retour article original

dimanche 20 août 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Côte d’Ivoire (1ère partie) : Du 18 février 2004 au 24 décembre (...)
AP, AFP, 8 novembre 2004

Côte d’Ivoire : Abidjan, ville morte après les émeutes et les pillages


PARIS (AP) - La ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie a estimé lundi qu’il n’y avait « aucune raison » pour que les forces ivoiriennes se soient « trompées d’objectif » samedi 6 novembre 2004, tuant neuf soldats français, et a jugé « indispensable » un retour autour de la table des négociations.


C’est à « l’enquête qui est en cours » de dire s’il y a eu préméditation, a-t-elle déclaré sur Europe-1. « Il n’y avait aucune raison pour qu’on puisse se tromper d’objectif. Il y avait certainement un climat qui probablement était propice à ce genre d’actions ». Mais « ce que je constate », a-t-elle poursuivi, « c’est que des militaires français qui étaient là pour instaurer la paix, pour permettre à ce pays de se redresser, de sortir des affrontements, ont été tués. Il y a eu 38 blessés qui sont en train d’arriver aujourd’hui (lundi 8 novembre 2004). A l’heure où je vous parle, les corps de nos militaires viennent d’arriver ».

La France a riposté, samedi 6 novembre 2004, au raid ivoirien qui a coûté la vie à neuf de ses soldats, en détruisant la flotte aérienne ivoirienne. Une « réponse parfaitement adaptée et proportionnelle à ce qui s’est passé », car « ce qui s’est passé est extrêmement grave », a affirmé Michèle Alliot-Marie. Les avions ivoiriens « violaient le cessez-le-feu » et « les engagements internationaux ».

Réagissant à l’appel au calme lancé, dimanche 7 novembre 2004 au soir, par le président ivoirien, Laurent Gbagbo, la ministre a estimé qu’il avait « l’autorité nécessaire » pour que « le processus politique revienne ». Mais la « première des choses sur laquelle nous jugerons, c’est la protection de nos ressortissants et la protection des membres de la communauté internationale ».

Elle a par ailleurs jugé « indispensable », « maintenant que le retour au calme semble avancé », une reprise des négociations. « Aujourd’hui, les uns et les autres, car les responsabilités sont partagées, doivent s’engager dans la résolution de ce problème ».

La ministre de la Défense a également réaffirmé qu’il n’y avait « pas d’évacuation prévue » pour les 14500 ressortissants français, car la plupart ont « fait leur vie » dans le pays et sont des binationaux. « Il faut que nous garantissions leur sécurité (...) Il y avait 4000 soldats français qui étaient en soutien des casques bleus des Nations Unies. J’ai envoyé 800 soldats, à la demande du président de la République ».

Associated Press

Abidjan ville morte

Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, présentait l’aspect d’une ville-morte, lundi 8 novembre 2004, à 08h00, après un appel au calme, dans la nuit, du président Laurent Gbagbo, suite à deux jours de manifestations et de pillages antifrançais.

Le Plateau, le quartier administratif et des affaires, était quasi désert à cette heure habituelle d’arrivée au travail des employés, a constaté l’AFP. La circulation automobile était nulle, aucun autobus ni taxi ne circulait. Quelques militaires ivoiriens en arme patrouillaient au Plateau. Sur les deux ponts sur la lagune qui sépare les différentes parties de la ville, seules quelques voitures étaient visibles, alors que ces axes sont habituellement très embouteillés, a indiqué un témoin à l’AFP.

En zone 4, un quartier mi-résidentiel mi-industriel situé près du port et particulièrement visé par les pillages, aucune activité n’a repris, a indiqué un habitant à l’AFP. "L’activité n’est pas près de reprendre. Après deux jours d’émeutes et de pillages, les Ivoiriens semblent désemparés et commencent à comprendre qu’ils ont peut-être perdus gros et surtout leur travail dans cette affaire", a déclaré à l’AFP un résident du quartier qui dirige une entreprise en partie pillée. La radio nationale a appelé, à plusieurs reprises, lundi 8 novembre 2004 au matin, les Abidjanais à se rendre à leur travail.

Abidjan a connu, samedi 6 novembre et dimanche 6 novembre 2004, de violentes manifestations antifrançaises au cours desquelles de très nombreuses scènes de pillages ont été enregistrées chez les européens.

Agence France Presse

Manifestations à Abidjan face aux troupes françaises

ABIDJAN (Reuters) - Des centaines de manifestants se sont rassemblés, lundi 8 novembre 2004, face aux troupes françaises, dans un quartier d’Abidjan où la radio nationale les avait appelés à former un bouclier humain pour protéger la résidence du chef de l’Etat, Laurent Gbagbo.

Un employé de l’hôtel Ivoire a rapporté que les manifestants se massaient devant des véhicules blindés français protégés par des rangées de fil de fer barbelés, sur le parking de l’hôtel, et un deuxième membre du personnel a indiqué que des troupes étrangères avaient pris le contrôle du complexe hôtelier. "Les "Jeunes patriotes" (partisans du président Laurent Gbagbo) sont appelés à aller massivement former un bouclier autour de la résidence du chef de l’Etat, afin que, si les soldats français ont l’intention de marcher sur sa résidence, ils puissent les en empêcher", a déclaré la radio nationale.

De source militaire française, on confirmait que des véhicules militaires français se trouvaient sur le parking de l’hôtel et qu’ils sécurisaient la zone. L’hôtel Ivoire, qui longe un lagon face au centre d’Abidjan et à deux ponts stratégiques menant à l’aéroport, se trouve à un kilomètre de la résidence de Laurent Gbagbo. Un convoi français d’au moins 30 véhicules blindés et chars a été vu faisant route vers cet hôtel, aux alentours de 07h00.

De source militaire française, on indique aussi que les soldats français pourraient élargir la zone qu’ils entendent sécuriser en y incluant la résidence de Laurent Gbagbo, laquelle se trouve à proximité de la résidence de l’ambassadeur de France. On déclarait qu’une "importante déclaration" serait faite dans l’après-midi.

Reuters

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source