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Reuters, 12 novembre 2004

Irak : Nouveaux combats à Falloudja, la violence s’étend dans le pays

par Michael GEORGY et Fadel Al-BADRANI


FALLOUDJA, Irak (Reuters) - De violents combats ont éclaté, vendredi 12 novembre 2004, près d’une mosquée, dans le nord-est de Falloudja, quelques heures après que les US Marines aient annoncé que les résistants étaient relégués dans le sud de la ville sunnite.


Les organisations humanitaires ont demandé au gouvernement intérimaire irakien et aux forces américaines de permettre à leurs employés et médecins d’accéder à la ville, en indiquant qu’une centaine de familles y étaient dans une situation désespérée et en qualifiant la situation d’"énorme catastrophe".

Vingt-deux soldats américains et cinq soldats irakiens combattant à leurs côtés ont été tués durant l’offensive engagée cette semaine pour prendre le contrôle de la ville de Falloudja. Le général John Sattler, commandant le 1er corps expéditionnaire des US Marines, a également fait état de 170 soldats américains blessés dans les opérations au sol menées dans la ville, précisant que 40 d’entre eux revenaient au front après avoir reçu des soins. Lors d’un point de presse donné dans une base des environs de Falloudja et capté à Washington, John Sattler a ajouté que cinq soldats de l’armée gouvernementale irakienne avaient été tués dans l’offensive et 40 autres blessés.

Selon John Sattler, les forces américaines et irakiennes occupent actuellement 80 % de Falloudja environ et continuent de rechercher des résistants en procédant maison par maison.

John Sattler a également parlé d’environ 600 résistants tués lors des combats. Quelque 150 autres résistants auraient été capturés, dont une douzaine d’étrangers. Selon John Sattler, 10 d’entre eux seraient des Iraniens.

"L’opération se déroule parfaitement bien et nous continuerons à harceler l’ennemi jusqu’à ce que nous ayons rendu Falloudja à ses habitants", a déclaré le général américain.

Les résistants, résolus à montrer que l’offensive déclenchée depuis quatre jours dans la ville la plus frondeuse du pays n’avait pas d’effet dissuasif sur eux, ont riposté par des attaques et des attentats en d’autres lieux -notamment à Mossoul, dans le Nord, qui a connu deux journées sanglantes.

Cherchant à enrayer l’extension des troubles dans les villes sunnites, les autorités irakiennes ont décrété cette semaine des couvre-feux à Bagdad, Mossoul, Ramadi et Falloudja. Un couvre-feu est en vigueur à Samarra depuis que les forces irako-américaines y ont donné l’assaut en octobre 2004.

Le capitaine Angela Bowman, porte-parole des forces américaines à Mossoul, a déclaré que le calme y avait prévalu dans la nuit, après les attaques lancées par des résistants, jeudi 11 novembre 2004, contre neuf commissariats. Un habitant de la troisième ville d’Irak a confirmé un calme relatif, tout en notant que les forces de sécurité étaient absentes des rues et qu’une forte tension persistait, les résistants tenant encore au moins un commissariat.

Tireurs sur un toit, près d’une mosquée de Jolan

Un soldat américain a été tué dans les combats de Mossoul et l’aviation américaine a bombardé la ville, jeudi 11 novembre 2004, tandis que les troupes s’efforçaient d’y rétablir l’ordre, a dit Angela Bowman. "La Garde nationale irakienne et les forces multinationales rétablissent l’ordre dans les quartiers de la ville à partir desquels les terroristes lancent leurs attaques, en premier lieu dans les quartiers sud-ouest", a-t-elle souligné.

A Bagdad, tirs de mitrailleuses et explosions de grenades ont retenti dans le quartier sunnite d’Adhamiya, où des résistants affrontaient des gardes nationaux, ont déclaré des témoins. Les combats ont cessé par la suite. Un militaire américain a été tué dans une embuscade dans le sud de la capitale, a dit l’armée.

A Falloudja, des combats intenses ont repris dans le quartier de Jolan, où la résistance avait diminué depuis 24 heures, a rapporté un correspondant de Reuters accompagnants les US Marines dans ce secteur. Des tireurs sont apparus sur un toit à côté d’une mosquée, alors que des chars des marines approchaient. Des soldats ont évacué quatre victimes américaines.

De la fumée s’est élevée d’une usine en périphérie de Jolan, après que des résistants aient tiré des roquettes sur des forces américaines qui se trouvaient dans la zone, ont dit des habitants. Une énorme explosion a secoué Jolan plus tard, mais on en ignore la cause.

L’armée américaine reconnaît que les chefs résistants et les activistes étrangers ont pu quitter Falloudja avant que l’offensive ne débute, lundi 8 novembre 2004 au soir, mais elle estime que ceux qui sont restés sur place sont désormais pris au piège. "Ils ne peuvent pas aller vers le nord parce que nous y sommes. Ils ne peuvent pas aller vers l’ouest parce qu’il y a l’Euphrate et ils ne peuvent pas aller vers l’est parce que nous y sommes très présents. Ils sont donc coincés dans le sud", a déclaré le sergent-chef Roy Meek à Reuters.

Abou Moussab Al-Zarqaoui encourage les résistants

Des équipages de chars qui ont progressé vers le sud de la ville disent avoir repoussé les résistants dans un bastion de la guérilla étrangère que les US Marines appellent le Queens. Ils pensent que des combattants arabes, affiliés à Abou Moussab Al-Zarqaoui, y ont trouvé refuge.

Dans un enregistrement sonore qui lui attribué, le groupe de l’extrémiste jordanien Abou Moussab Al-Zarqaoui, affilié à Al-Qaïda, exhorte les résistants de Falloudja à résister. "Nous ne doutons pas que les signes de la victoire de Dieu apparaissent à l’horizon", dit une voix qui semble celle d’Abou Moussab Al-Zarqaoui.

Selon l’US Army, 18 militaires américains et cinq soldats irakiens au moins sont morts et 178 soldats américains ont été blessés depuis le début de l’offensive sur Falloudja, lundi 8 novembre 2004.

Le Croissant-Rouge irakien a demandé aux forces américaines et au gouvernement de Bagdad de lui permettre d’acheminer des vivres, des médicaments et de l’eau à Falloudja, en faisant état d’une situation catastrophique. Un porte-parole militaire américain a dit que le Croissant-Rouge était autorisé à venir en aide aux nombreux civils qui ont fui Falloudja, sans pouvoir préciser s’il aurait accès à la ville elle-même.

Un officier américain a dit espérer que Falloudja tombe dans la nuit de vendredi 12 novembre à samedi 13 novembre 2004.

Dans un article publié dans le Sun britannique, le Premier ministre par intérim, Iyad Allawi, estime que l’offensive de Falloudja améliorera la sécurité dans l’ensemble de l’Irak en préparant le terrain aux élections de janvier 2005.

La violence qui se déchaîne à Falloudja et ailleurs impose un lourd tribut aux forces américaines. Deux avions ont transféré, jeudi 11 novembre 2004, 102 soldats grièvement blessés vers le grand hôpital militaire américain de Ramstein (Allemagne). Ils y ont rejoint 125 de leurs collègues arrivés en début de semaine.

Un groupe dénommé "Brigades de la révolution de 1920" a enlevé un Américain d’origine libanaise, Dean Sadek, employé à l’aéroport de Bagdad, a rapporté la chaîne de télévision arabe Al-Jazira, en diffusant une vidéo.

A Falloudja, des US Marines ont retrouvé en vie Mohamed Al-Joundi, le chauffeur syrien enlevé, le 20 août 2004, avec les journalistes français Christian Chenost et Georges Malbrunot. Aucune information nouvelle n’a été fournie sur ces derniers.

Michael GEORGY et Fadel Al-BADRANI

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