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lundi 27 mars 2017
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AFP, 13 novembre 2004

Corruption : 8 ans de prison requis contre Silvio Berlusconi


Vue de Rome

ROME (AFP) - Le procureur du tribunal de Milan a requis, vendredi 12 novembre 2004, huit ans de prison et l’interdiction à vie d’exercer une charge publique contre le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, pour corruption de magistrats.

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Au cours d’un réquisitoire très dur, de près de huit heures, le procureur, Ilda Boccassini, a affirmé que "l’entrepreneur Silvio Berlusconi" devait "être condamné" pour corruption de magistrats. A travers sa holding, la Fininvest, l’accusé "a rétribué des magistrats de Rome, afin qu’ils mettent leurs fonctions au service de son groupe", a-t-elle soutenu. Agé de 68 ans, M. Berlusconi est le propriétaire milliardaire d’une holding financière, la Fininvest, contrôlant trois chaînes de télévisions et une série d’autres activités industrielles.

Ilda Boccassini

Le procureur a demandé une condamnation pour "corruption simple" et requis la peine maximale prévue. Elle a en outre invité la Cour à ne pas accorder à l’accusé de circonstances atténuantes compte tenu de son comportement pendant le procès. M. Berlusconi, absent, vendredi 12 novembre 2004, à l’audience, ne s’était présenté devant le tribunal qu’une fois, en juin 2003, depuis son élection en mai 2001, mettant toujours en avant des obligations institutionnelles. Le verdict est attendu le 3 décembre 2004, après les plaidoiries de la défense.

Vue de Rome

Ouvert en mars 2000, le procès, baptisé SME, fait suite à une affaire remontant aux années 1980. La Fininvest s’était alors opposée, devant les tribunaux de Rome, au rachat de l’entreprise agroalimentaire semi-publique SME par l’homme d’affaires Carlo De Benedetti. L’enquête sur les activités de la Fininvest a ensuite débouché sur la découverte d’un système de corruption des juges du tribunal de Rome dépassant le seul cas SME.

Carlo de Benedetti

L’accusation s’est surtout fondée sur un virement bancaire de 434000 dollars effectué en 1991 d’un compte de la Fininvest en Suisse vers un compte suisse appartenant à l’un des avocats de la holding, Cesare Previti, puis transféré le même jour vers un troisième compte suisse ouvert par le magistrat Renato Squillante, alors chef des juges aux enquêtes préliminaires du parquet de Rome. Plusieurs co-inculpés de M. Berlusconi ont déjà été condamnés dans cette affaire : Cesare Previti, avocat et fidèle du chef du gouvernement, s’est vu infliger 5 ans de prison en première instance et il a fait appel.

Silvio Berlusconi en compagnie de Cesare Previti

M. Berlusconi a fait savoir, pendant le procès qu’il ne démissionnerait pas en cas de condamnation et qu’il épuiserait tous les recours. Entré en politique en 1994, il accuse régulièrement certains juges de s’acharner contre lui. "Silvio Berlusconi est jugé comme entrepreneur pour des faits appartenant à une époque désormais lointaine de son entrée en politique", a commenté l’un de ses avocats, Gaetano Pecorella.

Silvio Berlusconi

"Evidemment, sa position politique joue un rôle : cela ne m’est jamais arrivé de voir demander le maximum de la peine prévue pour une personne accusée de corruption simple", a ajouté l’avocat. "Cette réquisition est la mort de la justice", a pour sa part déclaré Sandro Bondi, coordinateur de Forza Italia, le parti de M. Berlusconi. "Heureusement, la majorité des Italiens et des juges ont encore le sens de la justice", a-t-il dit.

Sandro Bondi

"Dans n’importe quel pays normal, M. Berlusconi devrait démissionner", a commenté l’ex-juge Antonio Di Pietro, à l’origine des enquêtes sur la corruption de la classe politique en 1992. "Evidemment, il ne fera pas, car il lui manque le sens de l’éthique et de la morale politique", a-t-il lancé.

Antonio di Pietro

La majorité parlementaire de M. Berlusconi avait essayé de lui éviter ce procès en votant, en juin 2003, une loi conférant une immunité temporaire aux cinq plus hautes charges de l’Etat pendant la durée de leur mandat. Mais la Cour constitutionnelle a invalidé cette loi, en janvier 2004, permettant la reprise de la procédure.

Agence France Presse

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