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vendredi 24 mars 2017
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Reuters, AFP, 14 novembre 2004

Côte d’Ivoire : Jacques Chirac dénonce "une minorité agissante autour d’un régime contestable"


PARIS (Reuters) - Laurent Gbagbo entend racheter de nouveaux avions de combat pour remplacer les appareils détruits par l’armée française en réponse à un raid ivoirien qui a fait neuf morts au sein de la force Licorne.


"Croyez-vous que je vais laisser mon pays sans défense aérienne ? Est-ce que vous croyez qu’il est sérieux de laisser mon pays sans défense ?", a déclaré le président ivoirien sur France inter. "Si l’armée française les détruit, on en achetera encore une troisième fois", a ajouté Laurent Gbagbo, lors d’un entretien diffusé dimanche 14 novembre, mais enregistré samedi 13 novembre, avant l’annonce du remplacement de son chef d’état-major. Laurent Gbagbo a précisé qu’il aviserait en cas d’embargo des Nations Unies sur les ventes d’armes à la Côte d’Ivoire à compter du 10 décembre 2004. "Je ne suis pas membre du Conseil de sécurité, je regarde venir", a-t-il souligné.

L’agitation a débuté en Côte d’Ivoire, la semaine dernière, lorsque les forces gouvernementales du président Laurent Gbagbo ont rompu un cessez-le-feu de 18 mois en bombardant le nord du pays, dont une position fançaise. L’offensive a cessé après la destruction des forces aériennes des troupes de Laurent Gbagbo par l’armée française.

Laurent Gbagbo a réaffirmé sur France inter qu’il ignorait qui avait donné l’ordre de bombarder les troupes françaises. "Je ne le sais pas. Si je le savais, je n’aurais pas ordonné une enquête", a-t-il dit.

Reuters

La peur au ventre, les Français et des milliers d’Ivoiriens s’enfuient

ABIDJAN (AFP) - Traumatisés par les récentes exactions commises en Côte d’Ivoire, des centaines d’occidentaux, parmi lesquels de nombreux Français, quittaient encore le pays, samedi 13 novembre 2004, également abandonné par 6000 Ivoiriens au moins qui ont gagné le Liberia voisin par crainte d’une reprise des violences.

Le pont aérien mis en place entre Abidjan, apaisée, et différentes capitales européennes et africaines, depuis plusieurs jours, était toujours en place, samedi 13 novembre 2004, permettant l’évacuation de personnes choquées par les scènes de haine et de violences dont elles ont été victimes ou témoins.

Selon le porte-parole du contingent français en Côte d’Ivoire, le colonel Henry Aussavy, deux nouveaux avions affrétés par le ministère français des Affaires étrangères devaient, samedi 13 novembre, ramener en France quelque 800 personnes. Au total, près de 2600 occidentaux ont déjà été évacués depuis la réouverture, jeudi 11 novembre 2004, de l’aéroport d’Abidjan, fermé pendant cinq jours, et toujours sous le contrôle des militaires français.

A Rome, un premier groupe d’environ 120 Italiens rapatriés de Côte d’Ivoire est arrivé, samedi 13 novembre après-midi, à l’aéroport de Rome-Fiumicino, et l’évacuation de 220 personnes, par la Royal Air Force, des Britanniques installés en Côte d’Ivoire, vers le Ghana voisin, s’est achevée samedi 13 novembre 2004.

Redoutant pour leur part une reprise des combats entre les forces gouvernementales ivoiriennes et les rebelles des Forces nouvelles (FN), bien qu’aucune confrontation directe des deux parties n’ait été signalée, près de 6000 réfugiés ivoiriens ont tout quitté et gagné le Liberia voisin au cours de la semaine écoulée. "J’ai tout laissé derrière pour venir mettre ma famille à l’abri", a expliqué Mathias Glé, 52 ans, père de six enfants, qui s’est réfugié à Butuo, dans l’est du Liberia. L’exode des Ivoiriens de l’ouest du pays a commencé, le 4 novembre 2004, avec le début des raids de l’aviation ivoirienne sur Bouaké, fief des FN qui contrôlent la partie nord du pays depuis septembre 2002, selon un responsable des services d’immigration libériens, Jerry Menlor.

"On nous dit que les Français sont en train de quitter la Côte d’Ivoire. Quand on sait que ce sont les Français qui empêchent la reprise de la guerre, il y a de quoi s’inquiéter de ce départ", estime un autre réfugié Ivoirien au Liberia, Robert Gué Sahie. "Si les ressortissants français quittent la Côte d’Ivoire, ajoute-t-il, les soldats de la (force d’interposition) Licorne peuvent baisser les bras et laisser les deux camps se battre".

A Abidjan, le calme régnait, samedi 13 novembre, marquant le début d’un long week-end, avec la fête musulmane, dimanche 14 novembre, de fin du Ramadan, et, lundi 15 novembre, de la célébration de la journée de la Paix, fériée en Côte d’Ivoire. Effaçant peu à peu les stigmates des manifestations et des nombreux pillages commis entre le 6 novembre et le 9 novembre 2004, la ville commençait à revivre et la police ivoirienne s’est déployée un peu partout dans la ville.

L’envoyé spécial du président ivoirien à Washington, Laurent Kokora, a déclaré, vendredi 12 novembre, qu’il allait demander l’aide des Etats-Unis pour obtenir le retour des soldats français dans leurs casernes et le report du vote du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’imposition de sanctions à la Côte d’ivoire réclamé, mercredi 10 novembre 2004, par la France.

Dans le nord du pays, le couvre-feu, instauré depuis une semaine dans plusieurs localités sous contrôle rebelle depuis septembre 2002, a été "levé", vendredi 12 novembre 2004 au soir, pour trois jours, à l’occasion de la fin du Ramadan, a annoncé l’état-major des Forces nouvelles.

Sur la "ligne de confiance" séparant rebelles et loyalistes, la situation est "calme mais tendue", selon un militaire français.

Plusieurs responsables d’agences humanitaires de l’ONU ont averti, vendredi 12 novembre 2004, à Dakar, à l’issue d’une réunion "inter-agences", que la Côte d’Ivoire plongeait dans une "crise humanitaire grave et durable", qui risque de dépasser les frontières du pays.

Agence France Presse

Jacques Chirac dénonce "une minorité agissante autour d’un régime contestable" en Côte d’Ivoire

MARSEILLE (AP) - Le président Jacques Chirac a dénoncé, dimanche 14 novembre 2004, "une minorité agissante autour d’un régime contestable" en Côte d’Ivoire.

Jacques Chirac a exclu "tout mouvement d’humeur" qui conduirait la France à retirer ses troupes. "Nous ne voulons pas laisser se développer un système qui ne pourrait conduire qu’à l’anarchie ou un régime de nature fasciste", a-t-il dit, lors d’un dialogue avec des jeunes à Marseille. Sous la présidence de Félix Houphouët Boigny, "la Côte d’Ivoire était un modèle. Ses successeurs n’ont pas eu le même succès, hélas", a déploré le président français.

Associated Press

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