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vendredi 23 juin 2017
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AFP, AP, 9 novembre 2004

Irak : Les résistants à Falloujah


FALLOUJAH (AFP) - Embusqués dans une maison, les résistants tirent à la kalachnikov et à la roquette antichar, puis changent aussitôt d’immeuble, pour ne pas être repérés par l’aviation ou l’artillerie des forces américano-irakiennes qui déversent un déluge de feu sur la ville de Falloujah.


Face à une puissance de feu très supérieure, la résistance n’a d’autre choix que la mobilité. Quand les obus pleuvent, ils se mettent à l’abri, mais dès qu’il y a une minute de répit, ils avancent par petits groupes, se mettent en position de combats et ouvrent le feu. Des francs-tireurs sont postés en haut des immeubles pour tenter d’entraver la marche des fantassins américains et tirer sur les hélicoptères qui volent à basse altitude.

Ne pouvant empêcher frontalement la progression des chars américains, les combattants embusqués les laissent avancer avant de les attaquer. Dans la rue du 7 avril, qui rejoint l’avenue principale au nord de la ville, des tireurs embusqués ont ouvert le feu sur une colonne de blindés en début d’après-midi, selon des témoins. Une attaque similaire a eu lieu dans le quartier Chouhada au sud-est de Falloujah.

Il n’y a pas de moment de repos pour les combattants de la résistance, en raison des combats incessants. Pour s’alimenter, ils s’approvisionnent dans les maisons abandonnées ou reçoivent des produits en conserve d’autres combattants postés sur les lignes arrières.

Un officier supérieur américain a annoncé, au début de l’après-midi, que les forces américaines contrôlaient un tiers de la ville, mais la résistance affirme que de violents combats se déroulent toujours à la lisière nord et sud de Falloujah.

Marcher dans la rue est devenu dangereux et seuls les combattants osent le faire. Les habitants sont terrés chez eux, sans eau, ni électricité. La population de la ville était de 300000 habitants, mais il est très difficile de dire combien sont restés, car beaucoup ont fui ces dernièrs semaines, en raison des combats. Les forces américaines ont affirmé qu’il ne reste que 30000 habitants, mais des responsables irakiens estiment qu’ils sont encore plus de 100000.

Quand une maison est touchée par un obus de char ou l’aviation, les combattants aident à évacuer les survivants vers un lieu plus sûr. Les mosquées qui disposent de générateurs électriques lancent des appels à "la résistance" par haut-parleurs.

Un correspondant de l’AFP a reçu un appel de l’imam Abdel Hamid Farhan, de la mosquée Abdel Aziz dans le centre de Falloujah, affirmant qu’il était "assiégé avec des civils entre la mosquée Abou Oubeyda et la mosquée Al-Fourqan". "Nous ne pouvons lever la tête en raison de la violence des tirs", dit-il.

La situation sanitaire est devenue très difficile. Une clinique a transformé une ancienne salle de cinéma adjacente en bloc opératoire. Son directeur, le dr Hachem al-Issaoui, lance un appel à l’aide. "Nous avons plus de 30 blessés et sommes contraints d’effectuer des interventions chirurgicales, des amputations de jambes et de mains" or "nous ne sommes pas des chirurgiens", dit-il. "Nous n’avons pas assez de médicaments et manquons d’électricité, d’eau et de carburant et la plupart du temps la clinique est plongée dans l’obscurité. Nous lançons un appel aux organisations internationales pour qu’elles interviennent, sinon ce sera une catastrophe", ajoute-t-il. Il précise que la grande majorité des médicaments ont été stockés dans l’hôpital général de Falloujah, à la lisière ouest de la ville, qui a été pris, dans la nuit de dimanche 7 novembre à lundi 8 novembre 2004, par les forces américaines et irakiennes.

Un autre dispensaire, celui de l’association islamique Hazra Mohammadiyah, installé dans une mosquée du centre de la ville, dit avoir plus de chance. Il dispose d’une ambulance pour transporter les blessés, indique un de ses responsables.

Falloujah compte deux autres établissements hospitaliers. Le premier, l’hôpital Taleb al-Janabi, n’est pas accessible, car situé à proximité d’une position américaine à l’entrée est de la ville, tandis que le deuxième, créé grâce à des dons bahreinis, n’est pas encore équipé.

Agence France Presse

Des religieux sunnites appellent au boycottage de élections nationales en Irak

BAGDAD/PRES DE FALLOUJAH (AP) - Des religieux sunnites ont appelé, mardi 9 novembre 2004, au boycottage des élections nationales, prévues en janvier 2005, en Irak, pour protester contre l’offensive lancée par les forces américaines et irakiennes sur Falloujah. Lors d’une conférence de presse à Bagdad, Hareth Souleimane al-Dari, secrétaire-général du Comité des oulémas musulmans, principale organisation religieuse sunnite d’Irak, a déclaré que les élections se tiendraient "sur les corps de ceux qui sont tués à Falloujah".

Le Comité avait menacé d’appeler à un tel boycottage, si les forces américaines lançaient un assaut sur le bastion de la résistance sunnite. Cet appel ne devrait cependant pas s’attirer un large soutien parmi les chiites, qui représentent environ 60 % de la population irakienne. Mais des responsables, notamment américains, craignent qu’une absence des sunnites ne soulève des questions sur la légitimité du scrutin.

Mardi 9 novembre 2004, les forces américaines s’enfonçaient dans le centre de Falloujah, à l’ouest de Bagdad, affrontant des groupes de résistants dans les rues et fouillant les maisons les unes après les autres, au deuxième jour de l’offensive majeure destinée à reprendre la ville.

Au total, 14 Américains ont été tués au cours des deux derniers jours en Irak -dont cinq à Falloujah et ses environs et neuf autres dans une série d’attaques lancées par des résistants à Bagdad et ailleurs. Un haut responsable du Pentagone a déclaré, mardi 9 novembre, que les neuf soldats avaient été tués, lundi 8 novembre 2004, au sud-ouest de Falloujah et dans la capitale irakienne.

Associated Press

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