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jeudi 25 mai 2017
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Reuters, AFP, 25 octobre 2004

Irak : Bagdad aurait prévenu Washington de la disparition d’explosifs


NEW YORK (Reuters) - Le gouvernement provisoire irakien a informé les autorités américaines et les inspecteurs de l’AIEA de la disparition de près de 380 tonnes d’explosifs conventionnels à Al Kakaa, une ancienne installation militaire, rapporte, lundi 25 octobre 2004, le New York Times.


Le journal cite des responsables de la Maison blanche et du Pentagone, ainsi qu’au moins un ministre irakien, selon lesquels ces explosifs ont disparu du site peu après l’invasion du pays en mars 2003 par les forces sous commandement américain, qui a donné lieu à une vague de pillages. Dans un entretien accordé à Bagdad au journal et à la télévision CBS, le ministre irakien des Sciences et des Technologies, Rachad M. Omar, confirme que ces explosifs ont disparu. La conseillère de la Maison blanche à la sécurité nationale, Condoleezza Rice, n’a été informée de cette disparition qu’au cours du mois dernier, écrit le Times, ajoutant qu’on ignore si le président américain George Bush en était lui-même conscient. Selon l’article du NYT, ces explosifs peuvent être utilisés pour détruire des bâtiments, fabriquer des ogives et entrer dans la composition de détonateurs pour des armes nucléaires.

Des responsables de l’administration américaine ont déclaré, dimanche 24 octobre 2004, que l’Iraq Survey Group, une cellule spéciale de la CIA chargée de rechercher en Irak des armes non conventionnelles, s’est vu confier la mission d’enquêter sur la disparition de ces explosifs, écrit le journal. Les experts en armements américains craignent que les explosifs volés ne servent à attaquer les forces américaines ou irakiennes, qui sont fréquemment la cible d’attentats à la bombe, écrit le journal.

Des diplomates européens ont déclaré au journal que l’Agence internationale de l’énergie atomique avait mis les Etats-Unis en garde contre le danger que représentaient ces explosifs avant le déclenchement de l’opération américaine en Irak, et qu’après l’invasion elle avait signifié clairement aux autorités américaines qu’il fallait les surveiller étroitement.

Reuters

Voiture piégée à Bagdad, l’armée irakienne meurtrie

Un diplomate américain a été tué, dimanche 24 octobre 2004, dans une attaque au mortier sur Camp Victory, près de l’aéroport de Bagdad. Ed Seitz, officier de sécurité à l’ambassade, est le premier diplomate américain tué dans le conflit irakien, a indiqué un responsable du département d’Etat.

Une voiture piégée a explosé, lundi 25 octobre 2004, dans le quartier résidentiel de Karrada à Bagdad faisant de nombreuses victimes. La voiture piégée a explosé vers 08h00, pas loin d’une école proche de la Zone verte, le secteur sécurisé du centre de Bagdad où se trouvent le siège du gouvernement et les ambassades américaine et britannique. Un correspondant de l’AFP a vu des débris provenant du véhicule piégé et des corps de victimes sur les lieux de l’explosion.

L’armée irakienne a connu une de ses journées les plus sanglantes avec le massacre, samedi 23 octobre, de près de 50 soldats irakiens, dans une embuscade, au nord de Bagdad. "Les corps de 37 nouvelles recrues tuées par balles, dont certaines avaient les mains liées, ont été retrouvés au bord de la route, et les corps de 12 autres se trouvaient à bord d’un minibus incendié à quelque mètres de là", a déclaré le porte-parole du ministère de l’Intérieur, le colonel Adnane Abdel Rahmane. "Les recrues, toutes originaires des provinces du sud de l’Irak, à majorité chiite, revenaient, samedi 23 octobre, chez elles, à bord de trois bus, quand elles ont été interceptées par un groupe d’hommes armés dans la province de Diyala", a-t-il dit. Les recrues avaient célébré, samedi 23 octobre 2004, leur promotion, après 20 jours d’entraînement. L’attaque a eu lieu sur une route, à 25 km à l’est de Baaqouba, chef-lieu de la province de Diyala, théâtre de fréquentes attaques contre les forces irakiennes et étrangères. Un site internet islamiste a publié une revendication de ce massacre, attribuée à l’Organisation Al-Qaïda du Jihad dans le pays du Rafidaïn (nom arabe de la mésopotamie), le nouveau nom du groupe du jordanien Abou Moussab Al-Zarqaoui, ennemi numéro un des Etats-Unis en Irak.

Ailleurs en Irak, les violences n’ont pas connu de répit. L’armée américaine a indiqué avoir lancé un raid aérien contre un repaire présumé de rebelles à Falloujah, à l’ouest de Bagdad. La police et l’hôpital de la ville ont fait état de six morts, dont trois policiers.

A Ramadi, à 100 km à l’ouest de Bagdad, les corps d’un policier irakien et d’une personne avec un billet le présentant comme un "espion syrien à la solde des forces américaines" ont été découverts, selon la police locale. Selon des sources hospitalière dans cette localité, cinq autres personnes ont été tuées et 18 autres blessées dans la journée lors d’affrontements entre hommes armés et soldats américains.

Au nord de Kerbala, un dignitaire religieux chiite et un policier ont été tués par des tirs d’inconnus, selon la police locale.

D’autre part, à l’ouest de Kirkouk, le corps d’un inconnu décapité a été repêché dans le Tigre, selon la police, qui ne l’a pas identifié.

Près de Kerbala, à une centaine de kilomètres au sud de Bagdad, un militaire bulgare a été tué par l’explosion accidentelle d’un camion rempli d’explosifs, a annoncé Sofia.

A Sadr City, quartier chiite de Bagdad, l’armée américaine a lancé une opération de recherche d’armes, après une campagne qui a permis de collecter des milliers de mines, fusils et munitions en échange desquels les autorités ont payé quelque cinq millions de dollars.

Enfin, l’ONU, par la voix de son émissaire en Irak, s’est dit prête à aider les Irakiens en vue d’éviter le boycottage des élections prévues en janvier 2005 par les sunnites. Ashraf Jehangir Qazi, envoyé spécial en Irak du secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, a affirmé que l’ONU "était prête à jouer le rôle" de négociateur pour empêcher un boycottage. Le Comité des oulémas sunnites a menacé de boycotter les élections en cas de poursuite de l’offensive américaine sur Falloujah, à 50 km à l’ouest de Bagdad.

Agence France Presse

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