retour article original

jeudi 23 mars 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Côte d’Ivoire (1ère partie) : Du 18 février 2004 au 24 décembre (...)
Reuters, AFP, 7 novembre 2004

Côte d’Ivoire : L’armée ivoirienne a ordre de se retirer du front près de Bouaké


YAMOUSSOUKRO (Reuters) - Le colonel Philippe Mangou, responsable des opérations de l’armée ivoirienne, a demandé à ses troupes de se retirer de leurs positions, sur la ligne de front, dans les parages de Bouaké, grande ville du centre de la Côte d’Ivoire et bastion des rebelles, ont rapporté des témoins.


"C’est la mort dans l’âme, avec beaucoup de regrets et les larmes aux yeux, que je vous demande de redescendre de toutes vos positions, car malheureusement, nous avons perdu tous les moyens aériens, qui représentaient 60 % de nos forces", a-t-il dit à la troupe dans la capitale politique de Côte d’Ivoire, Yamoussoukro. "Nous étions à l’entrée de Bouaké. C’est un symbole pour nous. Mais malheureusement, les ordres viennent des chefs. Vous devez tout arrêter dès à présent. Vous quittez vos positions les plus avancées pour retourner à la base", a-t-il ajouté.

Interrogé sur les raisons d’un tel retrait, il a invoqué "des discussions entre la Côte d’Ivoire et la France, sur le plan militaire et sur le plan politique, qui sont en cours pour trouver une solution qui favoriserait le retour à la paix et qui arrangerait les Ivoiriens". Mangou a tenu ses propos à son retour de la ville de Sakassou, située à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Bouaké.

Reuters

Arrivée des premiers renforts français en Côte d’Ivoire

Une compagnie de 150 soldats français, en provenance de Libreville (Gabon), s’est posée, dimanche 7 novembre 2004, sur l’aéroport d’Abidjan, constituant les premiers renforts chargés d’assurer la sécurité des ressortissants français en Côte d’Ivoire, a déclaré à l’AFP le ministère de la Défense. "Je confirme l’arrivée de la première compagnie", a indiqué le porte-parole du ministère Jean-François Bureau, précisant qu’elle allait être suivie dans les prochaines heures de l’arrivée d’une seconde compagnie de 150 hommes, également en provenance de Libreville.

La présidence de la République française avait annoncé, samedi 6 novembre 2004 au soir, le déploiement en Côte d’Ivoire de ces deux compagnies supplémentaires "pour assurer la sécurité de nos compatriotes". Paris dispose de 4000 hommes en Côte d’Ivoire pour la force Licorne, auxquels s’ajoutent les quelque 600 hommes de la base militaire française du 43e BIMa (bataillon d’infanterie de marine) à Abidjan. La force de l’ONU en Côte d’Ivoire (Onuci) compte plus de 6000 hommes.

La Côte d’Ivoire, un "Vietnam" pour la France, selon M. Coulibaly

La Côte d’Ivoire sera, pour la France, pire que le Vietnam, et le gouvernement ivoirien est entré en "résistance" contre la mainmise française, a déclaré, dimanche 7 novembre 2004, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Mamadou Coulibaly sur la radio France Info. "Nous sommes vraisemblament partis pour une guerre longue, difficile, un bourbier pour les Français. Ce qui s’est passé (...) marque un point de rupture. Le Vietnam ne sera rien par rapport à ce que nous alllons faire ici", a-t-il ajouté.

Interrogé sur les mesures que le gouvernement ivoirien de M. Laurent Gbagbo compte prendre pour protéger les ressortissants français en Côte d’Ivoire, il a déclaré : "L’Etat de Côte d’Ivoire n’existe plus. C’est un prolongement de l’Etat français qu’il y a en Côte d’Ivoire". Pour lui, "les autorités ivoiriennes se considèrent désormais comme des autorités rebelles au pouvoir français que Jacques Chirac essaye d’installer en Côte d’Ivoire et il y aura une résistance farouche. Les autorités ivoiriennes actuelles organiseront une résistance farouche", a-t-il répété.

Agence France Presse

Les Français, pris pour cible à Abidjan, ont peur

PARIS (AFP) - Les ressortissants français à Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire, pris pour cibles par les partisans du président Laurent Gbagbo, après la riposte de la France à la mort de neuf de ses soldats, ont vécu, depuis samedi 6 novembre 2004 au soir des heures d’angoisse.

"Tous les Ivoiriens qu’on appelle "les patriotes" (ndlr, partisans du président ivoirien Laurent Ggbagbo) sont partout dans la ville. Ils ont saccagé plein de quartiers [...] ils font la chasse aux Français et aux Blancs", a confié à la radio RMC un Français contraint de chercher refuge dans le bâtiment d’une société de gardiennage. "Ici c’est l’horreur, on a peur : il y a des enfants, il y a des femmes, on est là, on ne peut rien faire, ils sont des centaines de milliers", a-t-il raconté. "On est une quarantaine de Français à attendre, on ne sait pas ce qui se passe : ils ont tout pillé et on n’a plus rien du tout, à peine de quoi boire là où on est caché parce que, tout autour, ça tire de tous les côtés", a-t-il poursuivi en appelant de ses voeux "un couvre-feu". "On espère que la France va venir nous sauver, on est tous traumatisés (...). Si aujourd’hui, on s’avise de sortir, on est foutus", a-t-il conclu.

"Des gens incontrôlables passent de porte en porte, ils cherchent des blancs, des Européens, on est livrés à nous mêmes", a renchéri une Ivoirienne qui a recueilli un couple d’amis français et leur enfant, dont la maison a été pillée dans le quartier de Biétry près du port d’Abidjan, particulièrement ciblé par les manifestants. "Quand ils ont été attaqués, ils m’ont appelée (...) ils sont passés par leur toit puis ils sont venus chez moi", a-t-elle raconté à Radio France International (RFI).

La directrice du lycée Mermoz, Régine Padovani, a dû être secourue et évacuée, alors qu’une foule de plusieurs centaines de personnes attaquait l’établissement. "Ils ont défoncé le portail avec un pick-up, ils étaient plusieurs centaines, les gardiens ont tenu tant qu’ils pouvaient", a-t-elle déclaré également sur RFI. "Ils ont mis un quart d’heure pour pénétrer. Ils ont été beaucoup plus durs qu’en janvier 2003 (lors de précédentes émeutes anti-françaises). On s’est retrouvé face à la horde", a-t-elle poursuivi. "Ils ont brûlé toutes les maternelles que je vous ai montrées (...) ils ont fait exploser les canalisations : c’est extrêmement violent".

"L’hélicoptère de Licorne a fait diversion, mais c’est une compagnie de sécurité qui est venue nous chercher, accompagnée de bérets rouges ivoiriens qui ont sécurisé l’évacuation. J’étais avec deux de mes collaborateurs mais d’autres personnes ont été évacuées dans d’autres lieux", a-t-elle ajouté.

Selon les témoignages recueillis sur place par l’AFP, de nombreuses personnes ont passé la nuit sur le toit de leur immeuble pour échapper aux émeutiers qui ont pillé leurs biens.

Agence France Presse

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source