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Le Monde, 26 octobre 2004

Irak : L’armée américaine accroît sa pression sur Fallouja


L’armée américaine a renforcé, mardi 26 octobre 2004, ses positions autour de la ville de Fallouja, où elle affirme avoir tué dans un raid aérien l’un des complices de l’activiste jordanien Abou Moussab Al-Zarkaoui.


Des témoins rapportent que des véhicules blindés américains ont bloqué, mardi 26 octobre 2004, la principale route menant en Jordanie, qui passe juste au nord de Fallouja, bastion de la résistance sunnite irakienne situé à 50 km à l’ouest de Bagdad. Un civil irakien a été tué près d’un poste de contrôle de l’armée américaine sur cette route, ont ajouté les témoins. L’armée a déclaré qu’elle vérifiait cette information.

Des avions américains ont également survolé les lieux alors que des US marines prenaient position dans des bâtiments à l’abandon situés autour de la ville. Il ne reste plus qu’une route ouverte à la circulation des civils pour sortir de Fallouja. De nombreuses familles ont d’ailleurs quitté la ville, par crainte d’un assaut prochain de l’armée américaine visant à ramener la ville sous le contrôle du gouvernement intérimaire irakien avant les élections prévues en janvier 2005.

Un haut responsable de la résistance abattu

L’état-major américain a déclaré dans la matinée avoir abattu un complice du groupe d’Abou Moussab Al-Zarkaoui, sans toutefois préciser ni son identité ni sa nationalité. Samedi 23 octobre 2004, l’armée avait déjà affirmé avoir capturé un "haut responsable" du groupe extrémiste. La "frappe de précision" est intervenue, à 03h00, dans le nord-ouest de la ville sunnite, selon un communiqué. "De multiples sources ont rapporté qu’un complice notoire du réseau Zarkaoui était présent au moment de l’attaque". Selon des habitants, une maison a été détruite et trois autres ont été endommagées durant le raid. De source hospitalière, on déclare n’avoir vu arriver aucune victime.

L’armée considère que les raids des derniers jours ont porté un coup sévère au groupe d’Al-Zarkaoui, et elle cite la récente déclaration d’allégeance de ce dernier au réseau Al-Qaida comme un signe de faiblesse. Des habitants de Fallouja démentent que des activistes étrangers commandés par Abou Moussab Al-Zarkaoui, dont la tête a été mise à prix 25 millions de dollars (19,5 millions d’euros) par Washington, soient présents dans la ville. Ils ajoutent que les principales victimes des raids américains sont des civils.

Le groupe d’Abou Moussab Al-Zarkaoui, qui a revendiqué nombre d’attentats et d’enlèvements, a changé de nom la semaine dernière pour prendre celui d’"Organisation d’Al-Qaida pour la guerre sainte en Irak", en annonçant sur un site Internet qu’il s’était uni au réseau d’Oussama Ben Laden.

L’aile saoudienne d’Al-Qaida a rendu hommage, mardi 26 octobre 2004, à Abou Moussab Al-Zarkaoui, et a affirmé que cette déclaration d’allégeance allait permettre de contrecarrer les plans des "croisés" dans la région.

Menaces

Le ministre des affaires étrangères irakien, Hochyar Zebari, a assuré que le gouvernement irakien cherchait toujours à obtenir une solution politique à Fallouja pour "séparer la population locale des combattants étrangers, des terroristes". "Nous essayons d’épuiser toutes les voies politiques avant de prendre une décision finale", a-t-il dit à la BBC.

Un groupe armé a menacé de s’en prendre aux militaires américains et irakiens ainsi qu’aux fonctionnaires du gouvernement de Bagdad "après l’échec" des discussions sur Fallouja, dans un communiqué cité, mardi 26 octobre 2004, par la chaîne Al-Arabiya, qui a diffusé une vidéo de résistants de ce groupe. Le groupe, se présentant comme le "Mouvement de la résistance islamique en Irak", "a menacé d’attaquer tous les objectifs militaires relevant des forces américaines et irakiennes", a indiqué la chaîne de télévision satellitaire basée à Dubaï.

Par ailleurs, le premier ministre irakien par intérim, Iyad Allaoui, a déclaré que des "négligences majeures" de la coalition sous commandement américain étaient à l’origine du massacre ce week-end de 49 soldats irakiens. "Nous croyons que cette affaire est le résultat de négligences majeures d’une certaine partie des (forces) multinationales", a-t-il dit devant l’Assemblée nationale provisoire, sans livrer plus d’explications.

Lundi 25 octobre, Iyad Allaoui avait ordonné l’ouverture d’une enquête pour déterminer si les auteurs du massacre avaient bénéficié de complicités au sein de l’armée. Les corps des 49 recrues de la nouvelle armée nationale irakienne ont été découverts, samedi 23 octobre et dimanche 24 octobre 2004, au nord-est de Bagdad. Les victimes avaient été tuées d’une balle dans la tête.

Trois jours après ce massacre, l’Armée d’Ansar Al-Sounna a publié, sur Internet, les photos de onze membres de la garde nationale irakienne, qu’elle affirme détenir en otage. Dans un communiqué, daté du 21 octobre 2004, le groupe déclare avoir capturé les onze hommes lors d’une embuscade tendue sur une route reliant Bagdad à Hilla, au sud de la capitale irakienne.

Deux bombes ont par ailleurs explosé, mardi 26 octobre 2004, au passage de patrouilles de police, dans la ville de Baaqouba, à 65 km au nord-est de Bagdad, tuant un policier et en blessant sept autres, ont annoncé les forces de l’ordre. Deux civils ont également été blessés.

A Mossoul, deux voitures piégées, visant vraisemblablement un convoi américain, ont explosé, sans faire de victime. Mais deux civils ont été blessés lors des échanges de tirs qui ont suivi les explosions.

Avec AFP et Reuters

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