retour article original

vendredi 28 juillet 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Etats-Unis (1ère partie) : Du 8 janvier 2004 au 24 février (...)
28 janvier 2004

David Kay reconnait que les Américains se sont trompés sur les ADM en Irak


WASHINGTON (AFP) - David Kay, l’ex-patron du groupe d’experts américains chargé de trouver des armes de destruction massive (ADM) en Irak, a affirmé mercredi que les Américains s’étaient trompés sur leur existence et demandé une analyse sur le travail des services de renseignement.


"Il s’avère que nous nous sommes tous trompés, probablement, à mon avis. Et c’est très ennuyeux", a déclaré M. Kay durant une audition parlementaire au Sénat.

D’après M. Kay, qui a quitté le week-end dernier ses fonctions à la tête du Groupe d’inspection en Irak (ISG), les services de renseignement ne peuvent pas se dédouaner en accusant le pouvoir politique d’avoir modifié leurs conclusions. Selon lui, il s’agirait d’une "explication erronée" des erreurs sur l’existence affirmée des ADM.

"Des tas d’experts (des services de renseignement) sont venus me voir en s’excusant de ce que nous découvrions (en Irak) n’était pas ce qu’ils croyaient être", a encore raconté M. Kay. "Pas une fois, on ne m’a expliqué "j’ai subi des pressions pour faire ça", a-t-il ajouté.

"Le fait qu’il n’y ait pas eu de pression politique signifie à mon sens que nous avons un problème beaucoup plus fondamental pour comprendre ce qui s’est mal passé", a-t-il souligné.

"Je ne crois pas que le problème de la prolifération mondiale des armes de destruction massive va disparaître, et c’est pourquoi je pense que c’est là une question urgente", a-t-il encore souligné.

Soulignant qu’il n’avait pas l’intention de déclencher une "chasse aux sorcières", il a dit vouloir "essayer de concentrer (l’)attention sur ce qui (lui) semble être une analyse fondamentalement fausse".

De son côté, la Maison Blanche a accueilli avec réserve la possibilité d’une enquête indépendante sur la question, évoquée par M. Kay et souhaitée par des élus démocrates. "Ce qui est important est de laisser le groupe (d’inspection en Irak) terminer son travail, rassembler tous les éléments qu’il peut trouver. Ensuite, nous pourrons revenir en arrière et comparer ce que nous savions avant la guerre avec ce que nous avons appris depuis", a déclaré son porte-parole Scott McClellan.

D’après David Kay, les services de renseignement s’en remettent trop aux moyens de surveillance de haute technologie et aux services étrangers. Parallèlement, les Etats-Unis manquaient d’espions sur le terrain en Irak, ce qui rendait difficile de savoir ce qui se passait réellement dans le pays, surtout après le départ des inspecteurs de l’ONU en 1998.

David Kay, qui a démissionné de son poste officiellement pour des raisons personnelles et familiales, avait déjà déclaré dimanche qu’il ne pensait pas que Saddam Hussein détenait des ADM avant la guerre lancée contre l’Irak en mars, relançant les interrogations sur le bien-fondé de l’invasion de ce pays.

"Une ambiguïté insoluble" sur l’existence ou non d’armes irakiennes persistera sans doute quoiqu’il arrive, a-t-il expliqué mercredi au Sénat.

Selon lui, aucun stock d’armes n’a été transféré vers la Syrie, comme certains l’ont affirmé, "parce qu’il n’y avait pas de grands stocks à déplacer". Il aussi souligné que les services de renseignement pensaient désormais que les laboratoires mobiles (des camions) trouvés en Irak et censés participer à la production d’armes biologiques ne servaient en fait qu’à fabriquer de l’hydrogène pour des ballons météorologiques.

Faisant toutefois état d’une "possibilité théorique" de trouver des ADM en Irak, David Kay a plaidé pour la poursuite de la mission du groupe d’inspection en Irak (ISG) qu’il dirigeait.

En Grande-Bretagne, où la question des ADM et d’une possible exagération de la menace irakienne agitent aussi le monde politico-médiatique, le Premier ministre Tony Blair est sorti mercredi relativement indemne d’un rapport consacré au dossier irakien.

© AFP Agence France-Presse

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, et si vous souhaitez promouvoir la politique d’intérêt général qu’il préconise, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source