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dimanche 26 février 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Côte d’Ivoire (1ère partie) : Du 18 février 2004 au 24 décembre (...)
Reuters, AP, AFP, 8 novembre 2004

Côte d’Ivoire : Manifestations et fusillade à Abidjan


ABIDJAN (Reuters) - Des tirs nourris ont été entendus, lundi 8 novembre 2004 au matin, dans Abidjan. Une fusillade a éclaté dans le quartier chic de Cocody, où sont déployées les troupes françaises et où vit le président Laurent Gbagbo.


Un journaliste de Reuters présent sur les lieux a déclaré que les soldats français avaient tiré en l’air pour tenter de disperser des milliers de manifestants pro-Gbagbo.

Reuters

Des chars français auraient pris position autour de la résidence de Laurent Gbagbo

ABIDJAN (AP) - Des chars français ont pris position, lundi 8 novembre 2004, autour de la résidence du président ivoirien, Laurent Gbagbo, et ses partisans craignent une tentative de renversement, a affirmé le porte-parole présidentiel. "L’armée française a déployé 50 chars (...) à quelques mètres de la résidence du chef de l’Etat", a souligné Désiré Tagro à l’Associated Press. "Leur présence ici effraie les gens, ils pleurent et pensent que le président Gbagbo va être renversé", a dit Désiré Tagro interrogé au téléphone.

Des partisans du président ivoirien ont été signalés dans le même quartier et s’apprêteraient à l’affrontement avec les soldats français, après un week-end de violents accrochages entre les soldats français et les partisans du président Laurent Gbagbo.

Associated Press

Des proches de Laurent Gbagbo demandent le retrait des chars français

PARIS (Reuters) - Un conseiller en communication et proche du président Laurent Gbagbo a demandé le retrait des chars français déployés dans Abidjan, et fait état de rumeurs d’une possible destitution du chef de l’Etat ivoirien. "Les jeunes patriotes et l’ensemble de la population estiment qu’un geste fort doit venir de la France. La tension baissera quand les chars français auront regagné le 43e RIMA", a déclaré à Reuters Toussaint Alain, qui téléphonait d’Abidjan.

Selon lui, des blindés français se sont déployés, dimanche 7 novembre au soir, aux alentours de minuit, "autour de la résidence du président Gbagbo", après un week-end d’émeutes anti-françaises à Abidjan. "Il s’agit là de provocations intolérables d’autant qu’elles se manifestent au lendemain du discours apaisant du président Gbagbo" a ajouté Toussaint Alain, en faisant référence à un appel au calme lancé, dimanche 7 novembre 2004, par Laurent Gbagbo. "Nous estimons que ce n’est pas par l’élimination physique, ni par la destitution forcée (du président Laurent Gbagbo) qu’on ramènera une paix durable en Côte d’Ivoire."

Charles Blé Goude, le dirigeant du mouvement pro-Gbagbo, des "jeunes patriotes", a également demandé sur les ondes de la radio nationale ivoirienne le retrait des blindés français. "Nous demandons à nos patriotes de rejoindre de rejoindre les autres à l’Hôtel Ivoire (situé à proximité de la résidence de Laurent Gbagbo)" a-t-il déclaré. "Nous demandons aux chars français de revenir à leur base" a-t-il ajouté.

Reuters

Le Quai d’Orsay "toujours sans nouvelles" de deux ressortissants français en Côte d’Ivoire

PARIS (AP) - Le ministère français des Affaires étrangères a fait savoir, lundi 8 septembre 2004, qu’il était "sans nouvelles" de deux Français demeurant en Côte d’Ivoire, qui sont "activement" recherchés. "Nous n’avons connaissance d’aucun membre de la communauté française résidant en Côte d’Ivoire tué durant le week-end", a déclaré le porte-parole du Quai d’Orsay Hervé Ladsous, lors d’un point de presse. "En revanche, nous sommes toujours sans nouvelles de deux de nos compatriotes", a-t-il ajouté. "Nous les recherchons activement".

Associated Press

Nouveaux heurts entre soldats français et manifestants

ABIDJAN (AFP) - De nouveaux heurts ont éclaté, lundi 8 novembre 2004, à Abidjan, entre des militaires français et des milliers de manifestants favorables au président Laurent Gbagbo, protestant, à l’appel de la radio officielle ivoirienne, contre le déploiement de blindés français non loin de la résidence présidentielle. Des militaires français ont tiré en l’air dans la matinée à Cocody, quartier chic d’Abidjan, pour tenter de disperser une foule de plusieurs milliers de personnes qui essayait de rompre le cordon de sécurité dressé autour de l’hôtel Ivoire, où sont stationnés une cinquantaine de véhicules blindés français depuis la nuit.

Devant la foule menaçante, composée notamment de "jeunes patriotes" -véritable milice du pouvoir-, criant des slogans hostiles à la France, les militaires ont procédé à des tirs de sommation, faisant reculer les manifestants. En fin de matinée, le face à face était tendu entre les militaires français qui ont déployé des barbelés autour du vaste parking du plus grand hôtel d’Abidjan.

Ces nouveaux incidents se sont produits après un appel de la radio d’Etat ivoirienne, étroitement contrôlée par le pouvoir, qui avait demandé aux habitants de se rendre "massivement" à l’hôtel pour "former un bouclier autour de la résidence du chef de l’Etat", située à un kilomètre.

Le président français, Jacques Chirac, a assuré, lundi 8 novembre 2004 au matin, une nouvelle fois, que l’action française en Côte d’Ivoire avait pour "unique objectif" de garantir la sécurité des ressortissants français.

Le président Laurent Gbagbo, soumis à de fortes pressions internationales, avait pourtant appelé au calme, tard dimanche 7 novembre. "J’exhorte de nouveau les populations au calme et je demande à tous les manifestants de regagner leur domicile", avait-il déclaré à la télévision, alors que ses proches avaient multiplié dans la journée les déclarations belliqueuses contre la France. Mais, dans son adresse télévisée, le chef de l’Etat, qui ne contrôle que le sud de la Côte d’Ivoire, depuis le déclenchement d’une rébellion en septembre 2002, a justifié sa décision de bombarder du 4 novembre au 6 novembre, des positions rebelles, en violations des accords de paix de janvier 2003. Accusant l’autre camp d’avoir rompu ces accords en refusant de respecter l’échéance du désarmement fixé au 15 octobre 2004, M. Gbagbo a déclaré que son pays "ne peut demeurer encore longtemps l’otage d’une rébellion qui ne sait pas ce qu’elle veut (...) Il fallait réagir (...). J’ai donc décidé d’agir pour libérer le pays et pour restaurer son unité".

Quelque 1200 étrangers, dont une grande majorité de Français, étaient regroupés, lundi 8 novembre 2004, dans un camp militaire français à Abidjan.

La ministre française de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a réitéré qu’"il n’y a pas d’évacuations prévues" pour les quelque 14000 ressortissants français et de la communauté internationale. Les "véhicules blindés (français) qui se trouvent dans Abidjan le sont avec l’accord des autorités ivoiriennes", a-t-elle dit.

Une force de l’ONU (6000 hommes) et des troupes françaises (4000 hommes) ont été déployées, en Côte d’ivoire, pour faire respecter les accords de paix, dont l’application est bloquée depuis des mois.

La France cherche à obtenir, de l’ONU, des sanctions, notamment un embargo sur les armes, un gel des avoirs et une interdiction de voyager pour les personnes jugées responsables du blocage du processus de paix.

Le président sud-africain, Thabo Mbeki, mandaté par l’Union africaine (UA), pour tenter de trouver une solution à la crise en Côte d’Ivoire, pourrait se rendre dans ce pays mardi 9 novembre 2004, selon son porte-parole.

La reprise de la guerre en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de fèves, a fait s’envoler les cours du Cacao à leur plus haut niveau depuis trois mois à Londres.

Agence France Presse

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