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mercredi 26 avril 2017
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AFP, 12 novembre 2004

Irak : Les US Marines tentent de réduire des poches de résistances à Falloujah


FALLOUJAH (AFP) - L’armée américaine a affirmé contrôler, vendredi 12 novembre 2004, la quasi-totalité de Falloujah, tout en reconnaissant que des US Marines tentaient toujours de réduire des poches de résistance, surtout dans le nord-ouest de ce bastion sunnite situé à 50 km de Bagdad.


"Nous contrôlons (Falloujah) dans le sens où nous y sommes présents, mais il faudra un certain temps avant de la sécuriser", déclare le lieutenant Lyle Gilbert, au cinquième jour de l’assaut lancé par des troupes américaines et irakiennes sur Falloujah, foyer de la résistance.

Lyle Gilbert refuse de fixer un délai pour l’opération de sécurisation. "Ce qui reste (à prendre) est comparativement une petite partie". Les US Marines tentent toujours de réduire les quelques poches de résistance, et des combats ont lieu un peu partout, dans le nord et le sud, mais ils sont les plus violents à Joulan (nord-ouest), selon lui. "Ces poches de résistance ne sont pas centralisées".

Des échanges de tirs étaient toujours entendus, vendredi 12 novembre 2004, à Joulan, ratissé par les US Marines, selon un photographe de l’AFP. Seuls quelques obus de mortier sont tombés près des positions américaines.

Des unités américaines, venant du nord, ont franchi l’avenue centrale de Falloujah qui coupe la ville et se sont enfoncés dans les quartiers sud-ouest, a indiqué le lieutenant Michael Prato. Mais le gros des bataillons se trouve toujours derrière où les soldats procèdent à une fouille, maison par maison, dit-il.

Dans les quartiers sud, des résistants sont retranchés dans des immeubles. "La situation est devenue extrêmement dangereuse car n’ayant nulle part où aller, ils restent dans les maisons en attendant notre arrivée. Nous devons nettoyer toutes les maisons avant que le reste des troupes n’arrivent", indique le caporal Will Porter.

Lors des opérations, jeudi 11 novembre 2004, à Joulan, les US Marines ont tué deux combattants, selon le capitaine Drew McNulty. Il indique avoir trouvé de nouveaux cadavres, entre deux et cinq, de "rebelles probablement liquidés par les leurs".

Un calme précaire régnait à Joulan, dans la matinée, entrecoupé par des tirs d’armes automatiques et l’explosion d’obus. Un tireur embusqué irakien ouvre de temps en temps le feu mais les tirs proviennent surtout des US Marines.

Un lieutenant de 22 ans, Ian Duncan, posté sur le toit d’un immeuble, demande un soutien de mortier pour faire taire un tireur. Une salve d’obus mortiers s’est abattue sur l’édifice. "Le tireur a dû être enfoui sous les décombres", dit le lieutenant.

Depuis le début de l’assaut, son équipe a sollicité 200 à 250 attaques contre des cibles à Joulan. "Pour la seule journée de jeudi 11 novembre 2004, notre groupe a tiré 60 obus de mortier", selon lui. Des armes abandonnées par les résistants dans leur fuite sont aperçues dans les rues de Joulan, ainsi qu’une roquette anti-char non utilisée. Des chars Abrahms ont pris position sur les principaux croisements, tandis qu’un drone survolait le secteur. De temps en temps, des US Marines se ruent sur une épicerie, dont la devanture a été éventrée par les bombardements, et se servent de sodas ou de sucreries.

Joulan paraissait une ville fantôme : fils électriques arrachés, pylônes barrant les rues et maisons en ruines. Les habitations encore debout ont les portes défoncées et les vitres des fenêtres brisées. Une odeur pestilentielle se dégage des tas d’immondice où rôdent des chiens errants.

Un groupe de sept personnes, six hommes et une femme, errent dans la rue, ne sachant où aller. Le plus vieux, 70 ans, agite un drapeau vert. Trois des hommes avaient moins de 50 ans. Un groupe de US Marines les prend à couvert, leur donne de l’eau et de la nourriture avant de les évacuer hors de la ville.

Il n’a pas été possible d’obtenir un bilan de victimes civiles dans Falloujah, désertée par plus de la moitié des ces 300000 habitants avant l’assaut. L’armée américaine a fait état de 18 morts et 178 blessés dans ses rangs, depuis lundi 8 novembre 2004, et de cinq soldats irakiens tués et 34 blessés. Selon un responsable américain, plus de 500 résistants ont été tués.

Agence France Presse

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