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lundi 27 mars 2017
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AP, 10 novembre 2004

Irak : Les résistants conseillent aux Irakiens de rester chez eux, mercredi 10 novembre 2004, pour "éviter de mettre leurs vies en danger"


BAGDAD (AP) - Un communiqué signé par huit mouvements de résistance irakiens, mis en ligne sur un site Internet islamique, conseille aux habitants de Bagdad et d’autres villes de rester chez eux, mercredi 10 novembre 2004, "pour éviter de mettre leurs vies en danger".


Selon le communiqué, la "résistance islamique" unifiée va intensifier ses opérations, en représailles de l’offensive lancée par les troupes américaines et irakiennes sur le bastion sunnite de Falloujah. Les Irakiens doivent rester chez eux "pour éviter de mettre leurs vies en danger", prévient le communiqué.

A Takrit, le fief du dictateur déchu Saddam Hussein situé dans le nord de l’Irak, des résistants ont distribué des prospectus avertissant les commerçants de baisser leurs rideaux, pour une durée indéterminée, à partir de mercredi 10 novembre 2004, pour protester contre l’offensive à Falloujah. Certaines familles ont d’ores et déjà fait savoir qu’elles n’enverraient pas leurs enfants à l’école en raison de la menace.

La bataille de Falloujah se poursuit

PRES DE FALLOUJAH (AP) - Les forces américaines et irakiennes s’enfonçaient dans le centre de Falloujah, mardi 9 novembre 2004, au deuxième jour de la grande offensive visant à regagner le contrôle de la ville sunnite, rencontrant moins d’opposition que prévu de la part des résistants. Pendant ce temps, des centaines de résistants armés prenaient position dans le coeur de Ramadi, à une cinquantaine de kilomètres de là.

Dans ce contexte, le Comité des oulémas musulmans, principale organisation religieuse sunnite du pays, a appelé, mardi 9 novembre 2004, les Irakiens à boycotter les élections générales prévues en janvier 2005. Son secrétaire général, Hareth Souleimane al-Dari, a estimé que ce scrutin se tiendrait "sur les corps de ceux qui sont tués à Falloujah".

Entre 10000 et 15000 soldats américains encerclent la ville, où se trouveraient environ 3000 combattants sunnites, d’après les commandants américains.

Dans la nuit de dimanche 7 novembre à lundi 8 novembre 2004, quelque 6000 militaires américains et 2000 militaires irakiens ont envahi Falloujah par le nord, lançant l’assaut général contre la cité rebelle.

Dix soldats américains et deux militaires irakiens ont été tués au cours des deux premiers jours d’offensive sur Falloujah, a annoncé l’armée américaine, sans préciser si certains d’entre eux pourraient faire partie des onze décès d’Américains dont avait fait état le Pentagone plus tôt dans la journée.

D’après des habitants, des affrontements faisaient rage, mardi 9 novembre 2004, dans le nord de la ville. Des témoins ont vu au moins deux chars américains en flammes. Un hélicoptère Kiowa a essuyé des tirs, dans le sud-est de Falloujah ; le pilote a été blessé mais a réussi à regagner sa base.

Cependant, l’armée américaine affirmait rencontrer une résistance moins grande que prévu à Jolan, un dédale de ruelles dans le nord-ouest de Falloujah, considéré comme un fief rebelle. A la mi-journée, les blindés américains ont franchi l’autoroute qui traverse la ville d’est en ouest, pénétrant ainsi le sud de la ville.

Des petits groupes de résistants -composés de moins de 20 personnes- ouvraient le feu sur les militaires américains mais se retiraient face à la puissance de tir des chars et des mitrailleuses ennemis, a rapporté Michael Ware, un journaliste du magazine "Time" embarqué avec les troupes US.

Le colonel Michael Formica, commandant de la 2e brigade de la 1e Division de cavalerie, a affirmé que le cordon de sécurité autour de Falloujah allait être renforcé afin d’empêcher les rebelles habillés en civil de s’enfuir : "Je en veux pas que ces gars sortent d’ici. Je veux qu’ils soient tués ou capturés en s’enfuyant."

Des habitants de Ramadi, contactés par téléphone, ont rapporté que le centre de leur ville était aux mains d’hommes armés de kalachnikov, de mitrailleuses et de lance-roquettes.

D’après le général George Casey, commandant américain en Irak, 50 % à 70 % des 200000 habitants de Falloujah ont fui la ville. Un couvre-feu permanent y a été décrété. "Les civils innocents dans cette ville ont tous les conseils dont ils ont besoin pour savoir comment éviter les ennuis", a déclaré, lundi 8 novembre 2004, le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld. "Il n’y aura pas un grand nombre de civils tués, et certainement pas par les troupes américaines".

Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) et la Croix-Rouge internationale se sont inquiétés du sort des dizaines de milliers de personnes ayant fui les combats de Falloujah. La Croix-Rouge veut faire parvenir de l’aide humanitaire aux civils dès que possible.

Parallèlement, les autorités irakiennes ont décrété, mardi 9 novembre, un couvre-feu à Bagdad et dans les faubourgs avoisinants dans le cadre des pouvoirs accordés par les décrets d’exception annoncés le week-end dernier, selon le cabinet du Premier ministre intérimaire Iyad Allaoui. "Dans le cadre de l’autorité conférée par les lois d’exception, nous avons décidé d’imposer un couvre-feu à Bagdad et ses faubourgs de 22h30 à 04h00, à partir du mardi 9 novembre 2004 et jusqu’à nouvel ordre", précise le communiqué officiel.

Par ailleurs, l’aéroport international de Bagdad a été fermé, mardi 9 novembre 2004, après le tir d’un missile sur un avion-cargo C-130, selon des responsables américains. Il n’y a pas eu de dégâts.

Associated Press

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