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Le Monde, 4 novembre 2004

Côte d’Ivoire : La zone rebelle bombardée par l’armée gouvernementale


Deux avions militaires des forces armées ivoiriennes régulières ont bombardé, jeudi 4 novembre 2004, à deux reprises, Bouaké, le fief des ex-rebelles des Forces Nouvelles (FN), a appris l’AFP, de source militaire française, à Abidjan.


Ces avions, deux Sukhoï 25, ont largué des bombes, vers 11h20, dans le secteur de Bouaké, selon cette source qui n’a pu indiquer où ces bombes avaient été larguées, ni si elles avaient fait des victimes.

La ville de Bouaké avait été mitraillée et bombardée une première fois, jeudi 4 novembre 2004, vers 07h15, avait-on appris de sources concordantes à Abidjan. Au moins un avion avait tiré une rafale sur un barrage de contrôle, à la sortie nord de Bouaké, sur la principale route menant au nord du pays, avait affirmé le commandant militaire du secteur de Bouaké, Chérif Ousmane, interrogé par téléphone depuis Abidjan. Plusieurs personnes avaient été légèrement blessées, selon Chérif Ousmane.

Ces opérations, qui ont fait quelques blessés légers, dans la région de Bouaké, en zone des ex-rebelles, jeudi 4 novembre 2004, témoignent du blocage enregistré dans l’application des accords de paix de Marcoussis, en janvier 2003. Les autorités françaises se sont estimées très "préocccupées" par le regain de tension dans la région. Les communication téléphoniques avec Bouaké sont impossibles depuis 11h00.

A Abidjan, les membres l’état-major des Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (Fanci, armée régulière loyaliste) n’étaient pas joignables depuis le milieu de la matinée. L’état-major des forces armées ivoiriennes n’a pas voulu se prononcer sur cette opération. Mais un haut dirigeant militaire a déclaré, sous couvert de l’anonymat, que les forces ivoiriennes ont engagé, jeudi 4 novembre 2004, des "actions limitées et ciblées" contre des positions des ex-rebelles à Bouaké. "Il n’y a pas d’offensive générale à l’ordre du jour", selon cette source soulignant que les bombardements effectués dans la matinée, à deux reprises, avaient visé "des objectifs matériels militaires" des ex-rebelles.

"On pense que c’est la population civile qui était visée", a préciséde son côté Chérif Ousmane, ajoutant que "c’est une action très grave". Ce mitraillage a déclenché une "grande panique" au sein de la population de Bouaké, deuxième ville de Côte d’Ivoire, a indiqué un habitant.

Les autorités françaises ont fait savoir que cette attaque suscite une "préoccupation extrême", a déclaré, jeudi 4 novembre 2004, le porte-parole du ministère de la défense, Jean-François Bureau.

Tensions récentes

Depuis le coup d’Etat raté du 19 septembre 2002, la Côte d’Ivoire est coupée en deux par une "zone de confiance", sécurisée par les Casques bleus. L’accord de cessez-le-feu du 4 juillet 2003 mettant fin à l’état de guerre a été violé, pour la première fois, en juillet 2004, lors d’une incursion d’ex-rebelles dans la région de Gohitafla, en zone loyaliste, dans l’ouest du pays.

Une certaine tension est perceptible en Côte d’Ivoire, depuis plusieurs jours, après l’instauration d’un couvre-feu dans le nord du pays, chez les ex-rebelles, qui ont décrété la semaine dernière "l’état d’alerte maximale" suite à la découverte, selon eux, d’armes provenant du Sud. En réponse, l’armée ivoirienne avait fermé, en début de semaine les deux axes routiers principaux reliant le Nord au Sud.

Cette tension fait suite au blocage politique enregistré dans l’application des accords de paix de Marcoussis, signés en France en janvier 2003 et réactivés par l’accord d’Accra au mois de juillet 2004. Ces accords prévoient des réformes politiques et un désarmement des ex-combattants. Le 15 octobre 2004, les ex-rebelles avaient refusé de désarmer, exigeant que les réformes soient votées avant tout désarmement. Ils accusent la présidence de les bloquer.

Par ailleurs, un sabotage a interrompu, jeudi 4 novembre 2004, la diffusion des émissions de Radio France Internationale (RFI), de la BBC et d’Africa N°1, sur la bande de modulation de fréquence (FM) à Abidjan, a indiqué l’AFP.

Un groupe de sept personnes s’est introduit, à 02h00, dans le local technique commun à ces trois radios, dans le quartier des affaires du Plateau. Après avoir maîtrisé le gardien, ce commando a enlevé les cartes de modulation permettant la diffusion sur la bande FM dans un rayon de 100 km autour d’Abidjan, a précisé cette source. Ces trois radios sont très écoutées dans la capitale économique de la Côte d’Ivoire.

Avec AFP

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