retour article original

mardi 27 juin 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives France (2ème partie) : De septembre 2004 à décembre 2004
AFP, 27 octobre 2004

France : L’écrevisse de Lousiane, fléau des cours d’eau du Sud Ouest


BORDEAUX (AFP) - Très prisée par les pêcheurs, l’écrevisse de Louisiane est pourtant un véritable fléau pour la faune et la flore des cours d’eau et des marais du sud-ouest, où cette espèce invasive ne cesse de proliférer depuis quelques années.


"La colonisation a commencé il y a sept ans dans les marais du nord de la Gironde mais aujourd’hui elle s’étend à l’ensemble du département", explique Nicolas Bordes, technicien de l’environnement au Conseil supérieur de la pêche de Gironde.

"Aujourd’hui, nous n’avons aucun moyen pour freiner son expansion", se désole Stéphane Builles, garde à la réserve naturelle des marais de Bruges, près de Bordeaux, où les écrevisses de Louisiane ont fait leur apparition en 1999. "Elle atteint des densités gigantesques", explique ce jeune garde qui a "recensé de 2 à 3 tonnes d’écrevisses par hectare" sur la réserve naturelle de Bruges.

Les "procambarus clarkii", reconnaissables à leur petit abdomen et à leurs longues pinces hérissées de minuscules piquants rouges, sont originaires des "bayous" du Mississippi, des zones humides propices aux alligators. Elles auraient été introduites en Europe à la fin des années 1970 par des mareyeurs.

Cette bestiole agressive et vorace est désormais présente dans les étangs, cours d’eau et marais des Landes, de la Dordogne, du Lot-et-Garonne, des Pyrénées-Atlantiques et du Gers. "Elle s’attaque à tout ce qui est à portée de pince", constate Stéphane Builles, qui travaille pour la Fédération des Sociétés pour l’Étude, la Protection et l’Aménagement de la Nature dans le Sud Ouest (Sepanso).

Ce crustacé vorace consomme en effet une grande variété de proies (insectes, poissons, mollusques...) et détruit les végétaux aquatiques, déstabilisant ainsi l’écosystème. "Nous avons par exemple remarqué que depuis son apparition dans le marais de Bruges, les libellules disparaissent car les écrevisses mangent les larves des insectes aquatiques", rapporte M. Builles, qui a effectué un mémoire de fin d’études sur cette espèce invasive.

L’écrevisse de Louisiane est également porteuse d’un champignon qui décime à 100 % les populations d’écrevisses autochtones, notamment l’écrevisse à pattes blanches, beaucoup plus savoureuse, selon les fins gourmets, mais désormais au bord de l’extinction.

Cette espèce prolifique "creuse partout des terriers de plus de 2 m de profondeur, notamment en période de sécheresse, ce qui endommage les digues et les berges", remarque l’écologiste de la Sepanso.

Autre souci de taille : elle a un fort taux de reproduction avec deux pontes par an de 700 oeufs par femelle et elle se montre très résistante aux eaux polluées et aux conditions extrêmes.

Dans le sud ouest, ces petites bestioles sont pourtant très prisées des pêcheurs qui les pêchent régulièrement, le long des rivières, par poubelles entières. "Cela n’influence malheureusement que très peu les effectifs", remarque Nicolas Borde, qui rappelle qu’"il est interdit de la transporter ou de la commercialiser vivante".

"Aujourd’hui, nous n’avons aucun moyen pour freiner son expansion", regrette Stéphane Builles qui a pourtant, dans ces marais, placé quelques nasses, mais sans vraiment croire à l’efficacité à grande échelle de ces piéges.

Agence France Presse

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source