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mardi 23 mai 2017
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AFP, 5 novembre 2004

Iran : Annonce de négociations "dures" et "compliquées" à propos du nucléaire


Vue des installations nucléaires d’Arak

TEHERAN (AFP) - L’un des acteurs iraniens des négociations avec les Européens sur le nucléaire s’est déclaré "optimiste" sur l’issue des tractations prévues, vendredi 5 novembre 2004, à Paris, avec les Européens, mais a reconnu qu’elles s’annonçaient "dures" et "compliquées".

Iran


"Je suis optimiste car les deux parties sont déterminées à trouver un accord qui les satisfasse toutes deux", a déclaré Hossein Moussavian, l’un des principaux responsables du nucléaire iranien, à la télévision d’Etat avant les entretiens. Mais, a-t-il ajouté, "les deux parties montrent plus de sérieux pour que l’accord soit opérationnel, ce qui rend le travail plus compliqué", a-t-il dit. "Nous allons au devant de dures négociations", a-t-il insisté. Il a fait état de "nouvelles propositions" des deux bords, "plus concrètes et réalisables" que les précédentes, indiquant que cela avait "rendu les choses plus difficiles pour nous". Mais, a-t-il ajouté, "nous avons atteint le point où nous devons parvenir à un résultat".

Hossein Moussavian

L’islam s’oppose à la fabrication de l’arme nucléaire et les Etats-Unis veulent entraver l’indépendance de l’Iran en prétendant qu’il cherche à s’en doter, a affirmé, vendredi 5 novembre 2004, le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, dans un violent réquisitoire contre le "gang Bush". "Non Messieurs, nous ne cherchons pas à avoir l’arme nucléaire", a lancé le Guide, "fabriquer, posséder l’arme nucléaire ou s’en servir, tout cela pose problème, j’ai exprimé ma conviction religieuse à ce propos, et tout le monde sait cela".

Ali Khamenei (à droite de l’image)

M. Khamenei, fait rare, dirigeait la prière du vendredi 5 novembre 2004, à l’université de Téhéran, deux jours après la réélection de George W. Bush à la présidence américaine et le jour où les représentants des Européens devaient avoir avec les Iraniens à Paris une troisième réunion pour tenter d’éviter que la République islamique ne soit traînée devant le Conseil de sécurité de l’ONU, à cause de ses activités nucléaires.

Le Conseil de sécurité de l’ONU

Les Européens veulent convaincre les Iraniens de renoncer à toutes les activités d’enrichissement d’uranium car c’est la seule garantie probante, selon eux, que la technologie produisant le combustible pour les futures centrales civiles iraniennes n’est pas détournée au profit de l’arme atomique. Le temps presse : l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) se réunit, à partir du 25 novembre 2004, à Vienne, et devrait se prononcer sur la nécessité d’en référer au Conseil de sécurité, comme l’en pressent les Etats-Unis, si l’Iran ne cède pas.

Le siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), à Wien

Les Iraniens ont opposé une fin de non-recevoir catégorique à un arrêt de l’enrichissement, invoquant les aléas d’un approvisionnement en combustible par l’étranger et faisant valoir qu’aucun texte international ne leur interdit d’enrichir à des fins civiles. Ils ont signifié qu’ils pourraient accepter de suspendre pendant six mois, au maximum, le temps de trouver un accord à long terme avec les Européens sur les contreparties que ces derniers leur offriraient.

Vue des installations nucléaires d’Arak

La question est donc de savoir si les Européens sont prêts à se contenter d’un engagement iranien d’abord limité, avec la ferme intention de le pérenniser, et si les Iraniens se satisferont des offres des Européens. Selon M. Moussavian, l’exigence européenne de "suspension pour une durée indéterminée a été mal traduite depuis le début en suspension illimitée, ce qui signifie permanente et ce qui a été cause de malentendu ; les Européens voulaient dire que la durée de la suspension ne serait pas déterminée et non pas qu’elle se poursuivrait continuellement".

Vue des installations nucléaires de Bouchehr

Cité par l’agence officielle Irna, M. Moussavian n’a pas exclu que le Conseil de sécurité soit saisi. "L’Iran ne se prêtera à aucun compromis sur son droit à maîtriser le cycle du combustible (c’est-à-dire l’enrichissement, NDLR) ; tel est le droit de l’Iran en vertu du Traité de non-prolifération, et ce droit ne doit pas être dénié au cours de ces négociations, même si le prix à payer, c’est de se retrouver devant le Conseil de sécurité", a-t-il dit. "Tout plan qui signifie un arrêt et un renoncement de la part de l’Iran à l’enrichissement est catégoriquement exclu", a-t-il insisté. Il a dénoncé une "stratégie" de l’Occident qui consiste à "prendre en otage" le dossier nucléaire iranien.

Agence France Presse

Vue des installations nucléaires de Bouchehr

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