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dimanche 23 avril 2017
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AFP, 7 novembre 2004

Côte d’Ivoire : Nouvelles violences anti-françaises ; arrivée des renforts français à Abidjan


ABIDJAN (AFP) - La France a renforcé, dimanche 7 novembre 2004, au fil des heures, son dispositif militaire en Côte d’Ivoire, alors que les violences et pillages contre les intérêts et les ressortissants français se poursuivaient.


Dimanche 7 novembre 2004, la mobilisation des partisans du président, Laurent Gbagbo, était toujours forte, dans les quartiers d’Abidjan, contre les symboles et ressortissants français, a constaté l’AFP.

Les 150 premiers renforts annoncés par Paris (600 hommes prévus au total) sont arrivés, dans la matinée, à Abidjan, en provenance de Libreville, et plusieurs centaines de soldats français se sont déployés en ville pour assurer la sécurité des ressortissants français. "Plusieurs centaines" de soldats de la force d’interposition Licorne, disséminés en Côte d’Ivoire, étaient par ailleurs en train de rallier Abidjan.

La France "défend l’état de droit" en Côte d’Ivoire, a assuré, dimanche 7 novembre 2004, le Premier ministre français, Jean-Pierre Raffarin, devant le déchaînement de violences qu’a entraîné l’intervention française.

Paris ne veut pas "déstabiliser" le pays, a renchéri le ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier. Il a considéré, dimanche 7 novembre 2004, que les accords de paix inter-ivoiriens de Marcoussis, signés en janvier 2003, étaient "la seule alternative à la violence" en Côte d’Ivoire. Il a ajouté que l’attaque de samedi 6 novembre 2004, dans laquelle neuf militaires français ont été tués en Côte d’Ivoire, a été menée de manière "délibérée". Il a enfin considéré que "la priorité est d’appeler au calme et à la raison" en Côte d’Ivoire, dans une intervention à la télévision.

Le ministre des Affaires étrangères néerlandais, Bernard Bot, dont le pays préside l’Union européenne, a exigé, dimanche 7 novembre 2004, lors d’un entretien téléphonique, que le président de Côte d’Ivoire, Laurent Gabgbo, mette fin aux violences, a-t-on appris auprès de son porte-parole.

L’évacuation des 34 soldats français blessés par les forces ivoiriennes, samedi 6 novembre, à Bouaké, est "en cours", et ils arriveront, lundi 8 novembre au matin, à Paris, pour être acheminés vers des hôpitaux militaires de la région parisienne, a indiqué, dimanche 7 novembre 2004, le ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie. La situation en Côte d’Ivoire est "sous contrôle" mais demeure "tendue", a-t-elle déclaré.

Le pouvoir ivoirien a relancé le conflit armé, depuis jeudi 4 novembre, en bombardant la zone rebelle ; bombardements dans lesquels neuf militaires français de Licorne ont été tués samedi 6 novembre 2004.

Les partisans du gouvernement ivoirien ont violemment réagi à la risposte française. Les rues abidjanaises sous le contrôle des "jeunes patriotes", véritable milice du pouvoir, étaient en effervescence dimanche 7 novembre 2004. Des jeunes lançaient des pierres devant l’aéroport, contrôlé, depuis la veille, par les militaires français. Ces derniers rispostaient par des tirs en l’air.

Selon la radio officielle ivoirienne, trois manifestants ont été tués, depuis samedi 6 novembre 2004 au soir, et 78 civils blessés ont été pris en charge, durant la nuit, à l’hôpital du quartier populaire de Treichville, à Abidjan, selon Médecins sans frontières (MSF).

Sur le boulevard Valéry Giscard d’Estaing, la grande avenue menant vers l’aéroport, les jeunes partisans de M. Gbagbo ont érigé des barricades, et brûlé des pneus, recherchant les derniers magasins français qui ont échappé aux pillages. Une station Total et un concessionnaire Renault ont été incendiés.

La communauté européenne de Côte d’Ivoire a vécu dans la peur, depuis samedi 6 novembre au soir. "Beaucoup de Français ont évacué leurs maisons. Ils se sont regroupés et sont armés jusqu’aux dents" a déclaré un Français à l’AFP. Plus de 150 étrangers, dont une très grande majorité de Français, ont été regroupés, dimanche 7 novembre 2004 au matin, dans un camp militaire français proche de l’aéroport d’Abidjan, a annoncé un porte-parole militaire français.

Washington a déconseillé, dimanche 7 novembre 2004, à ses citoyens de voyager en Côte d’Ivoire.

Le régime Gbagbo a de son côté multiplié les déclarations belliqueuses contre Paris. Le président de l’Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly, a accusé la France, ancienne puissance coloniale, "d’occuper" son pays et le président français, Jacques Chirac, "d’avoir armé les rebelles" tout en promettant "une résistance farouche".

M. Pascal Affi N’Guessan, président du Front Populaire Ivoirien (FPI), le parti de M. Gbabgo, a "demandé", dimanche 7 novembre 2004, "aux patriotes (...), de descendre massivement" dans les rues, "jusqu’à la victoire finale, c’est-à-dire la libération et la réunification de notre pays".

Le porte-parole du président Gbagbo, Désiré Tagro, a enfin souhaité que "les autorités françaises donnent un ordre ferme et clair aux soldats français pour qu’ils rentrent dans leur base et qu’ils arrêtent de tirer".

Le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné, la veille, les bombardements gouvernementaux ivoiriens, et appelé au respect du cessez-le-feu, tout en envisageant des sanctions contre le régime Gbagbo.

Loin de baisser les bras face à la neutralisation, samedi 6 novembre, de leurs moyens aériens par la France, les Forces armées de Côte d’Ivoire (Fanci) ont indiqué, dimanche 7 novembre 2004, à leurs troupes, que la "volonté de réunifier le pays doit continuer de les habiter".

L’Union africaine (UA) tente d’enrayer le conflit et a mandaté, dimanche 7 novembre 2004, le président sud-africain, Thabo Mbeki, pour "entreprendre d’urgence une mission en vue de promouvoir une solution politique" en Côte d’Ivoire, où il doit se rendre dans les "prochains jours".

Agence France Presse

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