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mardi 23 mai 2017
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AFP, 7 novembre 2004

Irak : Iyad Allawi s’arroge des pouvoirs dictatoriaux


BAGDAD (AFP) - L’armée américaine se préparait, dimanche 7 novembre 2004, à donner l’assaut sur Falloujah, ville-symbole de la résistance anti-américaine, où les moudjahidine, très organisés, espéraient réitérer leur succès du printemps.

C’est dans ce contexte que le Premier ministre irakien, Iyad Allaoui, a décrété l’état d’urgence sur tout le territoire, le Kurdistan excepté, pour 60 jours.


Au moins 12000 hommes, dont quatre brigades américaines et une brigade irakienne, sont massés autour de Falloujah, la ville sunnite située à 50 km à l’ouest de Bagdad, a indiqué à l’AFP un officier des Marines. Alors que les derniers préparatifs étaient en cours, les Marines, échaudés par leur échec du printemps, redoutaient des combats qui promettent d’être violents, a constaté un journaliste de l’AFP. "Ce sont les adversaires les plus lâches et les plus brutaux que nous avons jamais rencontrés", a averti un commandant des Marines, le lieutenant-colonel Patrick Malay.

Quatre civils irakiens ont été blessés, dans la nuit de samedi 6 novembre à dimanche 7 novembre 2004, lors de bombardements américains qui ont détruit de "nombreuses caches d’armes", selon un communiqué militaire.

De leur côté, les résistants se tenaient prêts pour défendre Falloujah, comme ils l’avaient fait en avril 2004, en empêchant l’armée américaine d’entrer dans la ville, a constaté l’AFP. "Depuis des mois, les forces américaines se préparent à l’offensive contre Falloujah et la résistance en fait autant", a déclaré cheikh Abdel Moneim al-Badrani, membre du comité exécutif du Conseil des oulémas sunnites, qui réside dans la ville. Plusieurs ruelles débouchant sur l’avenue qui traverse la ville d’est en ouest sont obstruées par des blocs de ciment et des sacs de sable posés par les insurgés pour se mettre à l’abri des francs-tireurs américains.

Selon le renseignement américain, les résistants seraient au moins 2000, pour la plupart des membres du réseau de l’islamiste Abou Moussab Al-Zarqaoui. Ils ne semblaient pas pouvoir compter, comme c’était le cas au printemps, sur des renforts extérieurs, les sunnites irakiens, las de cet interminable face à face, étant peu mobilisés par l’offensive annoncée.

Iyad Allawi s’arroge des pouvoirs dictatoriaux

Alors que la Ligue arabe a appelé le gouvernement irakien au "dialogue" pour "restaurer la sécurité" en Irak, le Premier ministre irakien a considéré qu’il n’avait pas d’autre choix que de décréter l’état d’urgence. "Après que le gouvernement eut épuisé tous les moyens (pour rétablir le calme), le Premier ministre Iyad Allaoui a décrété l’état d’urgence sur tout le territoire irakien, à l’exception du Kurdistan, pour une période de 60 jours", a annoncé à la presse son porte-parole Thaër al-Naqib. Il a expliqué que cette décision avait été prise pour permettre la tenue des élections prévues en janvier 2005.

Le décret accorde au Premier ministre des pouvoirs étendus dont celui d’imposer un couvre-feu, de lancer un mandat d’arrêt, de restreindre la liberté de réunion et les déplacements ou encore de procéder à des écoutes téléphoniques.

Cette décision intervient alors que plus de 50 policiers ont été tués en 48 heures par la guérilla. Dimanche 7 novembre 2004, à l’aube, 21 d’entre eux ont été exécutés par 200 hommes armés qui ont pris d’assaut leurs postes de police, à Haditha et Haqlaniya, à 200 km à l’ouest de Bagdad.

La veille, 26 policiers et gardes nationaux avaient trouvé la mort dans l’explosion de quatre voitures piégées et dans des attaques contre des postes de police, à Samarra, à 125 km au nord de Bagdad. Des perquisitions minutieuses étaient menées, dimanche 7 novembre 2004, dans la ville, où un couvre-feu était instauré. Cette attaque a été revendiquée par le groupe de l’islamiste Abou Moussab Al-Zarqaoui, considéré par les Américains comme leur principal ennemi en Irak.

A l’ouest de Bagdad, deux soldats américains ont été tués, dans deux attaques séparées qui ont également fait quatre blessés.

Deux soldats britanniques ont été grièvement blessés, près de leur base, dans un attentat suicide, a indiqué un porte-parole du ministère britannique de la Défense. Quelque 850 soldats britanniques ont été déployés, depuis la fin octobre, à l’ouest de Bagdad, pour relever des troupes américaines redéployées autour de Falloujah.

A Bagdad, un attentat suicide contre le domicile du ministre des Finances, Adel Abdel Mahdi, a tué un de ses gardes.

Trois membres du Conseil suprême de la révolution islamique (CSRII) ont été tués à Latifiyah, au sud de Bagdad, où vingt-cinq rebelles ont été tués dans une embuscade tendue par des policiers en civil.

Enfin, deux chauffeurs de camion, un Irakien et un Turc, qui travaillaient pour l’armée américaine, ont été tués au nord de Bagdad et les corps criblés de balles de quatre Irakiens employés sur une base américaine ont été découverts au sud de Kirkouk.

Agence France Presse

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