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mardi 25 avril 2017
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Reuters, AFP, 13 novembre 2004

Irak : Des groupes de résistants jurent d’embraser le pays


FALLOUDJA, Irak (Reuters) - Les forces américano-irakiennes ont tué un bon millier de résistants à Falloudja, dont elles contrôlent la plupart des quartiers, cinq jours après le début de l’offensive, ont fait savoir, samedi 13 novembre 2004, les autorités irakiennes, tandis qu’un premier convoi humanitaire pénétrait dans la ville.


La prise de l’essentiel de Falloudja semble néanmoins avoir déplacé l’épicentre de la guérilla vers Mossoul, grande métropole du nord de l’Irak. "Plus de 1000 partisans de Saddam et terroristes ont été tués. Deux cents autres ont été arrêtés", a déclaré Kassim Daoud, conseiller irakien à la Sécurité nationale, lors d’une conférence de presse consacrée à la situation à Falloudja.

Selon le commandant américain Clark Watson, les soldats américains se heurtent toutefois à une vive résistance de la part de Syriens, de Tchétchènes et autres activistes étrangers dans un bastion appelé "Queens". L’officier a évalué à 72 heures le délai nécessaire pour contrôler toute la ville.

Outre les volontaires étrangers, les forces américaines pensent que ce dernier réduit, situé dans le sud de Falloudja, abrite des fidèles du Jordanien Abou Moussab al Zarqaoui qui se réclame d’Al-Qaïda.

L’US Army a fait état de 22 tués dans ses rangs, de cinq morts parmi les militaires irakiens et de 170 blessés dans les combats de Falloudja.

Dans son allocution hebdomadaire à la radio, le président des Etats-Unis a évoqué une possible recrudescence des actes de résistance à l’approche des élections législatives prévues en janvier 2005, malgré les succès enregistrés à Falloudja. "Le désespoir des tueurs va s’accentuer et la violence pourrait augmenter d’un cran. Le succès de la démocratie en Irak constituerait un cuisant revers pour le terrorisme et les terroristes le savent", a déclaré George Bush.

Une situation sanitaire "catastrophique"

Un convoi du Croissant-Rouge, composé de quatre ambulances et de quatre camions chargés de nourriture, de couvertures, de trousses de premier secours, de médicaments et d’un purificateur d’eau a pu pénétrer dans la ville qui comptait autrefois 300000 habitants. On ignore combien s’y trouvent encore, mais on estime que plus de la moitié des civils ont fui l’offensive, annoncée depuis plusieurs semaines. Selon Firouos Al-Abadi, porte-parole du Croissant-Rouge, la situation sanitaire de Falloudja est "catastrophique".

A Mossoul, la résistance contrôle les quartiers sud et ouest, rapportent des habitants, tandis que les forces américaines et irakiennes affirment tenir trois des cinq ponts sur le Tigre. Dans les autres quartiers, ce sont les habitants qui ont pris en main leur protection, établissant des barrages et formant des patrouilles nocturnes pour décourager les pillards.

L’US Army a démenti avoir perdu le contrôle de la ville et a assuré, samedi 13 novembre 2004, que la situation s’y était apaisée, n’ayant constaté que des fusillades sporadiques.

Mossoul, ville majoritairement sunnite de deux millions d’habitants, a basculé dans la violence, mercredi 10 novembre, et jeudi 11 novembre 2004, lorsque des tésistants ont attaqué une dizaine de postes de police, dérobant armes et gilets pare-balles avant de mettre le feu aux bâtiments.

"Nous nous attendions à ce que des combattants de Falloudja fassent mouvement vers le Nord", a reconnu le général Carter Ham, qui commande la zone. "Nous n’avons pas assisté à cela outre mesure et, franchement, beaucoup de combattants d’hier venaient du nord de l’Irak, de Mossoul et des environs, ainsi que de la vallée du Tigre, au sud de la ville", a-t-il toutefois assuré.

Les autorités irakiennes ont par ailleurs interpellé quatre membres de l’Association des religieux musulman, ce qui, selon cette organisation sunnite influente, vise à museler l’opposition à l’offensive en cours contre Falloudja. L’association, qui contrôle des centaines de mosquées à travers le pays, précise que les quatre dignitaires ont été arrêtés, vendredi 11 novembre 2004, lors d’opérations menées par les forces américaines et irakiennes dans des mosquées de la région de Bagdad.

Invoquant l’état d’urgence en vigueur, le gouvernement intérimaire irakien a en outre annoncé que l’aéroport de Bagdad, fermé en début de semaine, resterait interdit au trafic civil "jusqu’à nouvel ordre".

Michael GEORGY et Omar ANOUAR

Des groupes de résistants jurent d’embraser l’Irak

BAGDAD (Reuters) - Plusieurs organisations islamistes, dont celle dirigée par le Jordanien Abou Moussab Al-Zarqaoui, allié d’Al Qaïda, se sont engagées, dans un document vidéo, obtenu samedi 13 novembre 2004, à porter partout en Irak la bataille engagée à Falloudja.

Un individu cagoulé, lisant un communiqué commun émanant de plusieurs groupes, prévient d’autre part que tous les agents de l’Etat, qu’ils soient militaires ou civils, seront considérés désormais comme des cibles s’ils ne cessent pas immédiatement le travail. Les services essentiels (santé, eau et électricité) ne sont pas concernés par cet avis.

Le document vidéo, dont Reuters s’est procuré un exemplaire à Falloudja, n’a pas pu être authentifié pour l’instant. "En réponse aux crimes et destructions de masse dont les musulmans de Falloudja sont la cible, les groupes -Organisation Al Qaïda du Djihad en Irak, Armée islamique en Irak, Brigades de la révolution de 1920- (...) annoncent que la bataille va être étendue à l’ensemble des gouvernorats et régions de l’Irak.

"Nous mettons en garde tous les fonctionnaires de l’Etat et des ministères, tant civils que militaires, en les enjoignant de ne pas aller travailler et en leur conseillant de faire montre de désobéissance civique parce que se rendre à son poste équivaudrait à se mettre au service des Américains et de leur gouvernement de collaborateurs.

"Quiconque agira différemment se transformera en une cible à nos yeux. Tous les citoyens doivent rester à l’écart des endroits où sont présents des troupes américaines, l’armée impie et la police collaboratrice", ajoutent ces groupes résistants.

Reuters

Les forces américaines "dans l’impasse" à Falloujah, selon les résistants

Le porte-parole du conseil de choura des Moujahidine de Falloujah, instance dirigeante des résistants, a affirmé, samedi 13 novembre 2004, à la chaîne Al-Jazira, que les forces américaines étaient "dans l’impasse", et démenti que l’offensive contre la ville sunnite ait été un succès. "L’annonce de la fin de l’offensive militaire est la preuve que les forces américaines sont dans l’impasse (...). Les criminels américains et les apostats irakiens ont subi plus de 150 tués et plus de 270 blessés", a affirmé Abou Saad al-Dlimi, interrogé en direct par téléphone sur la chaîne satellitaire du Qatar.

"La situation militaire n’a pas changé depuis trois jours. Les forces américaines sont toujours à l’extérieur du quartier (nord-ouest) de Jolan. Les forces américaines n’ont pas pu s’approcher d’un seul mètre de ce quartier", a affirmé M. Dlimi, en ajoutant que "cheikh Abdallah al-Janabi dirige actuellement les jeunes combattants et les incite au jihad à Falloujah".

Le secrétaire d’Etat irakien à la Sécurité nationale, Kassem Daoud, avait affirmé, plus tôt samedi 13 novembre, que l’islamiste Abou Moussab Al-Zarqaoui et le chef du conseil de choura des Moujahidine, Abdallah Al-Janabi, avaient fui la ville. "Ils disent que cheikh Abdallah al-Janabi est parti. C’est faux. Il est en train de défendre l’honneur des musulmans et l’islam à Falloujah", a ajouté M. Dlimi, en rejetant aussi les propos de M. Daoud selon lesquels "plus de 1000 rebelles" ont été tués depuis le lancement, lundi 8 novembre 2004, de l’opération. "Le nombre de martyrs parmi les jeunes combattants de Falloujah n’a pas dépassé la centaine, le reste étant des civils sans armes, qui ont été écrasés par les chars des forces américaines", a-t-il affirmé.

Samedi 13 novembre 2004, en fin de journée, des officiers américains avaient déclaré que de nombreux résistants demeuraient à Falloujah et qu’il faudrait encore du temps pour en venir à bout. "Les responsables militaires et les troupes au sol détermineront (la fin de l’offensive), et à ce jour ils ne l’ont pas encore fait", a affirmé à l’AFP le lieutenant Lyle Gilbert, porte-parole des Marines.

Agence France Presse

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