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AFP, 27 janvier 2004

Iran : Le Guide suprême intervient de nouveau pour sortir de la crise


Vue de Teheran

TEHERAN (AFP) - Le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, est de nouveau intervenu dans les querelles entre conservateurs et réformateurs pour désamorcer une crise politique s’aggravant de jour en jour et menaçant la tenue des législatives le 20 février.

Le tout-puissant ayatollah a décidé lundi soir avec les chefs des trois pouvoirs de mandater quatre ministres pour trouver urgemment comment sortir de la crise provoquée par le rejet massif des candidatures réformatrices aux législatives, a indiqué mardi le président réformateur du parlement Mehdi Karroubi cité par Irna.

Ali Khamenei et Mohammad Khatami


Quelques heures après, le président réformateur Mohammad Khatami a exclu une annulation ou un report du scrutin en faisant valoir que les Iraniens avaient voté "même quand le pays était soumis à l’occupation (d’une partie de son territoire) et aux bombardements de l’ennemi", pendant la guerre contre l’Irak (1980-1988).

Les ministres des Renseignements, du Pétrole, du Commerce et de l’Industrie, réputés pour ne pas être trop proches des camps conservateur ou réformateur, ont jusqu’à jeudi après-midi pour travailler sur les circonscriptions où toute concurrence aurait été rendue impossible par l’invalidation des candidatures, a indiqué M. Karroubi.

Mehdi Karroubi

Le lendemain, le Conseil des gardiens, institution conservatrice clé, devra avoir remis au ministère de l’Intérieur, chargé d’organiser les élections, les listes de candidats révisés par ses soins.

Les commissions de contrôle électoral conservatrices ont provoqué une crise majeure en invalidant 3.605 des 8.157 candidatures aux législatives. Le droit de se présenter a été dénié surtout à des réformateurs, dont 80 députés sortants et plusieurs personnalités de premier plan.

Le Guide a déjà usé de ses pouvoirs en ordonnant au Conseil des gardiens, veillant au respect de la loi islamique et de la Constitution mais ayant aussi la haute main sur la validation des candidatures, de réétudier les dossiers avec plus d’indulgence.

Le Guide a cette fois réuni lundi soir MM. Khatami et Karroubi et le chef conservateur de la justice, Mahmoud Hachémi Chahroudi. Cette réunion a "donné de bons résultats", a affirmé M. Karroubi. Selon lui, les quatre ministres peuvent "mettre de côté leur travail" habituel pour se consacrer à sortir la République islamique de la crise.

Les réformateurs, qui contrôlent la présidence, le gouvernement et le parlement, ont en effet menacé d’une démission collective qui risquerait de paralyser le pays.

Le porte-parole du gouvernement, Abdollah Ramezanzadeh, a dit lundi que le gouvernement pourrait ne pas organiser les élections.

Abdollah Ramezanzadeh

Quelques heures après la rencontre avec le Guide, M. Khatami a assuré que la consultation, dont le report aurait des conséquences incalculables, aurait bien lieu le 20 février : "Le programme du gouvernement, c’est d’organiser des élections libres, saines et ouvertes à la concurrence, et il ne fait pas de doute que nous organiserons de telles élections".

Au-delà les effets de tribune, réformateurs et conservateurs se sont constamment employés à un compromis en coulisses.

Selon M. Karroubi, lors d’une rencontre dimanche avec le chef du Conseil des gardiens, l’ayatollah Ahmad Janati, ce dernier a assuré que 500 candidats avaient été repêchés.

Ahmad Janati

Les réformateurs ne s’en satisfont pas et réclament que tous les candidats soient repêchés lorsque leur disqualification n’est pas prouvée.

Ils ont abandonné mardi un projet de réforme électorale urgente qu’ils présentaient comme celui de la dernière chance, rapprochant ainsi le moment de mettre ou non à exécution leurs menaces.

Pour autant, "le Majlis (parlement) ne capitulera pas", a juré le réformateur ultra-progressiste Mohsen Armin, "nous allons poursuivre les sit-in et intensifier la protestation".

Mohsen Armin

Plusieurs dizaines de députés ont poursuivi leur sit-in au parlement. Les étudiants, qui ont souvent constitué la principale force de contestation, ont affirmé les avoir rejoints pour la première fois.

Agence France-Presse

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