retour article original

mercredi 29 mars 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (12ème partie) : Novembre 2004
AFP, AP, 10 novembre 2004

Irak : L’occupant dévaste la ville de Falloujah


FALLOUJAH (AFP) - L’armée américaine progressait, mercredi 10 novembre 2004, dans Falloujah, où la résistance était contrainte de reculer, tandis que trois membres de la famille du Premier ministre irakien ont été enlevés, à Bagdad, par un groupe armé qui menace de les tuer si l’offensive n’est pas stoppée.


"Si tout se passe comme prévu, nous prendrons le contrôle total de la ville dans les 48 heures", a déclaré un officier américain se trouvant dans Falloujah, bastion sunnite pris d’assaut, depuis lundi 7 novembre 2004, par les troupes américaines et irakiennes, qui entendent le reprendre aux rebelles. "Nous aurons besoin d’au moins dix jours pour nettoyer" les poches de résistance qui resteraient dans la ville, a-t-il précisé. Peu auparavant, l’armée américaine avait dit contrôler 70 % de Falloujah, 50 km à l’ouest de Bagdad.

Onze soldats américains et deux soldats irakiens ont été tués, depuis le début de l’offensive, selon un bilan de l’armée américaine. Un commandant américain a parlé de 20 résistants tués, mais aucun bilan précis n’était disponible. "Les forces de la coalition contrôlent 70 % de Falloujah. Il reste quelque poches de résistance. L’ennemi s’est regroupé dans le sud de la ville", a affirmé un officier américain de haut rang qui a requis l’anonymat. Un porte-parole américain, le commandant Francis Piccoli, a confirmé que l’armée contrôlait 60 % à 70 % de Falloujah, ajoutant toutefois que "des opérations se poursuivaient, rue par rue, maison par maison, dans les régions sous contrôle américain, pour s’assurer qu’il n’y avait plus de rebelles".

Les combats se poursuivaient dans des quartiers nord de la ville, où des explosions étaient toujours entendues. Il a été fait état d’explosions d’obus de chars qui résonnaient toujours dans la ville.

Les Marines ont mené 10 à 15 bombardements aériens et à l’artillerie, dans la matinée, dans Falloujah, dont une maison sur dix a été détruite dans certains quartiers, selon un correspondant de l’AFP accompagnant les troupes américaines.

Selon un porte-parole américain, des "tirs sont dirigés à partir des mosquées contre des soldats américains dans le centre ville". "Des insurgés sont embusqués dans les mosquées, mais les Marines ne veulent pas intervenir. Si quelqu’un doit entrer dans ces lieux, ce sera l’armée irakienne", a indiqué le porte-parole des Marines, le lieutenant Lyle Gilbert.

Découverte de maisons où des otages ont été égorgés

Les soldats irakiens ont découvert, à Falloujah, des maisons où des otages étrangers ont été égorgés, a affirmé le général Abdel Kader Mohan, porte-parole des forces américano-irakiennes engagées dans l’assaut contre le bastion rebelle. "Nous avons découvert les maisons qui étaient utilisées par ces (ravisseurs) pour égorger les otages, les habits noirs qu’ils portaient et des centaines de CD et des registres remplis de noms", a indiqué l’officier à des journalistes sur une base militaire près de Falloujah. Il a souligné que ces maisons se trouvaient dans le nord de la ville. Interrogé sur la présence des noms de la ressortissante britannique Margaret Hassan et de ceux des deux journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot sur les registres, le général Mohan a répondu : "Je n’ai pas regardé de près" les registres. Plus de 30 otages ont été assassinés en Irak depuis avril 2004.

A Bagdad, entre-temps, un responsable de l’Entente nationale, le parti de M. Allaoui, a annoncé, mercredi 10 novembre, l’enlèvement, mardi 9 novembre, du cousin du Premier ministre, ainsi que son épouse et leur belle-fille, à leur domicile. "Ghazi Allaoui et des membres de sa famille ont été enlevés, mardi 9 novembre 2004, à 18h00, par six à huit hommes armés, à leur domicile à Bagdad", dans le quartier Qadissiyah du centre de la capitale, a indiqué ce responsable qui a requis l’anonymat.

Un groupe armé jusqu’alors inconnu, le "groupe des partisans du Jihad" (Jamaat Ansar al-Jihad), a revendiqué ces enlèvements sur un site internet, menaçant de tuer ses trois otages sous 48 heures si tous les détenus irakiens ne sont pas libérés et si l’assaut contre Falloujah n’est pas stoppé. Dans un communiqué, dont l’authenticité ne peut être vérifiée de source indépendante, il affirme que "des éléments" du groupe "ont enlevé trois des proches" du chef du gouvernement irakien. "Nous proclamons notre responsabilité dans cette opération bénie en ce mois béni, et nous accordons au gouvernement inféodé (aux Etats-Unis), en particulier à l’agent Allaoui, un délai de 48 heures pour répondre à nos conditions", affirme le communiqué dans une référence au mois de jeûne musulman du ramadan.

Ces enlèvements sont intervenus quelques heures avant l’entrée en vigueur à Bagdad d’un couvre-feu, et au troisième jour de l’offensive "Opération Aube" lancée contre Falloujah, après le feu vert donné par M. Allaoui.

Ailleurs en Irak, les violences n’ont pas connu de répit. Huit civils irakiens ont été tués et vingt-cinq ont été blessés, ces dernières 24 heures, dans de violents accrochages, à Baiji, où se trouve la plus grande raffinerie du pays, a indiqué le chef de la police de cette ville située à 200 km au nord de Bagdad.

Quatre personnes, dont un enfant, ont été tuées et plusieurs autres blessées, dans des attaques, à Samarra et Baaqouba, a-t-on appris de sources hospitalière et policière.

Plus au nord, des hommes armés se sont déployés en force dans la ville de Mossoul, tandis que les policiers se sont barricadés dans leur poste, après des accrochages, mercredi 10 novembre 2004 au matin, entre des soldats américains et des résistants, dans cette ville à majorité sunnite.

Agence France Presse

Affrontements dans le centre de Ramadi

BAGDAD (AP) - Des explosions ont secoué, mercredi 10 novembre 2004, le centre de la ville de Ramadi, où des habitants ont fait état d’affrontements entre des résistants et des soldats américains. Des témoins ont expliqué qu’ils avaient vu un véhicule américain Humvee en flammes.

Certains des affrontements, qui se poursuivaient au coucher du soleil, ont éclaté près du bâtiment abritant l’administration locale. De la fumée s’élevait d’une rue du centre de la ville située dans le "triangle sunnite".

Associated Press

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source