uranium. "Nous n’allons pas compter sur les Européens pour le combustible, l’Iran poursuivra sa voie pour être indépendant en matière de combustible (nucléaire)", a-t-il déclaré.

Les installations nucléaires de Natanz, vues par satellite

M. Moussavian a affirmé par ailleurs que son pays avait coopéré avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour clarifier les ambiguïtés et "allait poursuivre sa coopération pour lever toutes les ambiguïtés". "Les Européens veulent régler le problème dans le cadre de négociations avec l’Iran, ce qui déplaît aux Américains" a encore affirmé M. Moussavian.

Les installations nucléaires de Natanz, vues par satellite

Jeudi 21 octobre 2004, à Vienne, les trois pays européens ont demandé à Téhéran de suspendre totalement ses activités d’enrichissement d’uranium, pour éviter que le dossier du nucléaire iranien soit envoyé devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, qui pourrait décider de sanctions à l’encontre de Téhéran. Selon un document confirmé de sources diplomatiques, Paris, Berlin et Londres ont proposé de fournir à Téhéran de la technologie nucléaire civile, y compris éventuellement un réacteur à eau légère, une fois que l’Iran aura prouvé qu’il ne cherche pas à se doter de l’arme atomique.

Le siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), à Wien

Au préalable, les trois pays demandent que Téhéran suspende sine die toutes ses activités d’enrichissement et renonce à la construction d’un réacteur à eau lourde à Arak (200 km au sud-ouest de Téhéran) capable de produire du plutonium.

Les installations nucléaires d’Arak, vues par satellite

Pour sa part, le secrétaire d’Etat américain Colin Powell a déclaré, samedi 23 octobre 2004, que les Etats-Unis ne voyaient aucun signe que l’Iran se conforme aux demandes de la communauté internationale pour suspendre ses activités nucléaires et allaient continuer leur "marche" pour que le dossier nucléaire iranien soit envoyé au Conseil de sécurité des Nations Unies.

Agence France Presse

Vue de Teheran

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