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vendredi 24 mars 2017
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AFP, 30 octobre 2004

Irak : 8 Marines tués ; attentat à Bagdad


BAGDAD (AFP) - A trois jours du scrutin présidentiel américain, un attentat a fait au moins sept morts, samedi 30 octobre 2004, à Bagdad, et huit Marines ont été tués dans la province d’Al-Anbar, où les villes sunnites de Falloujah et Ramadi restaient sous tension.


En début d’après-midi, un attentat à la voiture piégée a fait au moins sept morts et seize blessés, près des bureaux de la télévision Al-Arabiya, dans le quartier Mansour, dans le sud-ouest de la capitale, selon la chaîne. Parmi les morts figurent un garde de sécurité de l’immeuble d’Al-Arabiya et un employé administratif, a précisé la chaîne satellitaire basée à Dubaï. Il n’est pas établi si elle était visée par l’attentat.

Par ailleurs, huit Marines ont été tués et neuf blessés dans la province d’Al-Anbar, à l’ouest de Bagdad, en menant "des opérations de sécurité", selon un communiqué militaire, dans lequel les circonstances de leurs décès n’étaient pas précisées. Ces morts portent à 1.112 le nombre de militaires américains tombés en Irak depuis l’invasion du pays en mars 2003, selon les chiffres du Pentagone. Il s’agit du bilan le plus lourd en une journée pour l’armée américaine dans cette province d’Al-Anbar où se trouvent les villes sunnites de Falloujah et Ramadi, toutes deux sous tension samedi 30 octobre 2004.

A Falloujah se déroulaient des tractations de "la dernière chance", selon l’expression du bureau du Premier ministre Iyad Allaoui, avant une possible offensive militaire destinée à chasser l’islamiste jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, soupçonné de se cacher dans la ville. Ce qui n’a pas empêché les échanges de tirs entre résistants et Marines, ni le bombardement d’un site présumé de lancement d’obus, selon l’armée.

A Ramadi, l’armée américaine a commencé de doubler ses effectifs pour les porter à 2000 hommes, selon un porte-parole militaire.

Les offensives se poursuivaient aussi dans la province de Babylone, au sud de Bagdad, où les troupes britanniques redéployées dans la région devaient commencer leurs patrouilles samedi 30 octobre 2004. A la demande de Washington, Londres a accepté de transférer environ 850 hommes du sud du pays vers le "pays sunnite" plus dangereux.

Dans le nord du pays, deux civils et le chauffeur d’un camion irakiens ont été tués, samedi 30 ocrobre 2004, à Kirkouk et dans sa région, a annoncé la police qui a aussi découvert le corps criblé de balles de l’un de ses membres enlevés la veille.

Au sujet des enlèvements, quatre personnes ont été ajoutées, samedi 30 octobre 2004, à la liste des otages détenus en Irak. Un Soudanais travaillant comme interprète pour une entreprise américaine a été enlevé, a annoncé Al-Arabiya, selon laquelle ses ravisseurs exigent le départ d’Irak de cet employeur. Un chauffeur de camion somalien et deux Irakiens ont également été capturés, dans des attaques distinctes, dans le nord de l’Irak, selon des sources policières.

De son côté, le gouvernement japonais a assuré -contrairement à ce qui avait été annoncé précédemment- que le corps découvert en Irak et transféré au Koweït n’était pas celui de Shosei Koda, un routard de 24 ans enlevé par un groupe islamiste.

Le comité des Oulémas (sunnite) a appelé lors d’une conférence de presse à libérer Margaret Hassan, responsable de l’oragnisation CARE en Irak enlevée, le 19 octobre 2004, à Bagdad.

Sur la scène internationale, le Vatican a annoncé que le pape Jean-Paul 2 recevrait en audience le Premier ministre Iyad Allaoui le jeudi 4 novembre 2004.

Aux Etats-Unis, la presse revenait sur la diffusion, vendredi 29 octobre au soir, par la chaîne satellitaire Al-Jazira, d’une vidéo d’Oussama Ben Laden dans laquelle le chef du réseau terroriste Al-Qaïda s’en prenait à la politique irakienne du président américain George W. Bush et menaçait d’organiser de nouveaux attentats. Les médias estimaient généralement que cette cassette n’aurait pas un énorme impact sur l’élection présidentielle, jugeant qu’elle pouvait jouer aussi bien en faveur du candidat républicain George W. Bush que du démocrate John Kerry. George W. Bush a cependant demandé à ses principaux conseillers de prendre les mesures "qui s’avèreraient nécessaires" pour répondre à ces menaces.

Tractations entre une délégation officielle et des notables de Falloujah

Des tractations sur une sortie de crise se poursuivaient, entre une délégation officielle et des notables de la ville de Falloujah, à l’ouest de Bagdad, et devraient bientôt donner des résultats, ont indiqué, samedi 30 octobre, des responsables irakiens. "Les notables de Falloujah sont à Bagdad et certains d’entre eux ont rencontré aujourd’hui (samedi 30 octobre 2004) M. Allaoui", a déclaré à l’AFP un membre de la délégation officielle, sous le couvert de l’anonymat, en référence au Premier ministre Iyad Allaoui. "Les tractations se poursuivent et nous attendons une réponse" des notables de Falloujah aux propositions du gouvernement, a-t-il ajouté.

Les pourparlers ont commencé, mercredi 27 octobre 2004, au lendemain de l’accord donné par M. Allaoui à une médiation proposée par des membres du Conseil national (assemblée provisoire), a déclaré de son côté à l’AFP Jawad al-Maliki, qui a formé la délégation. Il a précisé qu’elle était composée de quatre membres du Conseil national et avait rencontré, à Bagdad, des notables de la ville, située à 50 km à l’ouest de la capitale. "Ces négociations se poursuivent et jusqu’à présent, nous n’avons pas été informés de leurs résultats", a dit M. Maliki, qui n’a pas été impliqué directement dans les tractations. Un membre de la délégation a affirmé, sous couvert d’anonymat, que le gouvernement insistait sur certains points et les notables de Falloujah sur d’autres, ce qui pouvait bloquer la situation. "L’important pour nous est de régler la situation pacifiquement", a-t-il poursuivi.

Un porte-parole du bureau de M. Allaoui avait indiqué, vendredi 29 octobre 2004, que cette médiation pourrait être la "dernière chance" donnée à Falloujah avant le lancement d’une offensive militaire contre la ville où, selon l’armée américaine, l’islamiste jordanien Abou Moussab Al-Zarqaoui aurait établi son quartier général. Mais le Premier ministre a posé, selon un communiqué de son bureau, trois conditions à Falloujah : "remettre les terroristes étrangers ou aider à leur capture", "permettre à la police et à la Garde nationale irakiennes d’entrer dans la ville (...) avec un soutien de la Force multinationale" et "remettre les armes lourdes aux forces de sécurité irakiennes". Or, lors de la dernière session de tractations directes entre des ministres et des notables de Falloujah, ces derniers avaient indiqué qu’ils ne pouvaient garantir le départ des combattants étrangers.

Depuis le 14 octobre 2004, l’armée américaine a resserré l’étau autour de Falloujah, multipliant raids aériens et opérations terrestres. Un commandant des Marines déployés dans la région a affirmé, vendredi 29 octobre 2004, qu’ils étaient prêts à lancer l’assaut, si le gouvernement irakien le demandait.

Agence France Presse

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