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samedi 29 avril 2017
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AFP, 5 novembre 2004

France : Les agriculteurs bretons dénoncent le dumping salarial des pays de l’Est


RENNES (AFP) - "Très, très déçus" par les réponses du ministère de l’Agriculture à la crise légumière, et notamment du chou-fleur, les producteurs bretons ont annoncé, vendredi 5 novembre 2004, à Rennes, la poursuite de leur combat pour la survie de la production bretonne et contre la "concurrence déloyale".


"La bagarre va continuer. Elle ne fait que commencer", a lancé, vendredi 5 novembre 2004 après-midi, à Rennes, Thierry Merret, un des cinq délégués reçus, dans la matinée, par le directeur de cabinet d’Hervé Gaymard à Paris. Il s’exprimait devant les agriculteurs, à l’issue d’une manifestation très calme du secteur légumier, à Rennes, qui a rassemblé un millier de personnes selon la police, 1500 selon les agriculteurs. Ce producteur de légumes FDSEA du Finistère a donné au gouvernement jusqu’à la fin de la semaine pour faire de nouvelles propositions, faute de quoi les producteurs, qui manifestent déjà régulièrement depuis 10 jours, se remobiliseront la semaine prochaine.

La France est déterminée à obtenir que la Commission européenne accepte de mettre en place un dispositif de gestion de crise du marché du chou-fleur, a affirmé le ministère de l’Agriculture après la rencontre. Bruxelles s’y est opposé le 26 octobre 2004. Insuffisant de toute façon pour M. Merret, car le dispositif ne s’enclenche que lorsque l’agriculteur produit à perte. "La crise appelle d’autres mesures que celles-là", a ajouté le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, qui n’a pas participé à la réunion, à Paris, mais s’est joint aux manifestants.

"SOS, on coule", "Mort du légume = Bretagne en friche", "Distorsions sociales = concurrence déloyale", "Légumiers bretons cherchent main d’oeuvre à un euro de l’heure", "Consommateurs, aidez-nous, achetez breton", "Bruxelles impose, Paris s’écrase", pouvait-t-on lire sur les banderoles.

Les légumiers affichent une baisse de 20 % de leur chiffre d’affaires cette année par rapport à 2003. Ils déplorent en particulier 5,3 millions de choux-fleurs invendus cette saison sur 16,7 millions de têtes mises sur le marché. Les producteurs disent ne plus pouvoir compenser les aléas météo du marché du frais par la surgélation et la vente aux entreprise de transformation. Ces dernières se tournent en effet vers le marché polonais, qui produit à moindres coûts, notamment de main d’oeuvre.

La Pologne emploie, pour un euro de l’heure, contre 13 à 15 euros chez les producteurs français, selon les Jeunes agriculteurs d’Ille-et-Vilaine. Or dans ce secteur, les coûts de main d’oeuvre sont déterminants. "Bruxelles dit faire la chasse aux distorsions de concurrence, mais elle refuse de mettre fin à cette distorsion sociale. On transfère de la misère de l’Est vers chez nous. Notre demande de solidarité est juste", a clamé Pierre Bihan-Poudec, président de la coopérative de Saint-Pol-de-Léon devant les manifestants. "A quand une Europe sociale ?", a ajouté Hervé Conan, un autre producteur.

"Il y va de la pérenité de la production dans la région", souligne la FDSEA d’Ille-et-Vilaine dans un communiqué, ajoutant que l’emploi des 15000 personnes travaillant directement et indirectement dans la filière légumière bretonne "est sur la sellette". "Une société ne peut vivre sans production, si elle ne se base que sur du tertiaire car la production est le pilier du tertiaire", a ajouté Pierre Bihan-Poudec.

Agence France Presse

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