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Le Monde, 8 novembre 2004

Irak : Les troupes US avancent avec difficulté face aux résistants de Fallujah


Les forces américano-irakiennes ont commencé, lundi 8 novembre 2004, à bombarder Fallouja. Elles auraient progressé d’un kilomètre à l’intérieur de la ville, selon une source militaire américaine. L’offensive sera difficile et "prendra du temps", a déclaré le chef du Pentagone.


Commencée, lundi 8 novembre 2004, par un bombardement intensif sur Fallouja, l’offensive se poursuivait avec l’entrée des marines dans la ville peu de temps après une visite-surprise à ses troupes du premier ministre irakien Iyad Allaoui, à l’extérieur de la ville. "La population de Fallouja est prise en otage (...) et vous devez les libérer de cette emprise", a affirmé M. Allaoui à l’adresse de ses troupes lors de la visite qui a duré près de trois heures. "Votre devoir est d’arrêter les meurtriers, mais si vous les tuez, soit", a-t-il ajouté.

Cette opération, menée par quelque 12000 soldats américains et irakiens, selon un responsable du ministère de la défense américain, a été baptisée "Phantom Fury" par les Américains et "Opération Aube" par les Irakiens. L’assaut sur la ville a été lancé par 10000 soldats américains et environ 2000 irakiens, a précisé un responsable du Pentagone, sous couvert de l’anonymat.

Le renseignement américain estime que 2500 combattants sont retranchés à Fallouja et que 10000 autres pourraient les rejoindre. L’armée américaine a interdit à tous les hommes âgés de 15 à 50 ans d’entrer ou de sortir de la ville et des localités avoisinantes, a constaté un photographe de l’AFP.

Opération difficile

Dès les premières heures de l’assaut, le secrétaire à la défense américain, Donald Rumsfeld, a déclaré, à Washington, lors d’un point presse, que l’opération va être difficile et "prendre du temps".

Tout a commencé par le feu vert donné par le chef du gouvernement irakien pour "nettoyer Falloujah des terroristes" et imposer un couvre-feu à la ville, située à 50 km à l’ouest de Bagdad. Peu après, un déluge de feu s’est abattu sur la ville et le ciel s’est embrasé. L’artillerie, l’aviation, les chars sont entrés en action et les projectiles sont tombés sur la ville alors que les habitants se terraient chez eux.

Les marines ont pénétré ensuite dans le quartier nord de Jolan et se sont emparés de la gare ferroviaire, a indiqué l’armée américaine. "Vers 18 heures, quatre bataillons sont entrés à Fallouja et ont avancé d’un kilomètre à l’intérieur sur un front de 5 km", a indiqué un officier supérieur américain. Chaque bataillon, composé de marines et d’éléments de la cavalerie, compte environ 700 hommes. Des combattants de la résistance étaient dans les rues, prêts à la bataille. Les mosquées lançaient par hauts parleurs des "Allah Akbar" ("Dieu est grand") et récitaient des sourates du Coran pour se donner du courage, a ajouté ce correspondant.

Le secrétaire d’Etat, Colin Powell, a appelé plusieurs capitales étrangères, pour expliquer les raisons de l’offensive militaire sur la ville irakienne et promettre que le maximum serait fait pour épargner les civils.

L’une des principales organisations religieuses sunnites du pays a émis une fatwa (avis religieux) condamnant toute participation irakienne à un assaut contre Falloujah.

Dans la nuit de dimanche 7 novembre à lundi 8 novembre 2004, les forces américano-irakiennes s’étaient emparées préventivement du principal hôpital de la ville, situé à sa lisière ouest, et de deux ponts enjambant l’Euphrate, au sud-ouest.

Des frappes américaines dans le centre ont tué douze personnes et en ont blessé vingt, lundi 8 novembre 2004 au matin, selon le responsable d’un dispensaire islamique.

Le premier ministre britannique Tony Blair a apporté son soutien à l’assaut de Fallouja, en appelant les troupes alliées en Irak à "tenir bon" et en demandant aux insurgés de "déposer les armes".

Par ailleurs, deux marines ont été tués au combat, dans la nuit de dimanche 7 novembre à lundi 8 novembre, dans la province d’Al-Anbar, a annoncé un porte-parole militaire. Un soldat américain a également été tué, lundi 8 novembre 2004, dans une attaque visant son convoi, à l’est de Bagdad.

Au moins trois personnes ont été tuées et quarante-cinq autres blessées, lundi 8 novembre 2004, dans les explosions, vraisemblablement dues à des voitures piégées, survenues devant deux églises dans le sud de Bagdad, a-t-on appris de source hospitalière.

Enfin, un "incident violent" impliquant le régiment britannique des Black Watch, qui a été redéployé du sud de l’Irak vers un secteur au sud de Bagdad, tenu par les Américains, est survenu lundi 8 novembre 2004.

Quatre Irakiens ont été tués et treize blessés, dans deux attentats à la voiture piégée, au passage de convois américains, à l’ouest et au nord de Bagdad, selon un recoupement effectué par l’AFP auprès de sources hospitalières.

Près de Baïji, à 255 km nord de Bagdad, deux entrepreneurs irakiens travaillant sur une base américaine ont été tués par des inconnus ayant ouvert le feu sur leur véhicule. Deux Irakiens, dont un enfant de 7 ans, ont péri dans l’explosion d’une charge, à Doulouiyah, à 70 km au nord de la capitale.

Le gouverneur de la province de Diyala a, quant à lui, échappé à un attentat, dans le centre de Baaqouba, chef-lieu de la province située à 60 km au nord-est de Bagdad.

Enfin, 300 soldats géorgiens sont partis, lundi 8 novembre 2004, pour l’Irak, où ils doivent remplacer le contingent actuel de 157 hommes déployés dans le cadre de la Force multinationale, et Tbilissi a annoncé l’envoi prochain de 500 militaires supplémentaires.

Au niveau politique, la Maison Blanche a réaffirmé que les élections, en Irak, auraient lieu en janvier 2005. Auparavant, le haut représentant de l’Union européenne (UE) pour la politique étrangère, Javier Solana, avait estimé que la situation sécuritaire en Irak "ne donne pas beaucoup d’espoir" que les élections se tiennent comme prévu en janvier 2005.

Avec AFP

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