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AFP, 12 novembre 2004

Iran : Teheran exalte la "résistance" aux exigences de l’Union européenne à propos du nucléaire


Vue des installations nucléaires d’Arak

TEHERAN (AFP) - Le principal conseiller du Guide suprême d’Iran, Ali Akbar Nategh-Nouri, a exalté, vendredi 12 novembre 2004, la "résistance" aux exigences "imbéciles et infantiles" des Européens, qui peinaient toujours à convaincre Téhéran de suspendre l’enrichissement d’uranium, malgré l’urgence d’une décision.

Iran


Les négociations avec les Européens, pour que la querelle nucléaire iranienne ne soit pas vidée devant le Conseil de sécurité de l’ONU, semblaient marquer le pas, vendredi 12 novembre 2004, et une extrême discrétion était observée des deux côtés sur les difficultés rencontrées.

Vue des installations nucléaires de Bouchehr

"L’Iran a donné sa réponse hier soir aux Européens" lors d’une rencontre entre les négociateurs iraniens et les ambassadeurs allemand, britannique et français à Téhéran, a dit un officiel iranien cité par l’agence estudiantine Isna. "Il n’y aura pas de nouvelles négociations aujourd’hui (vendredi 12 novembre 2004), à Téhéran, parce que les Européens (...) doivent examiner la réponse dans leurs capitales, ce qui pourra prendre entre une journée et une semaine", a ajouté ce responsable qui n’est pas identifié.

Vue des installations nucléaires de Bouchehr

Le principal conseiller du Guide suprême Ali Khamenei, sans l’approbation duquel rien ne se fait, a dénoncé avant la prière traditionnelle du vendredi, les "paroles imbéciles et infantiles" des Européens. Les Européens "nous disent de stopper notre programme (nucléaire) et qu’en contrepartie ils nous vendrons des avions commerciaux ou des locomotives", a déclaré M. Nategh-Nouri. "Heureusement, les sondages montrent que 75 % à 80 % des Iraniens veulent que nous résistions, que nous poursuivions notre programme et refusions l’humiliation", a-t-il dit. "Le Guide a résumé notre politique d’une phrase : si vous (les Européens) vous montrez raisonnables, nous voulons bien discuter avec vous, sinon nous n’avons rien à vous dire", a ajouté son conseiller.

Ali Khamenei (à droite de l’image)

Moins radical, l’ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani, a lui aussi réclamé des efforts européens. "Nous pouvons atteindre une solution et arriver à un accord, si les Européens font preuve de sagesse et qu’ils ne présentent pas de demande excessive", a dit M. Rafsandjani, resté un personnage central du régime, qui prononçait le prêche du vendredi 12 novembre 2004. "Les négociations avancent pas à pas, nous avons fait des progrès, mais, sur un ou deux points, nous sommes encore loin de nos demandes", a-t-il exposé.

Akbar Hashemi Rafsanjani

Les tractations sont dans une phase décisive. Pour les Européens, il s’agit d’obtenir que les Iraniens, ouvertement accusés par les Etats-Unis et Israël de vouloir se doter de la bombe atomique, renoncent à enrichir l’uranium, seule garantie probante selon eux que la technologie produisant le combustible pour les futures centrales civiles iraniennes n’est pas détournée à des fins militaires.

Livraison d’un élément destiné aux installations nucléaires de Bouchehr, le 22 août 2004

A défaut, l’Iran risque de voir l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) décider, lors de sa session du 25 novembre 2004, d’en référer au Conseil de sécurité, comme le veulent les Etats-Unis, un dénouement aux conséquences aléatoires que l’Union européenne voudrait éviter. Pour emporter la décision des Iraniens, les trois grands Européens (Allemagne, France, Grande-Bretagne) leur ont offert une coopération nucléaire mais aussi politique, sécuritaire et commerciale. Mais les deux parties semblaient ne s’être toujours pas accordées, vendredi 12 novembre 2004, et aucune d’elles n’a dit quand elles se retrouveraient.

Le siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), à Wien

La décision iranienne devrait théoriquement être consignée dans le rapport censé être soumis à l’AIEA environ deux semaines (c’est-à-dire ces jours-ci) avant le 25 novembre. En outre, si l’Iran accepte la suspension, les inspecteurs de l’AIEA doivent avoir le temps de la vérifier sur le terrain avant le 25 novembre, ce qui ne laisse guère de place pour une décision au-delà de la mi-novembre 2004.

Agence France Presse

Les installations nucléaires de Parchine, vues par satellite

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