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lundi 27 février 2017
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AP, 13 novembre 2004

Irak : Mossoul, la tempête après le calme

par Mariam FAM


BAGDAD (AP) - Autrefois vantée par Washington comme un succès en matière de stabilité, la cité septentrionale de Mossoul, troisième ville d’Irak, est désormais en proie à la violence armée.


Les résistantss ont lancé, jeudi 11 novembre 2004, une série d’attaques, ciblant les ponts, les postes de police et les bâtiments gouvernementaux. Le gouverneur a dû demander des renforts. Le chef de la police a été renvoyé.

Située sur les rives du Tigre, Mossoul compte environ un million d’habitants, en majorité sunnites, avec des minorités kurde et chrétienne significatives. Sans opposer une grande résistance, elle est tombée aux mains des Américains en 2003 et, au début, les résistants y ont joui d’un soutien moins important que dans les autres villes sunnites, dans le sud du pays.

Une période de calme relatif a permis à l’armée américaine de se consacrer à des projets de reconstruction. Mais de plus en plus d’habitants ont commencé à se plaindre que ces efforts économiques n’étaient pas à la mesure de leurs attentes, notamment en terme de créations d’emplois.

Tandis que les attentats se multipliaient, l’armée injectait davantage d’argent dans la sécurité, au détriment des projets de reconstruction, ce qui alimentait le mécontentement.

Le discours islamiste a trouvé des oreilles de plus en plus favorables à Mossoul, inquiétant les laïcs et les chrétiens. Cette ville, qui pendant des millénaires a été un carrefour du commerce et de la culture, notamment grâce à son université, a connu ces derniers temps des assassinats d’intellectuels.

Une série d’enlèvements et d’attaques contre les policiers irakiens et les civils considérés comme des collaborateurs a poussé certains habitants à fuir l’Irak. Les journalistes étrangers ont déserté la ville.

Les responsables militaires américains pensent que les baassistes et les combattants étrangers ont contracté un mariage de raison : unis par leur haine des Américains, ils embaucheraient des criminels comme mercenaires. Des responsables locaux affirment par ailleurs que les frontière poreuses de l’Irak ont permis à de nombreux extrémistes de gagner Mossoul.

Salem al-Hadj Aïssa, membre du conseil provincial, avance qu’une partie des attentats commis à Mossoul est imputable à des activistes qui ont échappé à des opérations militaires ailleurs en Irak ou qui sont entrés dans le pays clandestinement.

Face à l’ampleur du soulèvement lancé jeudi 11 novembre -qui a fait dix morts dans les rangs de la Garde nationale irakienne et un dans ceux de l’armée américaine-, les autorités ont demandé l’envoi de renforts. Une unité de la 25e division d’infanterie, qui opérait à Falloujah, a été dépêchée à Mossoul jeudi 11 novembre 2004 au soir.

Douraïd Kachmoula, le gouverneur de la province de Ninive, dont Mossoul est la capitale, a attribué le soulèvement armé à « la trahison de certains membres de la police ». « Certains appareils sont infiltrés par les saboteurs », a-t-il affirmé.

Un membre du conseil provincial ayant requis l’anonymat estime que les Américains auraient dû former des forces de sécurité plus fiables. « On a dit aux Américains que beaucoup dans la police travaillaient avec les terroristes (...) Les Américains n’écoutent pas vraiment les conseils ».

D’après M. Kachmoula, plusieurs unités de la Garde nationale irakienne sont arrivées à Mossoul pour aider à rétablir l’ordre et 40 résistants ont été tués dans les combats. Face au regain de violences dans la ville, l’armée américaine a ordonné au 1er Bataillon du 5e Régiment d’infanterie, engagé à Falloujah, de retourner à Mossoul.

Samedi 13 novembre 2004, une voiture piégée a explosé au passage d’un convoi de la Garde nationale irakienne, dans le quartier de Nour. L’un des sept véhicules a été endommagé. On ignorait dans l’immédiat si cet attentat avait fait des victimes.

Mariam FAM

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