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AFP, 10 novembre 2004

L’Iran met en garde les Occidentaux contre les conséquences de leur politique


Un réacteur de recherche nucléaire, à Teheran, le 22 août 2004

TEHERAN (AFP) - L’Iran a conseillé, mercredi 10 novembre 2004, aux Occidentaux, de ne pas le pousser à poursuivre ses activités nucléaires de manière "souterraine", au moment il doit prendre une décision capitale pour échapper au Conseil de sécurité de l’ONU.

Iran


"Si les Occidentaux optaient pour le langage de la menace et de la force, nous sortirions du TNP (Traité de non-prolifération) et nous poursuivrions notre programme nucléaire de manière souterraine", a déclaré Sirous Nasseri, l’un des principaux négociateurs iraniens avec les Européens. "On verrait alors au bout d’un ou deux ans où (chacune des deux parties) en serait", a-t-il dit. "Au bout d’un an ou deux, Américains et Européens (seraient obligés) d’envoyer des émissaires pour trouver une solution". Ces propos s’apparentent à la réaffirmation de principes déjà énoncés, justifiée par les spéculations sur des frappes américaines ou israéliennes pour stopper les activités nucléaires iraniennes.

Les installations nucléaires d’Arak, vues par satellite

"Je ne vois pas que nous tombions dans l’immédiat dans une confrontation comparable à l’Irak. Je crois que toutes les parties ont à l’esprit que la guerre n’est pas une option", y compris Israël et les Etats-Unis, a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer à l’hebdomadaire Stern. "Nous misons sur le processus politique", a-t-il ajouté.

Joschka Fischer

Les Iraniens restaient, mercredi 10 novembre 2004, dans une phase critique de décision. Une réponse acceptant ou refusant les exigences internationales, pour ne pas se retrouver devant le Conseil de sécurité, était attendue incessamment de leur part.

Les installations nucléaires d’Arak, vues par satellite

L’Iran est pressé de suspendre toutes ses activités d’enrichissement d’uranium, garantie probante que la technologie produisant le combustible pour les futures centrales civiles iraniennes n’est pas détournée pour l’arme atomique. Il risque le Conseil de sécurité s’il ne s’exécute pas dans les tout prochains jours, avant une session de l’Agence internationale de l’énergie atomique, à partir du 25 novembre 2004.

Le siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), à Wien

Pour éviter un tel dénouement, les Européens ont offert une coopération nucléaire, mais aussi politique, sécuritaire et commerciale en échange d’une suspension par les Iraniens de l’enrichissement.

Vue des installations nucléaires d’Arak

Le régime islamique doit se prononcer très rapidement sur cette offre pour que sa décision soit incluse dans le rapport du directeur général de l’AIEA avant la session du 25 novembre 2004 et qu’une éventuelle suspension soit vérifiée par l’agence sur le terrain dans les tout prochains jours. "Nous sommes arrivés à un point crucial et j’espère que nous parviendrons à un résultat", a déclaré, mardi 9 novembre 2004 au soir, Akbar Hachémi Rafsandjani, personnage central du régime.

Akbar Hashemi Rafsanjani

Un négociateur iranien, Hossein Moussavian, a annoncé, dimanche 7 novembre, qu’un "accord préliminaire" avait été trouvé avec les Européens lors d’âpres négociations, vendredi 5 novembre et samedi 6 novembre 2004, à Paris. Aucune des deux parties n’a annoncé que l’Iran accepterait de suspendre l’enrichissement, à quelles conditions ni -question cruciale- pour combien de temps. M. Nasseri a parlé "d’accord provisoire intermédiaire". Selon lui, il prévoit "la suspension provisoire (par l’Iran) de toutes les activités (liées à l’enrichissement) et la normalisation par les Européens du dossier nucléaire iranien" à l’AIEA. Il a répété que l’Iran entendait reprendre ensuite l’enrichissement : l’Iran mettra à profit la suspension pour "corriger les défauts" de la production de combustible et reprendre ensuite "avec une efficacité accrue".

Hossein Moussavian

"Les négociations avec l’Iran sont difficiles. La méfiance vis-à-vis de l’Iran est grande, à raison, mais un aboutissement positif des négociations reste possible", a dit M. Fischer.

Vue des installations nucléaires d’Arak

"J’espère vivement que le gouvernement iranien acceptera le projet (de Paris)", a dit son homologue britannique Jack Straw, "y compris la nécessité d’une suspension complète de l’enrichissement et de la conversion et de toutes les activités corollaires". Les Américains se sont dits "sceptiques" sur les chances d’un accord.

Agence france Presse

Jack Straw

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