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AFP, 14 novembre 2004

L’Iran accepte une suspension quasi-totale de l’enrichissement d’uranium


Vue de Teheran

TEHERAN (AFP) - L’Iran a accepté une suspension quasi-totale de l’enrichissement d’uranium contre une offre de coopération européenne, éloignant la menace d’être traîné devant le Conseil de sécurité de l’ONU, selon le responsable du nucléaire iranien Hassan Rohani.

Iran


La République islamique, accusée par les Etats-Unis et Israël de mettre au point la bombe atomique sous le couvert d’activités nucléaires civiles, a ainsi accédé aux demandes pressantes de la communauté internationale, et en particulier de l’Union européenne, qui réclamait une suspension complète.

Les installations nucléaires d’Arak, vues par satellite

Pour les Européens en effet, la suspension totale est la seule garantie probante que la technologie produisant le combustible pour les futures centrales civiles iraniennes ne sera pas détournée à des fins militaires.

"Nous avons accepté de suspendre quasiment toutes les activités liées à l’enrichissement", a déclaré, dimanche 14 novembre, Hassan Rohani, devant la presse, après avoir reçu les ambassadeurs allemand, britannique et français à Téhéran. La restriction induite par le mot "quasiment" semblait purement rhétorique. "Ce que nous avons accepté correspond quasiment à ce qui était demandé dans la résolution" de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui avait appelé l’Iran à une telle suspension dans une résolution adoptée en septembre 2004, a ajouté M. Rohani.

Hassan Rowhani

Un de ses proches, Hossein Moussavian, a indiqué que l’AIEA avait reçu notification de la décision iranienne, ce qui a été confirmé de sources diplomatiques au siège de l’Agence, à Vienne. Selon M. Moussavian, l’Iran a consenti à suspendre non seulement l’enrichissement à proprement parler, mais aussi les opérations préalables : la conversion d’uranium et la production des pièces de centrifugeuses, les appareils qui servent à l’enrichissement. Il s’agissait là d’une exigence européenne qui a paru un temps compromettre un accord.

Hossein Moussavian

Pour éviter un dénouement aléatoire devant le Conseil de sécurité, Allemagne, France et Grande-Bretagne négociaient avec les Iraniens depuis fin octobre 2004. En contrepartie d’une suspension, ils leur ont offert une coopération nucléaire, comprenant l’aide à l’acquisition d’un réacteur de recherche à eau légère et des assurances quant à l’approvisionnement en combustible des centrales iraniennes. L’offre comporte aussi un volet commercial et un autre politique.

Les installations nucléaires d’Arak, vues par satellite

A défaut d’accord, les Européens risquaient de soutenir l’envoi du dossier iranien devant le Conseil de sécurité quand l’AIEA se réunirait, le 25 novembre 2004, ainsi que le réclament les Américains.

Le siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique, à Wien

"La suspension est valable le temps des négociations" en vue d’un accord de coopération à long terme, a précisé M. Moussavian, "les négociations vont commencer le 15 décembre" 2004. Il n’a pas renouvelé cependant l’une des exigences iraniennes selon laquelle les négociations et donc la suspension ne pourraient prendre plus de six mois. Il a seulement répondu par la négative à une question sur l’éventualité que les tractations prennent des années. Il a souligné que les Européens avaient aussi "reconnu le droit de l’Iran à posséder la technologie nucléaire civile et le cycle du combustible", reconnaissance dont les Iraniens faisaient une affaire de principe. M. Moussavian a vu dans cet accord "le début de la normalisation" des relations de l’Iran avec l’AIEA.

Vue des installations nucléaires d’Arak

L’Iran avait déjà, en octobre 2003, accepté auprès des trois Européens de suspendre l’enrichissement. Mais, renforçant la suspicion internationale, il était depuis revenu progressivement sur cet engagement, accusant les Européens d’avoir manqué aux leurs en n’obtenant pas la fermeture du dossier iranien à l’AIEA. "Nous avons l’impression que les Européens sont sérieux cette fois", a dit M. Moussavian.

Vue des installations nucléaires d’Arak

"Il reste des questions de détail à régler", a dit un diplomate européen proche des négociations, "mais ce sont des questions mineures (...) Nous sommes arrivés à un accord total sur tout ce qui était à la négociation ces dernières semaines, et pas seulement l’enrichissement".

Agence France Presse

Vue des installations nucléaires d’Arak

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